L'Anjou Agricole 29 octobre 2020 à 15h00 | Par AA

Covid-19 : le reconfinement

Le Maine-et-Loire qui était le seul département de la région en couvre-feu depuis le 24 octobre, aura connu un avant-goût des quelques mesures contraignantes, qui risquent de s’appliquer pendant le confinement décrété par le Gouvernement à partir du 30 octobre. Décryptage pour les filières agricoles.

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La France se reconfine pour un mois jusqu’au 1er décembre.
La France se reconfine pour un mois jusqu’au 1er décembre. - © AA

La France se reconfine pour un mois jusqu’au 1er décembre. C’est du moins ce qui est annoncé pour le moment. Un reconfinement qui prévoit d’emblée des dérogations pour  les activités professionnelles jugées essentielles pour la nation. Ainsi l’agriculture a été explicitement citée par le Président de la République comme étant un secteur qui devait poursuivre son activité.


Attestations de déplacement
Pour autant, comme au printemps, des règles de déplacements dérogatoires seront mises en place, et contrôlables. On distinguera donc les déplacements personnels pour lesquels l’attestation standard datée était obligatoire, des déplacements professionnels, concernant les chefs d’exploitation et leurs salariés. A l’heure où nous écrivons, nous n’avons pas de précisions sur l’attestation à utiliser ni sur sa durée de validité (permanente ou journalière). Toutefois, on peut émettre l’hypothèse que les éléments négociés par la FDSEA49 le week end dernier avec la Préfecture et les services de gendarmerie, pour les déplacements pendant le couvre-feu, s’appliquent en attendant, à savoir :
- En tant que chef d’exploitation, vous devez vous munir d’un justificatif de déplacement professionnel (téléchargeable sur le site www.agri49.fr) à remplir et à signer pour votre propre compte.
- Vos salariés utilisent le même justificatif, signé par l’employeur, et précisant qu’il couvre les trajets entre le domicile et le(s) lieu(x) d’activité ou autres déplacements professionnels nécessaires tels que les travaux imprévus ou les livraisons...
- C’est à vous de fixer le temps de validité de l’attestation, par exemple jusqu’au 1er décembre. Il n’est donc plus plus besoin de le remplir à chaque sortie
- En cas de circulation dans un engin agricole, le déplacement est considéré comme professionnel.


Grosse inquiétude pour les filières déjà fragilisées
Si le retour du confinement donne la perspective d’un regain d’activité pour certains opérateurs en circuits courts, comme on l’avait observé pendant le premier confinement, pour d’autres filières, déjà fragilisées, c’est la catastrophe. On pense bien sûr aux volailles festives (canard, pigeon, caille...) qui en plus de subir la fermeture des restaurants, voient avec inquiétude s’éloigner la perspective de fêtes de fin d’année « normales ». D’une manière générale, toutes les filières adossées à la restauration hors domicile sont catastrophées, qu’il s’agisse de la filière viticole, fromage, et autres fournisseurs de viandes.
Et que dire de la filière horticole et des pépiniéristes, alors même que nous arrivons à une période d’activité cruciale ? Dans un communiqué du 28 octobre,  l’interprofession de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage (Val’hor) plaidait pour « le maintien d’une activité commerçante et la poursuite des chantiers pour les entreprises du végétal. La vie économique ne peut de nouveau être mise à l’arrêt ». Cette période de fin d’année qui démarre avec la Toussaint et ses chrysanthèmes pour s’achever avec les fêtes de fin d’année, représente pour la filière française du végétal la seconde période d’activité la plus forte en termes de chiffres d’affaires dans l’année: quelques 530 millions d’euros.

Durant le premier confinement et jusqu’à la fin du mois de juin, la filière a enregistré une baisse de 14% de son chiffre d’affaires par rapport à 2019. Une conséquence directe de la fermeture des fleuristes, grossistes et jardineries, et d’une baisse générale de l’activité économique. Un nouveau coup d’arrêt brutal à l’activité du végétal aurait des conséquences « irréversibles » pour la filière, selon Val’hor.
Concernant les indemnisations, Emmanuel Macron a annoncé que les mesures en faveur des « petites entreprises fermées administrativement» seront « plus importantes qu’en mars » avec une prise en charge « jusqu’à 10000 euros par mois de leurs pertes en chiffre d’affaires ». Il a également annoncé « un plan spécial pour les indépendants, commerçants, très petites et moyennes entreprises ».
Arnaud Fruchet

Liste des commerces dits « essentiels », qui resteront ouverts, définis par l’arrêté du 15 mars 2020
(liste susceptible d’évoluer selon les annonces du 1er ministre attendues jeudi 29/10 à 18h)

- Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles
- Commerce d’équipements automobiles
- Commerce et réparation de motocycles et cycles
- Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles
- Commerce de détail de produits surgelés
- Commerce d’alimentation générale
- Supérettes / Supermarchés / Hypermarchés
- Magasins multi-commerces
- Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé
- Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé
- Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé
- Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé
- Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé
- Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé
- Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives
- Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé
- Commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé
- Commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels, de matériels de télécommunication en magasin spécialisé
- Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé
- Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé
- Commerce de détail de produits pharmaceutiques, articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé
- Commerce de détail d’aliments et fournitures pour les animaux de compagnie
- Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés
- Vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés n. c. a.
- Hôtels et hébergement similaire
- Hébergement touristique et autre hébergement de courte durée lorsqu’il constitue pour les personnes qui y vivent un domicile
régulier.
- Terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de
loisirs lorsqu’ils constituent pour les personnes qui y vivent un
domicile régulier.
- Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens
- Location et location-bail de machines et équipements agricoles
- Location et location-bail de machines et équipements pour la construction
- Activités des agences de placement de main-d’œuvre et de travail temporaire
- Blanchisserie-teinturerie
- Services funéraires
- Activités financières et d’assurance

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Tout doit être mis en oeuvre pour éviter une crise dans la filière lait bio. Si elle survenait, le lait bio non valorisé serait déclassé et viendrait, par effet domino, déstabilisé le marché du lait conventionnel.

avertit Jacques Mousseau, président de la section agriculture biologique de la FRSEA Pays de la Loire, dans un communiqué du 26 novembre.

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