L'Anjou Agricole 08 septembre 2020 a 13h00 | Par AA

Développer une filière de bois-d’œuvre locale dans les Mauges

La France métropolitaine possède le troisième stock en volume de bois sur pied en Europe derrière l’Allemagne et la Suède. Le secteur forêt-bois en France représente plus, en termes d’emplois, que le secteur de l’automobile dans son ensemble : 550 000 emplois pour 100 000 entreprises essentiellement réparties en milieu rural.

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La scierie mobile permet de venir effectuer des chantiers directement sur place, facilitant la logistique.
La scierie mobile permet de venir effectuer des chantiers directement sur place, facilitant la logistique. - © AA

Les agriculteurs, de par leur gestion du bocage, jouent forcément un rôle primordial pour cette ressource. Pourtant, le bocage a été mis à mal par le remembrement des années 1980, et depuis, bien que de nombreuses haies aient été replantées, difficile de retrouver une véritable communion entre l’arbre et l’agriculteur. Créée en 1998, l’association Horizon Bocage a pour objet la préservation de  l’environnement et la valorisation du bocage sur le territoire de Chemillé-en-Anjou. Composée de 250 adhérents, elle organise de nombreuses animations autour de la gestion du bocage et des arbres, à destination de particuliers et d’agriculteurs. « On cherche à redonner du sens à l’arbre, tant pour les particuliers que pour les agriculteurs », détaille Roland Frémondière, le président de l’association. Entre autre, Horizon Bocage milite pour pouvoir travailler les végétaux déposés en déchetteries avec les agriculteurs. Le déchet deviendrait ressource, et « un lien plus fort serait créé entre ville et campagne », ce qui semble nécessaire par les temps qui courent.


Une scierie mobile
Dans la même veine, Horizon Bocage a obtenu un financement Ademe afin de développer une filière de bois d’œuvre locale, devant le constat de la présence de beaux arbres dans le département. « Un particulier, des collectivités ou même un agriculteur, n’ont pas le temps, ou la compétence, de valoriser le bois de cette manière, donc on propose nos services et notre expertise », analyse Roland Frémondière. L’Ademe a financé à hauteur de 70 % les études et l’animation. Concrètement, Horizon Bocage met en relation particuliers et privés souhaitant débiter des planches de bois avec des entreprises ayant des compétences en la matière, afin de préparer le chantier. Une fois ce dernier préparé, une scierie mobile intervient directement sur place. « Il faut être en général 4 pour un tel chantier. Le débit est de 7 à 8 m³ par jour pour des arbres de 80 cm de diamètre maximum, avec un coût d’environ 80 €/m³ ttc », détaille le président. Derrière, les planches peuvent être conservées par l’instigateur du chantier, ou bien revendues à Horizon Bocage. En effet, l’association dispose d’un local de stockage de 800 m², permettant la revente. « Mais si la personne le souhaite, elle peut également venir travailler son bois au sein de La Varlope, un atelier participatif qui permet de créer avec des personnes compétentes des bancs, chaises, toutes sortes d’œuvres », appuie Marine Pépin, animatrice de l’association. Ainsi, local est le maître mot, puisque tout est effectué sur place, ou dans un rayon de quelques kilomètres. « ça redonne du sens au bois de notre bocage », confie Marine Pépin. « Dans le futur, il va y avoir de plus en plus de contraintes environnementales. Pourquoi ne pas prendre les devants et arrêter de considérer les végétaux, les branches, comme des déchets. C’est une ressource organique, importante, qui n’est pas considérée à sa juste valeur », poursuit Roland Frémondière, ancien maraîcher.

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la phrase de la semaine

Compte tenu du contexte sanitaire et social actuel, les dons de lait sont plus que jamais vitaux pour fournir l’aide alimentaire

ont indiqué Les Restos du Coeur. Les agriculteurs concernés ont jusqu’au 15 février pour effectuer un don à une association habilitée.

Le chiffre de la semaine
600 millions d'euros
le relèvement du SRP (Seuil de Revente à Perte) de 10% a permis un gain de 600 millions d’euros pour la distribution qui auraient dû, en toute logique, se retrouver dans les cours de fermes.