L'Anjou Agricole 19 septembre 2019 à 15h00 | Par AA

Déficit fourrager : ils font marcher la solidarité

Afin de pallier le manque de fourrage lié à la sécheresse, un groupe d’éleveurs du Candéen (Maine-et-Loire) s’organise pour acheter en commun du maïs fourrage et du maïs grain à des agriculteurs céréaliers.

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De gauche à droite : Anthony Lépicier, éleveur laitier (Gaec Lépicier) ; Lydie Robert, éleveuse laitière (Gaec Janeo) ; François Grosbois, éleveur de volailles.
De gauche à droite : Anthony Lépicier, éleveur laitier (Gaec Lépicier) ; Lydie Robert, éleveuse laitière (Gaec Janeo) ; François Grosbois, éleveur de volailles. - © AA

Des rendements de maïs ensilage divisés par deux. 5,5 tonnes de MS/ha, contre 10 à 12 tonnes d’habitude. Au Gaec Janeo, à Angrie (Maine-et-Loire), la sécheresse a mis à mal les cultures destinées à l’alimentation du troupeau de laitières. L’exploitation a besoin de 200 tonnes de  maïs ensilage pour l’année et ses 15 ha parviennent d’habitude quasiment à les couvrir. « Nous achetons parfois 4 à 5 ha de maïs pour constituer une soupape de sécurité », expliquent Lydie et Frédéric Robert. Cette année, il a fallu prendre une décision plus radicale. Dès fin juillet, pour pallier le manque de fourrage, le couple a réservé auprès d’un agriculteur  de la commune, Vincent Moison, une surface de 29 ha initialement semée en maïs pour le grain.


Du maïs ensilage sur pied
Le couple a proposé à des voisins de participer à cet achat. Anthony Lépicier, éleveur laitier, a acheté 10 ha sur pied à Vincent Moison, et 10 ha à François Grosbois, un éleveur de volailles. Ces 20 ha supplémentaires vont lui permettre de compléter  son stock, mais toutefois sans couvrir la totalité de ses besoins. Pour ses 110 vaches, il lui faudrait un silo de 400 tonnes de maïs ensilage. Il doit se résoudre à décapitaliser : « je vais faire partir une quinzaine de vaches », explique l’agriculteur.
Le Gaec Janeo, lui, achète 19 ha sur pied et devrait obtenir, au total 187 tonnes d’ensilage, ce qui ne fait pas encore le compte non plus (200 t). Pour s’en sortir, il va également décapitaliser. D’autant plus que le pâturage d’automne semble, pour l’instant, compromis.


Du maïs grain aussi
Le maïs ensilage n’est pas très riche en grain.  Afin d’apporter de l’énergie aux vaches lorsqu’elles seront à l’herbe au printemps prochain, le Gaec Janeo s’est rapproché, via la bourse d’échange de fourrages, d’un céréalier des Basses vallées angevines. « Ce dernier nous a réservé 18 ha de maïs irrigué en grain, à 100 quintaux/ha », explique Frédéric Robert, qui a proposé à plusieurs collègues d’acheter du maïs grain en commun.

François Grosbois, le jeune éleveur de volailles, s’est montré tout de suite fort intéressé car il a d’importants besoins en maïs pour alimenter sa fabrique l’aliments à la ferme. Pour nourrir 100 000 volailles par an (commercialisées en circuit court), ses 30 ha de SAU ne suffisent évidemment pas et il est tributaire d’achats extérieurs. Il lui faut chaque année 300 tonnes de maïs grain sec, 500 tonnes de blé, 300 tonnes de colza.

Le petit groupe d’agriculteurs est en train de s’organiser  pour effectuer éventuellement d’autres achats en commun auprès de céréaliers ou négociants. Grâce à ces démarches, ils sont déjà plus sereins, même s’ils ont dû contracter des prêts à court terme pour honorer ces dépenses.

S.H.

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la phrase de la semaine

J’aimerais voir 40 à 60 projets de demandes, donnez-nous des dossiers,

a fait savoir le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, aux responsables de la confédération des Vignerons indépendants, le 28 novembre, et quelques jours après les inondations dans le Sud.

Le chiffre de la semaine
350 à 400
salariés permettent chaque année de répondre aux besoins en remplacement de 800 à 900 agriculteurs dans le Maine-et-Loire.

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