L'Anjou Agricole 23 octobre 2014 à 08h00 | Par L

Action syndicale - Pourquoi ils manifesteront à Angers le mercredi 5 novembre

Témoignages de cinq agriculteurs qui seront présents à la manifestation.

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- © AA

Aviculture

Nathalie Langereau
Avicultrice au Louroux-Béconnais

Avec la nouvelle directive nitrate, les effluents de mes poulaillers deviennent des effluents de type 2. J’ai une double production, volailles et vaches allaitantes. Avant, je pouvais valoriser le fumier en l’épandant sur des céréales. Aujourd’hui, je vais devoir les vendre à un composteur et acheter de l’azote minéral. C’est illogique. 
Dans notre filière, il y a de la lassitude. Les normes évoluent tellement vite qu’on s’y perd. Parce qu’il y a les normes européennes auxquelles s’ajoutent les normes françaises et régionales. Pourtant le marché de la volaille est porteur, la consommation est bonne, mais en France, on ne fait rien pour être compétitif.



Jeune

Sylvain Piet
Secrétaire général JA 49 et responsable Installation-Transmission

Un état général de l’agriculture qui ne fonctionne pas, une convergence de la Pac qui entraîne des baisses sur certaines productions qui ne pourront être compensées par ses filières en crise (viande, volaille, porc... ), des obligations administratives toujours plus contraignantes... L’administration demande aux jeunes de présenter des projets d’installation de plus en plus détaillés qui doivent coller à la réalité et ne pas y déroger sous peine de pénalités. L’administration change les règles du jour au lendemain mais nos exploitations ne peuvent pas s’adapter au gré des vents. Avec un contexte aussi incertain, comment pourrons-nous installer demain ?

 

Horticulture

Claudine Oger
Présidente FNPHP Anjou-Maine

Trois ans que l’horticulture accumule les difficultés et que nous interpellons les pouvoirs publics. Baisse de la consommation, hausse de la TVA, dernièrement le compte pénibilité… l’horticulture n’en peut plus. En Anjou, 216  pépinières et entreprises horticoles représentent 2 700 ETP  (Equivalent temps plein). Bientôt ils seront menacés. On entend déjà parler de plans de licenciement... Notre filière manque de compétitivité face à nos voisins européens dont le coût de production est bien moins élevé. Le consommateur doit aussi prendre conscience qu’en achetant français, il préserve des emplois locaux.



Bovin lait

Marilyne Ménard
Productrice de lait à Denée

On entend partout que l’embargo russe a des conséquences sur les marchés laitiers et sur tous les marchés agricoles et agro-alimentaires. L’équilibre offre/demande peut être déséquilibré par des décisions politiques. Et la conséquence immédiate est la baisse du prix au producteur. Ce n’est pas acceptable. Pourquoi seuls les producteurs devraient-ils subir les conséquences de décisions politiques ? L’UE doit assurer la réparation économique des conséquences de l’embargo, et elle doit le faire sur d’autres fonds que ceux de la Pac. Sinon ce sera la double peine pour les éleveurs.



Environnement

Jean-Jacques Delanoë
éleveur à Bouillé-Ménard

Il est important d’aller manifester parce que notre travail est entravé par des règles incompréhensibles. Il y a quelques mois, j’ai curé un fossé, en ayant vérifié qu’il n’apparaît pas sur la carte des cours d’eau BCAE. Je l’ai busé sur quelques mètres pour protéger une canalisation d’eau. L’Onema a dressé un PV pour travaux non autorisés sur cours d’eau. J’ai dû payer une transaction pour éviter le tribunal. Pourtant, quelques mois avant, la DDT était passée et n’avait pas classé ce fossé en cours d’eau. On marche sur la tête. Je veux bien respecter les règles, mais encore faut-il qu’elles soient justifiées et claires. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.

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la phrase de la semaine

près d’un quart des chefs d’exploitation ou co-exploitants sont des femmes, contre 8 % en 1970.

A déclaré Jacqueline Cottier, éleveuse à Champteussé-sur- Baconne, présidente de la commission nationale des agricultrices

Le chiffre de la semaine
- 20 %
La production européenne de pommes est en retrait de 20 %

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