L'Anjou Agricole 21 novembre 2019 à 11h00 | Par Romain Devaux

Des veaux nourris au lait entier sur paille

Des veaux nourris au lait entier et élevés sur paille en cases collectives, c’est le principe de la filière veau fermier Bretanin. Rencontre avec un éleveur de Maine-et-Loire qui a trouvé là un moyen de mieux valoriser un tiers de son lait.

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Stéphanie Depuydt, technicienne de Bovins qualité Bretagne et Benoit Perdrieau, qui gère l’atelier veaux à l’EARL de l’Arcison. Les veaux représentent un tiers du chiffre d’affaires de cette exploitation de polyculture-élevage.
Stéphanie Depuydt, technicienne de Bovins qualité Bretagne et Benoit Perdrieau, qui gère l’atelier veaux à l’EARL de l’Arcison. Les veaux représentent un tiers du chiffre d’affaires de cette exploitation de polyculture-élevage. - © AA

Ce matin du 18 novembre, Stéphanie Depuydt, la technicienne de la filière, est dans l’élevage pour aider Benoit Perdrieau à tondre la centaine de veaux et à réaliser des prises de  sang pour surveiller le taux d’hémoglobine. « On tond les veaux sur le dos pour éviter qu’ils transpirent et qu’ils prennent froid », explique l’éleveur, la tondeuse à la main. Exploitation laitière, l’EARL de l’Arcison a contractualisé avec la filière veau Bretanin en 2006, afin de pouvoir produire et valoriser davantage de lait.


S’impliquer dans la filière
L’EARL élève chaque année deux bandes et demi de 100 veaux, qui consomment chacun 1 350 litres de lait par bande. Un peu plus de 330 000 litres de lait sont donc consacrés chaque année à nourrir les veaux. « Les éleveurs sont rémunérés comme si le prix du lait était situé entre 400 et 450 euros/1 000 litres. La filière s’est fixée l’objectif de ne pas les rémunérer en-dessous de l’équivalent de 400 euros les 1 000 litres », explique Stéphanie Depuydt. A cela s’ajoute la prime Pac aux veaux fermiers sous la mère (entre 30 et 50 euros/1 000 litres). Benoit Perdrieau apprécie que « le prix de reprise soit fixé d’avance ». En effet, une grille de reprise est établie tous les trimestres par les éleveurs et les bouchers. « C’est vraiment bien d’avoir une implication dans la filière, souligne l’éleveur. Nous gardons le lien avec le boucher en allant faire des animations en magasin. De leur côté, des bouchers se déplacent quand ils le veulent dans nos élevages ».
Benoit Perdrieau consacre environ un mi-temps à l’élevage des veaux, avec toutefois un investissement plus important lors des 15 premiers jours. Il faut habituer les veaux, tous de race à viande ou de race mixte croisée viande, à aller boire au distributeur.

Tous les veaux sont équipés d’une puce électronique et suivent un plan de nutrition extrêmement précis : leurs prises de lait au distributeur sont fractionnées et calculées en fonction de leurs besoins alimentaires. L’éleveur peut même savoir si tel ou tel veau a bien bu grâce à une application sur son smartphone.


Valoriser les cuirs pour la tannerie
Enfin, pour tenter de valoriser encore mieux les veaux, une vingtaine d’éleveurs Bretanins se sont engagés, avec les tanneries, dans une expérimentation de suivi des cuirs, dans l’espoir d’intégrer une filière d’excellence. 
S.H.

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la phrase de la semaine

J’aimerais voir 40 à 60 projets de demandes, donnez-nous des dossiers,

a fait savoir le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, aux responsables de la confédération des Vignerons indépendants, le 28 novembre, et quelques jours après les inondations dans le Sud.

Le chiffre de la semaine
350 à 400
salariés permettent chaque année de répondre aux besoins en remplacement de 800 à 900 agriculteurs dans le Maine-et-Loire.

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