L'Anjou Agricole 05 novembre 2020 à 13h00 | Par AA

HVE, une opportunité à saisir pour l’élevage

Laurent Véron est éleveur de limousines au Voide. Certifié HVE (Haute valeur environnementale) depuis août, il espère une revalorisation sur le prix de sa viande.

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Au Voide, près de Vihiers, Laurent Véron est un pionnier dans le département. En effet, cet éleveur de limousines est certifié HVE. Une rareté dans le Maine-et-Loire, pour l’instant.


Entrée par les légumes
âgé de 55 ans, Laurent Véron a toujours placé l’environnement haut dans son exploitation. « Depuis que je suis installé, je plante des haies, et j’essaie de préserver mon exploitation. Je suis chasseur amateur, et je vois les bienfaits des haies ou autres bosquets sur la faune ». Pour ce faire, 110  des 150 ha du parcellaire sont en prairie. Autant dire que les 120 vaches de l’éleveur ont de la place pour pâturer. Mais l’élevage n’est pas la seule activité de l’exploitant, puisqu’il cultive également 5 ha de choux pour la coopérative La Rosée des champs. Sur ses légumes, Laurent Véron est certifié GlobalGap. Il s’agit d’une série de normes de traçabilité et de sécurité alimentaire, reconnues au niveau mondial, pour les productions agricoles et aquacoles. Lorsque sa coopérative légumière lui a demandé de passer en HVE pour les choux, l’éleveur était coutumier des normes. « En faisant la formation sur les choux, je me suis dit que je pourrais également faire certifier mon élevage. Surtout que vu l’état de mon exploitation, très extensive et riche en biodiversité, je ne pensais pas avoir beaucoup de changements à faire », se souvient Laurent Véron. C’est ainsi que l’éleveur a obtenu sa certification le 21 août 2020. Haut la main en biodiversité, mais avec des points de vigilances sur les phytosanitaires et les intrants. « Ce qui est bien avec cette formation, que j’ai réalisée avec la Chambre d’agriculture, c’est que cela permet de voir où l’on peut s’améliorer. Dorénavant, je passerai un peu plus de temps à réfléchir, et moins sur mon tracteur », s’amuse Laurent Véron.


50 centimes en plus ?
Grâce à HVE, Laurent Véron attend une retombée financière positive sur la viande. « La coopérative légumière valorisera mieux les légumes en HVE. Passer en HVE pour l’atelier viande, cela demande aussi des coûts, comme par exemple plus de binage », constate l’éleveur. Il espère donc une augmentation d’au moins 50 centimes sur la viande. Augmentation qui tarde à venir, pour le moment. « Je suis en HVE depuis août, et le marchand de bêtes ne m’a pas encore payé plus. C’est une démarche intéressante, mais il faut une contrepartie pour l’éleveur », assène-t-il. Au-delà de l’aspect financier, Laurent Véron y voit également un bon moyen de redorer l’image de l’élevage en conventionnel. « Les consommateurs jurent beaucoup par le bio. Mais avec HVE, on montre qu’une partie des agriculteurs en conventionnel œuvre également pour l’environnement ». L’installation d’une pancarte à l’entrée de sa ferme devrait lui permettre de communiquer sur cette certification. Et l’éleveur en est persuadé, l’avenir de l’élevage allaitant passe par cette amélioration environnementale.
« Avec la nouvelle Pac, plus verte, je pense qu’il y a une vraie incitation à tendre vers des modèles plus soutenables ». Pour lui, après les paroles, il faut s’engager vers « une agriculture qui ne pollue pas, mais une agriculture qui rémunère aussi ses éleveurs. Sans ça, on n’aura plus d’élevages, plus de prairies... Chez moi, j’ai de nombreux coteaux. Quoi de mieux que des animaux pour les entretenir ? ». Et éviter ainsi une fermeture de nos paysages, via des friches, si sensibles aux feux de forêts pour ne citer que cela. « L’Homme s’est toujours habitué et adapté face aux contraintes. En tant qu’éleveurs, nous devons nous habituer aux contraintes sociétales et environnementales. Et HVE est une superbe réponse », analyse Laurent Véron. Pour le moment satisfait de son implication, il attend donc une répercussion sur le prix de vente de sa viande. Et voit plus loin, jusqu’à la transmission. « En étant certifié HVE, je pense que mon exploitation est plus facilement transmissible, c’est un gage de qualité et de sérieux. Nous sommes quand même contrôlés tous les ans ! ».

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