L'Anjou Agricole 15 avril 2016 à 16h00 | Par L'Anjou Agricole

JA : réaction à l'annonce de Monoprix

Monoprix vient d’annoncer qu’il n’y aurait plus d’oeufs issus de poules élevées en cage en vente dans ses magasins. Argument marketing ou réelle demande de ses clients, là n’est pas la question pour JA Pays-de-la-Loire et Bretagne.

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- © Actuagri

 

JA Bretagne et Pays-de-la-Loire se permettent de réagir pour apporter quelques éléments factuels sur ce dossier :
" 2012 : la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses entre en vigueur. C’est un choix crucial d’orientation stratégique qui se présente alors aux différents pays. Alors que les pays du nord de l’Europe, Allemagne en tête, décident de stopper la production d’oeufs en cage en voyant les habitudes alimentaires des consommateurs évoluer, la filière française dans son ensemble, les pouvoirs publiques mais également les établissements bancaires encouragent les producteurs d’oeufs de code 3 à se maintenir dans cette filière en se mettant aux normes. Pire, des installations de jeunes en filières alternatives n’ont pas vu le jour par manque de contrats ou de financement. Personne ne croyait à l’époque à l’oeuf alternatif ! Est-ce par manque de clairvoyance, de courage ou simplement pour protéger des intérêts personnels que la filière n’a pas su anticiper ces évolutions de consommation ? La question reste entière mais l’urgence est ailleurs car actuellement seuls les producteurs subissent les contrecoups de cet acte manqué.

Il faut maintenant regarder vers l’avenir et construire une filière oeuf organisée et forte et cela passera par :
- la recherche de nouveaux débouchés à l’export pour l’oeuf de code 3, des débouchés qui rémunèrent la qualité sanitaire et sociale supérieures de la production française ;
- l’arrêt de la pression des distributeurs sur leurs fournisseurs : les oeufs dits alternatifs ont un coût que les distributeurs et les consommateurs doivent payer ;
- le soutien des pouvoirs publics et des banques aux côtés des récents investisseurs et des jeunes en particulier qui ont investi lourdement pour se mettre aux normes et qui ne peuvent modifier leur mode de production dans un pas de temps court ;
- la solidarité des industries agro-alimentaires qui au lieu de s’approvisionner au plus bas prix sur des ovoproduits étrangers pourraient profiter de produits de qualité et de proximité en s’approvisionnant dans l’Ouest.

Les constats et des pistes de solutions sont connus comme l’atteste le rapport de 2013 du CGAEER qui donnait 60 recommandations pour structurer la filière. Combien ont été mises en place ?

Il est temps d’agir. Au travail ! "

 

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