L'Anjou Agricole 04 novembre 2020 à 10h00 | Par AA

De l'avenir pour les vaches allaitantes

Valentin Butet est installé avec son père depuis avril 2020. Sur la commune d'épieds, le jeune homme de 26 ans veut augmenter la taille de son troupeau allaitant et la vente directe.

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Des jeunes qui s'installent en viande bovine, cela ne court pas les rues. Alors autant dire que dans le Saumurois, Valentin Butet est parfois vu comme un Ovni. « C'est vrai que certains voisins me prennent pour un fou quand je leur dis que je souhaite augmenter la taille du troupeau de 30 vêlages à 80 », détaille le jeune homme de 26 ans, installé au 1er avril 2020. « Pourtant, je suis convaincu qu'il y a de l'avenir en viande bovine pour les jeunes », assène-t-il.  

Aquaculture et élevage
Installé à épieds avec son père, Valentin Butet est la 4ème génération d'agriculteurs sur le site du Gaec. La ferme date de 1962. Au départ en lait, la production est aujourd'hui répartie entre une centaine d'hectares de céréales, un troupeau de charolaises et quelques cochons qui partent en vente directe. Au total, ce sont 220 ha qui composent le Gaec Butet, dont une vingtaine en prairie. Les céréales sont vendues à Terrena, et les animaux à des négociants privés. « 6 à 8 bovins partent en vente directe », complète le jeune homme. Ayant grandi sur la ferme, Valentin Butet ne s'imaginait pas autre chose que de reprendre l'exploitation familiale. à la suite d'un Bac Pro aquaculture et d'un BTS Acse à Luçon (85), il s'est lancé dans le service de remplacement. Cela lui a permis de découvrir une grande diversité d'élevages et de productions. Puis, il est devenu salarié en 2018, sur son exploitation, afin de préparer l'installation. « L'aquaculture, c'est toujours un projet dans un coin de ma tête. En fait, sur une ferme, l'hiver il y a moins de choses à faire, et c'est l'inverse en aquaculture. Je pense que ce sont deux activités complémentaires », confie Valentin Butet. Mais pour l'heure, il faut pérenniser la structure, qui va subir d'importantes mutations dans les années à venir.

Augmenter les vêlages et l'autonomie
En effet, Valentin Butet souhaite changer l'orientation de la ferme. « Je veux passer d'une exploitation à tendance céréalière à une exploitation à tendance bovine. De toute manière, en céréales on a du mal à voir un avenir radieux. L'élevage, on en aura toujours besoin ». Avec 60 ha de prairies supplémentaires, et une augmentation à 80 vêlages, c'est un changement de cap. Et un investissement conséquent, puisqu'avec la construction d'un nouveau bâtiment de 3 000 m2, l'ensemble des investissements liés à l'installation de Valentin Butet s'élève à 400 000 EUR. Mais c'est un choix mûrement réfléchi, notamment grâce au service de remplacement (SR). « Avec le SR, j'ai pu penser et repenser de nombreuses fois mes souhaits d'organisation. Au total, je pense que j'ai dû redessiner 30 fois mon bâtiment ! », s'amuse l'éleveur. Mais de toute manière, l'augmentation du troupeau était une condition sine qua non pour l'installation de Valentin Butet. « Mon père et moi, nous sommes passionnés par les animaux. C'était une volonté de ma part d'augmenter la taille du troupeau, et c'est possible car j'arrive sur une exploitation déjà rodée ».

Montrer la vie d'éleveur
L'autonomie et la vente directe sont au coeur de ce projet. La vente directe est la manière d'écouler les produits qui sied le plus à Valentin Butet. Selon lui, c'est l'avenir de l'élevage allaitant. « L'achat en circuit court c'est le devenir de nos filières. Aujourd'hui, il y a la place, particulièrement dans mon coin. Il y a un changement des mentalités, et les consommateurs commencent à être friands de ce genre d'achats », détaille l'éleveur, qui fustige également le double jeu de la grande distribution. « Il faut que ces acteurs-là changent, ce n'est plus possible de tirer les prix vers le bas. C'est ce qui pousse aussi vers la vente directe. On contrôle nos prix. Je préfère quelqu'un qui va manger moins de viande, mais mieux et qui va venir l'acheter chez le producteur, au bon prix », martèle Valentin Butet.

 

Article complet dans l'Anjou Agricole du 6 novembre.

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