L'Anjou Agricole 11 décembre 2019 à 09h00 | Par Romain Devaux

Améliorer les pratiques en grandes cultures

Vendredi 6 décembre, à l'EARL la Séguinière à Valanjou, la Chambre d'agriculture des Pays-de-la-Loire a présenté des pratiques pour diminuer l'utilisation de produits phytosanitaires en grandes cultures.

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Gérard Besnier, formateur à la Chambre d'agriculture des Pays-de-la-Loire, présente différents types de buses existantes devant les agriculteurs du groupe Dephy Layon Cuma.
Gérard Besnier, formateur à la Chambre d'agriculture des Pays-de-la-Loire, présente différents types de buses existantes devant les agriculteurs du groupe Dephy Layon Cuma. - © AA

La Chambre d'agriculture des Pays-de-la-Loire et le Syndicat Layon Aubance Louets organisaient le 6 décembre dernier un bout de champs à Valanjou, ayant pour thème la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires en grandes cultures.
On considère que les conditions idéales sont une température comprise entre 5°C et 20°C, moins de 12 km/h de vent (un arrêté interdit la pulvérisation au-delà de 19 km/h) et une hygrométrie supérieure à 60 %.
Le choix de la formulation et la bonne utilisation de ses buses sont primordiaux pour une réflexion sur la protection des cultures. Chaque buse a une pression d'utilisation optimale en fonction des besoins et de la cible du traitement. Afin de limiter les pertes, l'agriculteur devra être vigilant aux conditions météorologiques, utiliser son matériel dans de bonnes conditions et bien identifier sa cible.

Si la vigilance de l'agriculteur est indispensable, des solutions techniques peuvent lui permettre de limiter son utilisation de produits phytosanitaires. Ainsi, différents types de buses sont disponibles sur le marché (TeeJet, Albuz, Lechler...) et permettent d'ajuster ses besoins. On retrouve notamment les buses à fente (les plus utilisées), les buses à injection d'air (à utiliser à partir de 3 bars) ou encore les buses à basse pression. Pour
Gérard Besnier, formateur à la chambre d'agriculture « les bonnes pratiques en produits phytosanitaires démarrent dès l'achat du matériel ».
Afin d'accompagner les agriculteurs dans ces démarches, des organismes proposent des outils d'aide à la décision permettant de définir précisément les moments optimaux d'intervention.
Opti-Protect, développé par la Chambre d'agriculture, ou encore Fongipro, développé par
Terrena, identifient à l'aide de données agronomiques et météorologiques les probabilités de maladies sur le blé, parcelle par parcelle. L'application conseille à l'agriculteur d'aller voir sa parcelle lorsqu'il y a un risque de début de maladie, et si le traitement est nécessaire ou non. Cela permet dans certains cas de s'affranchir du T1, diminuant ainsi l'utilisation des produits phytosanitaires.

Benoit Foucault, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture, accompagne un groupe Dephy, le groupe Layon Cuma. Selon lui « la récompense du travail sur les bonnes pratiques est visible pour le portefeuille, pour l'environnement et pour la santé ». Dix agriculteurs font partie de ce groupe, travaillant depuis 2012 sur les bonnes pratiques à mettre en place autour de la pulvérisation.
Pour Yannick Barbot, agriculteur valanjevin, les résultats sont excellents. En 7 ans, son nombre de passages de fongicides sur le blé est passé de 1,6 à 1,2, son nombre de produits utilisés de 2 à 1,45 et la dose utilisée de 64 % à 42 %. À l'origine de sa motivation, la diminution des charges : « je voulais diminuer les doses et gagner du temps, pour des raisons économiques et pratiques. Ce n'est jamais un plaisir d'utiliser le pulvérisateur, il faut que ce soit en dernier recours. Maintenant, il faut que je commence à travailler sur ma rotation, ce qui va me permettre de diminuer encore mon IFT ».

Dans le Maine-et-Loire, l'enjeu est de taille, notamment en matière de qualité de l'eau. Pour Emilie Caillaud, animatrice agricole au Syndicat Layon
Aubance Louets, « les objectifs de qualité de l'eau ne sont pas encore atteints. Nous devrions être sous la barre du mg/l, et nous sommes plus proche de
2 mg/l. Mais les choses évoluent dans le bon sens et une réduction des produits passe nécessairement par une meilleure utilisation de son matériel ».

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