Aller au contenu principal

HVE, une opportunité à saisir pour l’élevage

Laurent Véron est éleveur de limousines au Voide. Certifié HVE (Haute valeur environnementale) depuis août, il espère une revalorisation sur le prix de sa viande.

© AA

Au Voide, près de Vihiers, Laurent Véron est un pionnier dans le département. En effet, cet éleveur de limousines est certifié HVE. Une rareté dans le Maine-et-Loire, pour l’instant.


Entrée par les légumes
âgé de 55 ans, Laurent Véron a toujours placé l’environnement haut dans son exploitation. « Depuis que je suis installé, je plante des haies, et j’essaie de préserver mon exploitation. Je suis chasseur amateur, et je vois les bienfaits des haies ou autres bosquets sur la faune ». Pour ce faire, 110  des 150 ha du parcellaire sont en prairie. Autant dire que les 120 vaches de l’éleveur ont de la place pour pâturer. Mais l’élevage n’est pas la seule activité de l’exploitant, puisqu’il cultive également 5 ha de choux pour la coopérative La Rosée des champs. Sur ses légumes, Laurent Véron est certifié GlobalGap. Il s’agit d’une série de normes de traçabilité et de sécurité alimentaire, reconnues au niveau mondial, pour les productions agricoles et aquacoles. Lorsque sa coopérative légumière lui a demandé de passer en HVE pour les choux, l’éleveur était coutumier des normes. « En faisant la formation sur les choux, je me suis dit que je pourrais également faire certifier mon élevage. Surtout que vu l’état de mon exploitation, très extensive et riche en biodiversité, je ne pensais pas avoir beaucoup de changements à faire », se souvient Laurent Véron. C’est ainsi que l’éleveur a obtenu sa certification le 21 août 2020. Haut la main en biodiversité, mais avec des points de vigilances sur les phytosanitaires et les intrants. « Ce qui est bien avec cette formation, que j’ai réalisée avec la Chambre d’agriculture, c’est que cela permet de voir où l’on peut s’améliorer. Dorénavant, je passerai un peu plus de temps à réfléchir, et moins sur mon tracteur », s’amuse Laurent Véron.


50 centimes en plus ?
Grâce à HVE, Laurent Véron attend une retombée financière positive sur la viande. « La coopérative légumière valorisera mieux les légumes en HVE. Passer en HVE pour l’atelier viande, cela demande aussi des coûts, comme par exemple plus de binage », constate l’éleveur. Il espère donc une augmentation d’au moins 50 centimes sur la viande. Augmentation qui tarde à venir, pour le moment. « Je suis en HVE depuis août, et le marchand de bêtes ne m’a pas encore payé plus. C’est une démarche intéressante, mais il faut une contrepartie pour l’éleveur », assène-t-il. Au-delà de l’aspect financier, Laurent Véron y voit également un bon moyen de redorer l’image de l’élevage en conventionnel. « Les consommateurs jurent beaucoup par le bio. Mais avec HVE, on montre qu’une partie des agriculteurs en conventionnel œuvre également pour l’environnement ». L’installation d’une pancarte à l’entrée de sa ferme devrait lui permettre de communiquer sur cette certification. Et l’éleveur en est persuadé, l’avenir de l’élevage allaitant passe par cette amélioration environnementale.
« Avec la nouvelle Pac, plus verte, je pense qu’il y a une vraie incitation à tendre vers des modèles plus soutenables ». Pour lui, après les paroles, il faut s’engager vers « une agriculture qui ne pollue pas, mais une agriculture qui rémunère aussi ses éleveurs. Sans ça, on n’aura plus d’élevages, plus de prairies... Chez moi, j’ai de nombreux coteaux. Quoi de mieux que des animaux pour les entretenir ? ». Et éviter ainsi une fermeture de nos paysages, via des friches, si sensibles aux feux de forêts pour ne citer que cela. « L’Homme s’est toujours habitué et adapté face aux contraintes. En tant qu’éleveurs, nous devons nous habituer aux contraintes sociétales et environnementales. Et HVE est une superbe réponse », analyse Laurent Véron. Pour le moment satisfait de son implication, il attend donc une répercussion sur le prix de vente de sa viande. Et voit plus loin, jusqu’à la transmission. « En étant certifié HVE, je pense que mon exploitation est plus facilement transmissible, c’est un gage de qualité et de sérieux. Nous sommes quand même contrôlés tous les ans ! ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Anthony Ménard
Anthony Ménard prend la tête de la FRSEA Pays de la Loire
Le conseil d'administration de la FRSEA Pays de la Loire a élu Anthony Ménard, agriculteur en Maine-et-Loire, le lundi 16 mars à…
Carte des communes concernées par le dégrèvement TFNB sur prairies dans le Maine-et-Loire
30 % de dégrèvement TFNB sur les prairies

Suite à la demande de la FDSEA et des JA49, un dégrèvement de la TNFB va bénéficier à 79 communes du Maine-et-Loire

Ingrid Bernier, présidente de la caisse départementale, Delphine Létendart, directrice de la caisse régionale, Jérôme Moy, président de la caisse régionale.
De bonnes performances commerciales en Anjou
Groupama Loire Bretagne a retrouvé de bons résultats commerciaux en 2025, particulièrement dans le Maine-et-Loire. La caisse…
L'association des éleveurs Rouges des prés du Maine-et-Loire a tenu son AG au lycée agricole des Sicaudières, à Bressuire le mardi 24 mars.
La Rouge des prés fait des adeptes dans les Deux-Sèvres
Mardi 24 mars, l'association des éleveurs Rouges des prés du Maine et Loire a tenu son AG au lycée agricole des Sicaudières…
Baptiste Corbel, président du BDE de l'Esa, et Jean Jagu, responsable des relations entreprises.
Jean et Baptiste, futurs acteurs du monde agricole

Futurs ingénieurs agronomes, Jean Jagu et Baptiste Corbel pilotent la quatrième édition de la journée des agricultures. Des…

L'éleveur Michel Lemer et le technicien Evolution David Lebullenger ont présenté quelques vaches de l'élevage de Michel Lemer.
Une journée génétique en Segréen
Lors de la journée génétique, mardi 17 mars à Segré en Anjou Bleu, les adhérents de Normande 49 ont visité l'exploitation de…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois