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Le monde de l’asperge à Angers

Les 29 et 30 octobre, Angers accueillait près de 2 000 visiteurs lors de la 3e édition des International Asparagus Day

Thierry Picaud, président fondateur de Medinbio
Thierry Picaud, président fondateur de Medinbio
© AA

Angers est devenu la capitale mondiale de l’asperge à l’occasion de la 3e édition des
International Asparagus Days. Cet évènement qui regroupait 80 exposants, dont la moitié d’étrangers, faisait également la part belle aux démonstrations indoor et visites techniques. Pour Christian Befve, spécialiste mondial de l’asperge et fondateur du salon, « cet événement est l’occasion de faire le point sur les principaux enjeux de la filière dont l’évolution des techniques de production pour répondre aux attentes sociétales (réduction de l’utilisation des pesticides et de la disponibilité de la ressource en eau), la nécessaire croissance de la consommation des jeunes adultes mais également la mécanisation des travaux pour réduire la pénibilité du travail ».

Une approche système nécessaire
Maintenir des rendements élevés et une qualité de production sans faire appel à la chimie, c’est ce que Thierry Picaud, président fondateur de Medinbio tente de développer. Selon lui, « pour arriver à un niveau de protection équivalent à un pesticide, il faut combiner des actions au niveau de la nutrition de la plante (microorganismes associés à des prébiotiques), de la stimulation de son système immunitaire (SDN) et adopter un programme d’interventions avec des substances naturelles ciblées ». En asperge, plusieurs solutions sont développées pour lutter contre les problématiques fongique “tellurique”, du stemphylium et la gestion des criocères. « Sur ce dernier ravageur nous préconisons une application en soirée, de nématodes sélectionnés pour leur robustesse auxquels nous ajoutons une solution réhydratante pour allonger leur durée de vie », précise Thierry Picaud. Cet approche système est encore au stade exploratoire car toute la complexité est de trouver les bons moyens de lutte et le bon timing d’action. Reste aussi à évaluer un point important, le coût d’une telle protection.

Gain de productivité et mécanisation
La main-d’œuvre, notamment pour la récolte, représente une part importante du coût de production de l’asperge. Pour gagner en productivité, les producteurs ont fait évoluer leurs pratiques : plus grande densité de plantation, choix de nouvelles variétés, élargissement des inter-rangs, utilisation du bâchage. Les dernières évolutions tendent à faciliter le travail de récolte en soulevant et reposant la bâche pour limiter le travail du cueilleur aux gestes de récolte. Il sert aussi au transport des caisses de récolte permettant de réduire la pénibilité. Parmi les évolutions présentées, la récolte de nuit. Pour Luis San Jose, producteur en Espagne, « la récolte de nuit présente de nombreux avantages comme la fraîcheur et la qualité de l’asperge notamment en raison d’un conditionnement dès l’aube. Cela  permet aussi de mieux gérer la commercialisation, car les volumes récoltés sont connus très tôt le matin ». Quelques exploitations françaises testent ces nouveaux horaires avec des salariés étrangers. Les résultats commerciaux sont bons, mais encore faut-il trouver une équipe de salariés acceptant le travail de nuit...

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