L'Anjou Agricole 12 janvier 2018 à 08h00 | Par L'Anjou Agricole

Lactalis : « L’Etat a dû se substituer à une entreprise défaillante », selon Bruno Le Maire

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- © Marie-Annick Carré

Concernant l’affaire des produits infantiles du groupe Lactalis, contaminés par des salmonelles, « l’Etat a dû se substituer à une entreprise défaillante », a déclaré Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, le 11 janvier.

Dans une conférence de presse, il annonçait que 2 500 contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont montré la présence de lots de produits infantiles, pourtant interdits à la vente, dans 91 établissements dont 30 grande et moyenne surface, 44 pharmacies, 12 hôpitaux, 2 crèches et 3 grossistes.

« J’ai demandé 2500 contrôles supplémentaires par les agents de la DGCCRF et des procès-verbaux seront établis auprès des enseignes » ayant mis en vente ces lots interdits. « Les sanctions encourues par Lactalis seront définies par la justice. Cela ne nous appartient pas », a-t-il continué, après avoir dressé toute la chronologie des faits depuis le 1er décembre, date de l’alerte donnée par l’Agence nationale de santé publique sur un nombre de cas anormalement élevé de salmonelles détectées chez des nourrissons.

Lactalis affirme « avoir toujours travaillé en parfaite collaboration avec les autorités »

Michel Nalet, porte-parole de Lactalis, a affirmé le 11 janvier que le groupe avait « toujours travaillé en parfaite collaboration avec les autorités ». Pour ce faire, il a redonné une chronologie des faits au sujet de la contamination par des salmonelles de produits infantiles issus de l’usine de Craon depuis le 1er décembre. Il a également renouvelé ses excuses auprès des parents, évoquant qu’au cœur de l’entreprise, « nous sommes tous des parents ou des grands-parents ».

Il n’a pas donné de date de remise en route de l’usine de Craon. Il s’est voulu rassurant auprès des producteurs de lait dont la collecte n’a pas cessé, expliquant : «Ce dossier est très difficile pour notre groupe». «J’ai plus de 28 ans d’ancienneté dans ce groupe et je n’ai jamais vu cela», a-t-il déclaré. Pour l'heure, à sa connaissance, sur la trentaine de pays hormis la France où il y a eu des retraits de lots, aucun cas de salmonelle sur des nourrissons en lien avec la consommation de produits infantiles du groupe n'a été rapporté.

Bruno Le Maire annonce des contrôles électroniques systématiques en caisse

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a annoncé le 11 janvier qu’à l’avenir, «un contrôle électronique systématique en caisse» permettra de «garantir qu’aucune boîte de produits infantiles» du groupe Lactalis, issue de l’usine de Craon et contaminée par des salmonelles, ne sera vendue. En effet, plusieurs distributeurs (Auchan, Intermarché, E. Leclerc, Cora, etc) ont reconnu le 10 janvier avoir vendus des produits infantiles qui étaient inscrits sur la liste des produits à retirer de la vente, définie par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) et le groupe Lactalis lui-même.

Face à cela, Bruno Le Maire et Stéphane Travert ont choisi de réunir les distributeurs le 11 janvier. Ces derniers se sont engagés, selon Bruno Le Maire, à «sensibiliser chacun des directeurs de magasin pour qu’ils examinent leur stock» et qu’ils gèrent «de manière adéquat les retours des boîtes suspectes». Quant à Stéphane Travert, il a «lancé un appel aux consommateurs» afin qu’ils vérifient si les produits infantiles achetés «pourraient faire l’objet d’un retour».

Affaire Lactalis : Stéphane Travert dénonce les 'dysfonctionnements majeurs'

Lors de la conférence du salon de l'agriculture, le 11 janvier, Stéphane Travert a dénoncé les "dysfonctionnements majeurs" et "les défaillances constatées" dans les procédures de retrait des laits infantiles de Lactilis. "Je fais appel à la responsabilité de tous les professionnels", a-t-il lancé. Le ministre de l'Agriculture a expliqué que les pouvoirs publics ont demandé le retrait de tous les produits et que l'usine de Craon est arrêtée depuis le 9 décembre. Une enquête judiciaire est en cours sur le site.

"L'usine ne repartira pas tant que les services vétérinaires n'auront pas identifié la source de la contamination", a-t-il dit. Il a aussi indiqué que le ministère de la Santé est en train de recenser les nourrissons qui ont été affectés.

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