L'Anjou Agricole 09 avril 2020 à 11h00 | Par AA

Faire le marché chez son coiffeur

Face à la fermeture de nombreux de leurs points de vente, les maraîchers ont dû s'adapter. Aux Jardins d'Anjou, on vend les produits dans un salon de coiffure.

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C'est toute l'équipe des Jardins d'Anjou qui a dû apprendre, sur le tas, à confectionner des paniers. Une activité spatiophage, et chronophage, qui a permis de garder la tête hors de l'eau.
C'est toute l'équipe des Jardins d'Anjou qui a dû apprendre, sur le tas, à confectionner des paniers. Une activité spatiophage, et chronophage, qui a permis de garder la tête hors de l'eau. - © AA

Le salon de coiffure de Fabienne Rocher, avenue des Contades à Angers, s'est transformé depuis deux semaines en marché sur mesure pour l'exploitation des Jardins d'Anjou. Ciseaux, shampoings et tondeuses ont laissé place aux différents fruits et légumes des maraîchers.


Une exploitation très diversifiée
L'exploitation, située à Saint-Lambert-des-Levées, réalise l'intégralité de son chiffre d'affaires en vente directe. « Au total, nous faisions cinq marchés par semaine avant la crise. Trois à Angers, et deux à Saumur. Une partie de la production est également à destination d'un magasin de producteurs, à Saint-Sylvain-d'Anjou », explique Jules Viemont, le fils du gérant de l'exploitation. Entreprise familiale, les Jardins d'Anjou s'étalent sur 10 ha productifs, et les productions sont multiples. « On essaie d'être le plus diversifié possible. à la fois pour nos rotations, mais également pour nos clients », détaille Jules Viemont, responsable de la partie commerciale.


La fermeture des marchés change tout
Toute cette organisation a été chamboulée par la crise du Covid-19. Dans un premier temps, le préfet a ordonné la fermeture de tous les marchés. Prévoyants, les exploitants de Jardins d'Anjou avaient pris en amont les adresses mails de nombreux clients. « L'idée c'était de garder nos clients pendant la crise, et de continuer à écouler la marchandise », témoigne le jeune homme de 30 ans. Ainsi, un système de paniers a été mis en place, avec trois formules : 10 EUR, 20 EUR et 30 EUR. La prise de commande s'effectue par mail et téléphone. à Angers, la distribution est réalisée dans le salon de coiffure de Fabienne Rocher, habituelle cliente. à Saumur, le maire de la ville avait mis à disposition un espace au niveau des halles.
« C'est un métier totalement différent, et nous avons dû fournir un surcroît de travail », témoigne Jules Viemont. Mais l'opération est un succès, et le premier samedi ce sont près de 200 paniers qui s'écoulent en cumulant Angers et Saumur. Pas suffisant pour atteindre les niveaux de vente des années précédentes, mais assez pour « continuer à faire vivre l'entreprise et payer les salariés ». Dorénavant, les marchés ont réouvert à Saumur, et le système de paniers à été abandonné à Angers. Le salon de coiffure s'est mué en marché réduit, où le seul producteur est Jardins d'Anjou. « Cela nous convient mieux, c'est notre métier. On retrouve un semblant d'organisation, même si organiser un marché dans un salon de coiffure ce n'est pas toujours
facile ! », ironise le jeune homme. Néanmoins, les clients sont au rendez-vous, en témoigne la longue file d'attente devant le salon de coiffure qui s'est formée mercredi matin, première fois où ce système a été mis en place.

Le salon de coiffure de Fabienne Rocher, à Angers, s'est transformé en marché à taille réduite, pour permettre aux maraîchers de continuer à écouler la production.
Le salon de coiffure de Fabienne Rocher, à Angers, s'est transformé en marché à taille réduite, pour permettre aux maraîchers de continuer à écouler la production. - © AA
Jules Viemont (à gauche), avec son père et son frère devant leur exploitation à Saint-Lambert-des-Levées.
Jules Viemont (à gauche), avec son père et son frère devant leur exploitation à Saint-Lambert-des-Levées. - © AA

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