L'Anjou Agricole 27 juin 2019 à 13h00 | Par AA

A Chemillé, le fouacier est aussi agriculteur

Après avoir créé son entreprise de production de fouées à Chemillé, en 2015, Emmanuel Chollet s'est installé en polyculture-élevage bio afin de l'approvisionner.

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Emmanuel Chollet, dans son labo d'ABC Fouée à Chemillé, en train de confectionner ses pâtons de fouées au laminoir.
Emmanuel Chollet, dans son labo d'ABC Fouée à Chemillé, en train de confectionner ses pâtons de fouées au laminoir. - © AA

Tout est parti d'un évènement associatif, à Angers en 2014.  « On avait invité un fouacier pour lui confier la restauration sur place », raconte Emmanuel Chollet, 42 ans. L'artisan-commerçant proposait alors des stages d'autoconstruction de fours à bois mobiles. « A l'époque j'étais demandeur d'emploi, j'ai sauté sur l'occasion. » Expérience concluante. Quelques mois plus tard, muni de son 1er four, Emmanuel Chollet crée son entreprise de production de fouées à Chemillé-en-Anjou. Bénéficiant d'un prêt à taux zéro et de réductions d'impôts au démarrage, grâce au RSI. ABC Fouée intervient dans les rassemblements d'associations, dans les entreprises, et auprès des particuliers pour des prestations privées ou publiques. Le succès ne tarde pas.
« Au bout d'un an, j'arrivais à tirer de mon activité un revenu compris entre 1 300 et 1 500 euros nets mensuels », rapporte l'entrepreneur. Qui décide alors de faire le lien avec son autre passion : l'agriculture. « J'avais dans mon secteur l'exemple de paysans-boulangers, de paysans-pastiers, de paysans-meuniers, etc. »

Achevant sa 2ème année de conversion en bio, Emmanuel Chollet est aujourd'hui installé à la Ferté (Chemillé) en polyculture-élevage. Pour la production de sa farine, il a implanté 3 ha de blé tendre panifiable. Douze variétés rustiques, « ressorties des conservatoires il y a tout juste
5 ans », parmi lesquelles le rouge de Bordeaux ou le Saint-Priest. L'exploitant cultive également 1 ha de méteil pour la nourriture de ses animaux : 23 blondes d'Aquitaine, des génisses de 1 an pour la plupart. Dès que possible, il envisage de valoriser leur viande dans ses fouées, « même si je ne sous-estime pas le prix de l'engraissement sur cette race. » Et pour cause : désormais à la retraite, son père était éleveur-sélectionneur de blondes d'Aquitaine.

Pour les garnitures de ses fouées, Emmanuel Chollet se fournit en majeure partie chez des producteurs bio. Du Vihiersois (fromages de vache, fromages de chèvre), du Haut-Layon (charcuteries artisanales), ou encore du Chemillois (légumes frais). Grâce à l'acquisition de 3 fours mobiles supplémentaires, notamment, sa clientèle s'est élargie. Il a également reçu le renfort d'un salarié en conventionnement : « je l'ai formé 650 heures, durant lesquelles nous étions rémunérés par Pôle Emploi, ce qui m'a permis ensuite de le garder 6 mois en CDD », explique l'agriculteur-fouacier. Avant d'ajouter : « je compte bien pérenniser ce poste ».

Dans son parcours entrepreneurial, Emmanuel Chollet est accompagné par la Boutique de gestion (BGE) Anjou-Mayenne, spécialiste de la formation et du conseil aux créateurs de TPE. L'association a poussé sa candidature au concours régional Talents, organisé avec le parrainage du ministère français de l'Economie et des Finances. En compagnie de 4 autres entreprises du Maine-et-Loire, ABC Fouée a été sélectionnée pour participer à la finale de la catégorie développement, qui a eu lieu le 25 juin à Laval (53). Emmanuel Chollet n'a pas gagné, mais peu lui importe. Car il nourrit un grand projet. « A la ferme, je construis en ce moment un fournil. Je vais fabriquer du pain. Le pétrin, le laminoir et les fours mobiles des fouées sont de trop petite capacité pour cela. » Une production qui lui permettra de lisser sa trésorerie sur toute l'année, les fouées se vendant moins bien l'hiver.

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la phrase de la semaine

" Dans quelques années, toute une génération de citadins va croire que tout ce qui n’est pas bio est empoisonné ! ".

a réagi sur Twitter l’animateur et producteur de la célèbre émission E=M6, Mac Lesggy.

Le chiffre de la semaine
40
C'est le nombre d'intrusions dans les élevages en France, recensées par la FNSEA en 2019.

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