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300 millions d’euros pour les filières animales

Hausse des coûts de production et crise structurelle : Bruno Le Maire a annoncé un plan de 300 millions d’euros sur trois ans pour restaurer la compétitivité de l’élevage bovin viande, porc et lait.

16 septembre 2010 L'Anjou Agricole Vu 1243 fois
Bruno le Maire dévoile à la presse son plan de soutien à l’élevage.

Bruno le Maire dévoile à la presse son plan de soutien à l’élevage. - © Actuagri

L'intervention du ministre de l’Agriculture au Space à Rennes, le 14 septembre, était très attendue. Les filières animales bénéficieront d’un plan de développement sur trois ans de 300 millions d’euros. Plusieurs pistes ont été ouvertes par le ministère par rapport à la viande bovine. Elles concernent l’ensemble des partenaires de la filière, à charge pour eux de les explorer avec, le cas échéant, le soutien ou l’arbitrage des pouvoirs publics.

Porc : doublement de l’aide
Sur le porc, Bruno Le Maire a exprimé le même volontarisme. Il faut que la France cesse de perdre des parts de marché au profit de
l’Allemagne. Ici aussi, il compte sur la valorisation de l’origine française VPF dans les circuits de distribution pour augmenter le prix à la production. Sur les délais d’instruction des installations classées, le ministre s'est engagé « à veiller sur le respect des nouveaux délais d’instruction des dossiers fixés dans la Loi de moder-nisation » . Sur le décret installations classées attendu, il se battra, a-t-il promis, «  pour que le nouveau décret (...) favorise le regroupement des installations porcines dans le respect des règles européennes et de leur seuil ». En matière de mise aux normes sur le bien-être animal, et à défaut de reporter la date de 2013, Bruno Le Maire a annoncé une revalorisation du
soutien de l’État.
Sur la filière laitière, le ministre a surtout insisté sur la mise en place des contrats. « Le dispositif devra être opérationnel au début de la prochaine campagne laitière, en avril 2011 », a-t-il exigé. Sinon « l’État prendra ses responsabilités si un accord interprofessionnel n’est pas possible ».

30 millions d’euros
Dans la filière laitière toujours, le ministre s’est également prononcé pour l’abandon de la gestion des quotas par département au profit d’une approche par bassin. Le plan de développement annoncé sera affecté, quant à lui, à la modernisation des exploitations et au soutien aux investissements d’innovation dans l’industrie laitière.
Voilà pour le moyen terme. Pour le court terme, le ministre s’engage au déblocage d’une enveloppe de 30 millions d’euros dans le cadre du Dacs Agri pour répondre aux difficultés des éleveurs les plus fragiles. Quelques instants auparavant, le président du Space, Jean-Michel Lemétayer avait interpellé le ministre sur les difficultés des éleveurs confrontés à la hausse des coûts de production qu’ils ne peuvent
répercuter à l’aval. Il avait dénoncé également la volatilité des prix et les comportements spéculatifs alors que les éleveurs ont besoin « de lisibilité et de stabilité ». Sans oublier les distorsions de concurrence, réglementations diverses et variées, qui
« génèrent des surcoûts » qui plombent l’élevage français, au profit des  concurrents européens, les Allemands notamment. 

« Un ballon d’oxygène »
Le dispositif annoncé au Space a été qualifié de « ballon d’oxygène » par la FNSEA : le ministre commence à répondre à nos attentes », reconnaît le syndicat. Mais, pour les responsables professionnels, ce n’est là qu’un début. Le plan d’adaptation des filières « devrait permettre à la production de retrouver des marges de manœuvre », a observé pour sa part Xavier Beulin, 1er vice-président de la FNSEA. Il a accueilli favorablement la position de la France dans les négociations internationales alors que, parallèlement, des orientations communes se dégagent entre la France et l'Allemagne (voir page 2). Ceci étant, « les mots sont une chose, les actes, le calendrier en sont une autre », a-t-il conclu.

D’APRÈS ACTUAGRI

 

 

 
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