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Gestion de l'espace
Les zones d’activités sont-elles toutes opportunes ?

La question de l’économie d’espace se pose avec acuité dans les communes rurales.

La question qui se pose : « Faut-il continuer à construire des zones d’activités très consommatrices en espace avec leurs parkings et leurs espaces verts alors que beaucoup d’entre elles ne font pas le plein ?»
La question qui se pose : « Faut-il continuer à construire des zones d’activités très consommatrices en espace avec leurs parkings et leurs espaces verts alors que beaucoup d’entre elles ne font pas le plein ?»
© AA

Une journée d’échanges était organisée par le Réseau rural Pays de la Loire*, le 18 novembre à Beaupréau. La question des zones d’activités a été posée : alors que pour l’habitat, de nombreuses réflexions alimentent les débats sur la maîtrise de l’éta-lement urbain, il y a un déficit d’approches sur la notion de densité en matière de zones industrielles, artisanales, ou commerciales. Faut-il continuer à construire des zones d’activités, très consommatrices en espace avec leurs parkings et leurs espaces verts, alors que beaucoup d’entre elles sont loin de faire le plein et que des espaces sont parfois même comblés par des panneaux photovoltaïques ?  Chaque commune doit-elle avoir sa propre zone ? Comment préserver la compétitivité des entreprises sans consommer d’espace ?

Cesser de faire un produit standard

« Il faut cesser de faire un produit standard, du type boîte à chaussures entouré de gazon, mais proposer un panel d’offres diversifiées, plus diffuses, avec des petites surfaces de proximité, des bureaux, des parcelles de terrain pour les plus grandes entreprises… Des professions comme les experts-comptables, les architectes, que l’on a beaucoup installées sur des zones d’activités, pourraient regagner les centres-villes »,
préconise Jean-François Vallès, consultant en gestion durable des activités. À la question de savoir s’il faut une zone d’activités dans chaque commune, il répond qu’il faut plutôt parler de “site d’accueil” des entreprises. Il juge important de conserver un maillage territorial qui permette de conserver les petits artisans dans leur commune, pour « garder une vie locale ». Le consultant estime aussi qu’une certaine « densification verticale est possible ». D’une manière générale, il pense qu’il faudrait passer « d’une logique de planification figée à un processus dynamique. Aujour-d’hui, les collectivités ont tendance à multiplier les réserves foncières, privant ainsi l’agriculture de terres pendant des décennies. Si l’on compare avec un autre secteur, aucune entreprise automobile n’a un stock de voitures pour dix ans… »

S.H.

* Le Réseau rural est copiloté par le Président du Conseil régional et le préfet de Région et animé par le Celavar des Pays de la Loire. 

Pascal Gallard, CRDA des Mauges

« Limiter et compenser la consommation de foncier  »

Président de l’antenne de la Chambre d’agriculture dans les Mauges, Pascal Gallard regrette que des responsables agricoles n’aient pas été impliqués dans cette journée de réflexion : « Il est nécessaire que les agriculteurs soient présents quand on parle de consommation de foncier, car il faut conserver le maximum de surfaces pour la production alimentaire ». Sur le fond, Pascal Gallard observe qu’« en Maine-et-Loire,
beaucoup de zones d’activités sont faiblement remplies et qu’il faut d’abord combler les zones existantes avant d’en créer de nouvelles. Il faut bien faire intégrer aux élus la nécessité d’un développement vertical ». Il souhaiterait aussi que des réserves foncières à visée agricole soient constituées pour compenser les terres prises, et qu’une valorisation énergétique des “délaissés agricoles” soit trouvée, pour les parcelles non exploitables au bord de nœuds routiers, par exemple.
Le responsable se dit « assez d’accord avec les objectifs du Scot Pays des Mauges, qui prévoit une hiérarchisation des zones d’activités. Il est important de garder un espace pour maintenir l’artisanat dans chaque commune, mais il est inutile de développer partout des zones de 10, 20 ou 30 hectares », estime-t-il. Région des usines à la campagne, les Mauges ont vu certaines activités se délocaliser des centres-bourgs pour s’installer sur des zones d’activités. L’élaboration du Scot du Pays des Mauges est en cours, pour une approbation prévue fin 2011. Ce schéma de cohésion territoriale va devoir concilier l’augmentation de la population des Mauges, poussée par l’étalement des trois pôles urbains qui
l’entourent, avec la préservation des espaces agricoles. La population du Pays des Mauges (7 communautés de communes, 71 communes) passerait de 126 000 habitants aujourd’hui à 156 000 d’ici 2030. Le Scot se donne pour objectif à atteindre une consommation de 40 ha/an pour le logement, contre 90 ha actuellement. En termes de zones d’activité, celles-ci seraient hiérarchisées en trois niveaux : des espaces de moins de 2 hectares pour accueillir les artisans dans les communes, une zone de 10 hectares minimum par canton ou communauté de communes, et des pôles structurants pour les grandes entreprises sur les plus grandes communes. Objectif : passer d’un urbanisme d’étalement à un urbanisme de renouvellement.

S.H.

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