L'Anjou Agricole 10 juin 2020 à 11h00 | Par AA

A Mazé, l’apicultrice bourdonne d’idées

Camille Rousseau propose du miel bio et autres produits transformés sous la marque "Abeilles de Loire" depuis septembre 2018.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Camille Rousseau est installée avec Clément Gentet en tant que conjoint collaborateur en apiculture à Mazé-
Milon depuis septembre 2018.
Camille Rousseau est installée avec Clément Gentet en tant que conjoint collaborateur en apiculture à Mazé- Milon depuis septembre 2018. - © AA

Camille Rousseau a fait de sa passion son métier. Elle est apicultrice, à Mazé-Milon, depuis septembre 2018. Elle et son conjoint, Clément Gentet, ont créé l’entreprise Abeilles de Loire. Ils détiennent, aujourd’hui, 120 ruches. Le tout en agriculture bio depuis mars 2020.
C’est au hasard des rencontres que la jeune femme s’est intéressée de plus près aux abeilles. Après ses études - un bac STAE et un BTS Gestion protection de la nature - elle a travaillé comme animatrice environnement pendant 2 ans à Terra Botanica. « J’y ai rencontré des apiculteurs de l’association sanitaire apicole départementale du Maine-et-Loire. On discutait beaucoup de leur travail. Ils sont devenus des amis. » Avec son conjoint, ils se sont formés à l’apiculture au rucher école de l’association.
« En 2013, nous avions 4 - 5 ruches à la maison. L’apiculture n’était qu’une passion. » Elle enchaîne les CDD dans l’animation ou autres. Un contrat dans une enseigne de magasin de sport sera celui de trop. « Enfermée, avec aucune lumière extérieure toute la journée, l’odeur de plastique, la musique permanente, le bruit... » La jeune femme comprend qu’elle ne veut plus de cette vie-là. « J’ai décidé de passer un BP REA (Responsable d’exploitation agricole) option apiculture. » Avec l’idée de devenir son propre patron. « J’ai toujours eu envie de m’installer dans l’agriculture. Plus jeune, j’avais même pensé à m’installer en pension équine. » En formation, au CNPH de La Ménitré en partenariat avec le CFPPA de Vesoul (pour l’orientation apiculture), Camille Rousseau est en alternance chez des apiculteurs angevins, La Butineuse des Sept voies. « Ce sont des piliers encore aujourd’hui. Je continue à leur demander conseils. » En 2016, diplômée et mère pour la 2e fois, la jeune femme prend un congé parental de 2 ans. « Cela a été l’occasion de faire mûrir mon projet d’installation. » Et aussi d’augmenter son nombre de ruches. « Dès le départ, je souhaitais faire de la vente directe. » Le couple a pris du temps pour trouver le bon terrain avec l’emplacement qui convient. L’entreprise se situe à Mazé-Milon, en face du Château de Montgeoffroy. Sur place, se trouve un rucher « qui est la "maternité". » Les autres sont positionnés dans 4 ou 5 endroits fixes répartis dans le Maine-et-Loire. « Une partie est chez des agriculteurs bio. D’autres ruches sont chez des particuliers. » Particularité d’Abeilles de Loire : un seul rucher est en transhumance.

Privilégier le circuit court
La miellerie est encore en chantier. Le bâtiment de 200 m2 conçu en éco-construction accueillera le bureau de l’entreprise, le laboratoire d’extraction, de transformation et le point de vente directe et de pédagogie. « Pour le moment, il n’y a que le labo d’extraction qui est terminé depuis juin 2019. » En attente de subventions du Conseil départemental et du Feader, les travaux sont en stand-by. « Pour donner de la valeur ajoutée à la production », l’apicultrice propose, en plus du miel,  des produits transformés : confitures, bonbons au miel, pain d’épice, nougat, pâte à tartiner... Tous ses produits ne sont commercialisés qu’en vente directe et en circuit de proximité (Amap, quelques épiceries bio vrac, drives de produits locaux). Si la trentenaire ne manque pas de débouchés, elle manque de miel… « Je n’arrive pas à fournir toutes mes demandes ». En cause, une saison 2019 compliquée avec une faible production. « Je n’ai produit qu’un tiers de ce que je prévoyais... Heureusement, la DJA m’a sauvée. »

L’année 2020 se présente mieux. « La météo a été très clémente et la végétation a même 3 semaines d’avance, mais les ruches ont dû être divisées pour faire des essaims afin de pallier des pertes hivernales et augmenter le cheptel, ce qui impacte la production de miel de printemps. La miellée d’acacia a été très précoce et est tombée pendant les "Saints de glaces". Les températures ont été trop fraîches pour faire de bonnes récoltes de miel. » Le tilleul, la ronce et le châtaignier, en cours de floraison, quant à eux, présagent de belles productions.

Pour pallier le manque de production, l’apicultrice prévoit d’atteindre 200 ruches d’ici 2021.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Anjou Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

la phrase de la semaine

Tout doit être mis en oeuvre pour éviter une crise dans la filière lait bio. Si elle survenait, le lait bio non valorisé serait déclassé et viendrait, par effet domino, déstabilisé le marché du lait conventionnel.

avertit Jacques Mousseau, président de la section agriculture biologique de la FRSEA Pays de la Loire, dans un communiqué du 26 novembre.

Le chiffre de la semaine
6 millions
de sapins de Noël sont vendus chaque année en France, dont 80 % sont issus de la production française.