L'Anjou Agricole 20 novembre 2014 à 08h00 | Par L

Bien-être - La vie sociale, une priorité le travail, une utilité

Table ronde organisée par le CRDA des Mauges, à Jallais, sur la surcharge de travail dans les élevages.

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Une table ronde sur la surcharge de travail en élevage était organisée par le CRDA des Mauges, le 13 novembre, à Jallais.
Une table ronde sur la surcharge de travail en élevage était organisée par le CRDA des Mauges, le 13 novembre, à Jallais. - © AA

 

“L’Homme est un animal social, il a besoin d’être en contact avec d’autres personnes”, rappelle François- Régis Lenoir, agriculteur et psychologue. Cette double casquette lui a permis de rencontrer ses pairs. Et de travailler, dans son entreprise Puzzle concept, sur les risques psychosociaux. Lors d’une table ronde sur la surcharge de travail en élevage organisée par le CRDA des Mauges, le 13 novembre, il a fait part de son analyse. L’environnement a une place essentielle dans le bien-être de l’agriculteur. Dans les Mauges, la densité des élevages permet de créer du lien social et de la solidarité entre éleveurs. “Dans d’autres régions de France, l’agriculteur est isolé sur sa ferme”, explique le cultivateur ardennais. Selon lui, le paysan a besoin d’exprimer ses problèmes. Il doit libérer sa charge mentale. Et ce, grâce entre autres aux Cuma ou autres groupements d’agriculteurs. François-Régis Lenoir insiste sur un point : “le travail est une valeur sociale”. La valeur travail dépend de la représentation que l’on en fait, de l’environnement social.

Travail, valeur sociale

“Et en agriculture, le travail prend une place très importante, voire omniprésente.” Pourtant, comme le rappelle le sociologue, il n’est pas une obligation, il a une utilité sociale. “Il faut donc s’organiser dans son travail pour garder une vie sociale”, explique François-Régis Lenoir.

5 h d’astreinte par jour

Une notion que Pierre-Yves Jamin, éleveur laitier à Villedieu-La-Blouère, a bien assimilée. En individuel sur son exploitation, il s’est fixé des objectifs de temps libre. “Je prends le petit-déjeuner avec mes enfants, et l’hiver je rentre à la maison à 18 h 30.” Pour cela, il délègue des tâches à la Cuma et emploie un salarié avec un groupement d’employeurs (voir AA du 7 novembre 2014). Pour Didier Désarménien, conseiller sur le thème de l’organisation du travail à la Chambre d’agriculture de Mayenne, pour faire changer les mentalités des agriculteurs, il y a trois leviers. Tout d’abord lever le tabou sur la surcharge de travail. “Aujourd’hui, il faut oser dire aux autres agriculteurs  que l’on a trop de travail. Ensuite, se fixer des objectifs extra professionnels, comme le fait Pierre-Yves Jamin. Pour, finalement, analyser son exploitation pour savoir ce qu’il est possible de faire pour améliorer ses conditions de travail. “L’astreinte ne doit pas dépasser 5 h par jour par personne”, rappelle le conseiller.

L’emploi a été l’une des solutions pour réduire le temps de travail, pour Pierre-Yves Jamin. Le salarié Romuald travaille à 30 % sur l’exploitation. Ce qui lui coûte 7 000 euros par an. Au vu du gain de productivité, l’éleveur ne considère pas ce coût comme une charge. “Il faut savoir déléguer. Au départ, le salarié ne fait pas comme nous. Mais au final, le résultat est le même.” Pour motiver son salarié, Pierre-Yves Jamin lui laisse des tâches intéressantes. “Il faut donner du sens au travail pour que le salarié s’intéresse et s’investisse”, remarque François-Régis Lenoir.

 

H.R.

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