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Chez Giffard, relocalisation de la production

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a la Menthe Pastille. Liqueur phare de la Maison Giffard, la production de menthe est relocalisée petit à petit en Anjou.

Matthieu Herguais et Edith Giffard, dans l'hectare de menthe mitcham.
Matthieu Herguais et Edith Giffard, dans l'hectare de menthe mitcham.
© AA

Basé à Saint-Georges-sur-Loire, Matthieu Herguais est en Gaec avec son père et son frère, sur 270 ha. « Les terres ont un très faible potentiel, elles sont très sableuses », détaille Matthieu Herguais. Sur ces terres difficiles, l’ambition a été de ramener de la valeur ajoutée, les rendements en cultures de ventes classiques ne permettant pas de dégager un revenu suffisant.


Une culture technique
C’est ainsi que, depuis quelques années, des plantes médicinales se sont ajoutées aux productions de vaches allaitantes, 70 limousines, et de vaches laitières, 70 prim’holstein. « On a 2 ha de mélisse officinale, 8 ha de camomille et 1 ha de menthe », énumère l’agriculteur, ancien président des JA Pays de la Loire. « La menthe ne demande pas énormément d’investissement au départ. Le principal risque à prendre est technique », explique l’agriculteur. La menthe est à destination de la fameuse Maison Giffard, produisant la Menthe Pastille. Spécificité de Giffard chez les liquoristes, il n’y a qu’une variété de menthe qui est utilisée dans la recette : la menthe mitcham. Giffard et l’Iteipmai travaillent conjointement depuis quelques années pour améliorer leurs connaissances sur cette plante. « Je ne connaissais pas la culture, qui est très intéressante mais délicate. Cela nous fait monter en compétences », se félicite Matthieu Herguais. Du côté de Giffard, on assume parfaitement la difficulté de la culture de la menthe mitcham. Créée en 1885, avec cette variété de menthe, la recette de la Menthe Pastille a traversé les époques. Toujours avec la variété mitcham comme point central.


La mitcham, une volonté affichée
« C’est une plante qui s’étale beaucoup, je plante en rangs de 75 », constate Matthieu Herguais. Après 2 binages en juin, une utilisation légère des herbicides, c’est l’arrachage manuel des adventices qui est préconisé. « Je dépense environ 1 000 € de l’hectare en arrachage manuel, je suis à plus de 70 h de travail effectué par mes saisonniers », énonce l’agriculteur. La production, qui est récoltée en août la première année, puis en juin et en septembre les années suivantes, est laissée au champ durant 24 h avant d’être distillée, au plus près. « La menthe, il faut la distiller directement pour récupérer l’huile essentielle », détaille édith Giffard, co-dirigeante de la société. L’objectif de production au Gaec des Touches se situe entre 30 kg et 70 kg d’huile essentielle par an.  L’huile est ensuite vendue, brute, à Giffard, qui l’incorpore à sa recette, gardée secrète. « Notre objectif, et notre volonté, c’est de revenir à notre origine, l’Anjou », témoigne édith Giffard. « On apprend beaucoup en étant au contact avec les producteurs », témoigne la dirigeante. L’idée, c’est d’atteindre 50 à 60 % des besoins de l’entreprise en menthe poivrée produite localement. Un investissement qui, pour le moment, est loin d’être rentable financièrement. Les difficultés techniques étant encore un frein important. Mais peu importe, « ce développement, on le fait avec notre cœur, sans raisonner comme des financiers », conclut Edith Giffard.

 

Article Complet dans l'Anjou Agricole du 8 mai

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