L'Anjou Agricole 08 janvier 2020 à 08h00 | Par Romain Devaux

Le préfet favorable au stockage de l'eau hivernale

Lors de sa visite du Gaec de la Clergerie, lundi 6 janvier, le préfet du Maine-et-Loire, René Bidal, s'est montré à l'écoute des élus du monde agricole.

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Le premier déplacement du préfet du Maine-et-Loire dans les Mauges a débuté par la visite d'une exploitation agricole. Lundi 6 janvier, René Bidal a découvert le Gaec de la Clergerie, à La Chapelle-Saint-Florent. Cette rencontre était organisée par Mauges communauté.
Les 3 associés, Vincent, Clément, Samuel Pineau (fils, père et cousin) élèvent des charolaises en système naisseur engraisseur, avec 140 vêlages/an. La ferme produit aussi des oeufs Label Rouge.  Le tout sur 206 hectares. Cette exploitation des Mauges illustre bien les différentes problématiques  du territoire.

Stocker l'eau hivernale
L'un des atouts du Gaec est l'irrigation. Les 2 îlots de cultures  ont des réserves d'eau. L'une de 40 000 l et l'autre de 28 000 l. « Elles nous garantissent des fourrages pour les animaux », explique Clément Pineau. Cette année, l'irrigation a permis de préserver les maïs, pendant la sécheresse. Et même, malgré l'eau apportée, les rendements sont à la baisse : « un tiers de moins par rapport à l'an dernier. » En cause, les coups de chaleur.
Dans le secteur des Mauges, on a enregistré 650 mm de précipitations, « 300 mm sont tombés les 3 derniers mois de l'année », souligne Pascal Gallard, vice-président de la Chambre d'agriculture. Face au changement climatique et aux sécheresses de plus en plus fréquentes, le stockage d'eau hivernale est devenu primordial, selon les professionnels agricoles. Une position partagée par le préfet du Maine-et-Loire. « Je suis favorable à la création de réserves de substitution pour stocker l'eau hivernale, a souligné René Bidal. A condition qu'elles soient isolées de leur milieu, et qu'elles répondent à une logique d'exploitation intelligemmenent remembrée. »
Le préfet a conscience de l'enjeu de l'eau sur le territoire. C'est pour cette raison qu'il a décidé de faire du comité de l'eau « une instance stratégique départementale ». Auparavant, le comité départemental de l'eau ne se réunissait, généralement, qu'en situation de crise. Dorénavant, le comité se réunira une fois tous les 2 mois. Ce comité lui semble « un bon niveau de discussion » avec l'ensemble des acteurs. « Il nous permettra de discuter des problématiques et des enjeux autour de l'eau, qu'ils soient quantitatifs ou qualitatifs. Pour ensuite prendre des décisions. » Le prochain comité se tiendra le 28 janvier.

Maintenir l'élevage en viande bovine
Autre enjeu dans les Mauges comme en Maine-et-Loire : le maintien de l'élevage en viande bovine. « Les effectifs sont en baisse. En 2019, nous comptabilisons 11 000 bovins viande en moins par rapport à 2018... », souligne Pascal
Gallard, élu de la Chambre d'agriculture. L'installation, qui demande un fort investissement, est à la peine dans le secteur. « Lors des 5 dernières CDOA, nous n'avons eu qu'un seul dossier d'installation en viande bovine », s'inquiète Pascal Gallard.  Autre exemple : au Gaec de la Clergerie, Vincent Pineau va partir à la retraite à la fin de l'année. La ferme est inscrite depuis un an au répertoire départ installation. « Nous n'avons eu aucun coup de fil... », regrette Clément Pineau. Et Clément Traineau, élu JA 49, d'ajouter : « aujourd'hui, pour 3 départs à la retraite, seulement un jeune s'installe ».

Les sangliers de plus en plus nombreux
Les élus agriculteurs ont aussi discuté avec le représentant de l'état de l'intérêt de l'entretien des coteaux. L'assolement du Gaec comprend 55 hectares de coteaux. « Pour les entretenir, je suis obligé, à certains endroits, de passer le broyeur », note Clément Pineau. Sinon, les coteaux deviennent des friches et les sangliers prolifèrent. Un constat partagé par l'ensemble des élus présents. « Depuis 15 ans que je suis installée dans le secteur, je n'avais jamais vu des groupes de sangliers aussi nombreux. On en voit tous les jours », constate Anne-Marie Poupard, élue de la Chambre d'agriculture. Et les dégâts sont majeurs. « Hier, j'ai participé à une battue  parce qu'ils avaient complétement labouré des prairies », relate Clément Pineau. 
à l'issue de la visite, René Bidal a rappelé que l'agriculture demeurait une nécessité. « Il faudra bien nourrir toutes les populations. Face aux évolutions, je fais confiance aux agriculteurs pour adapter leurs pratiques et leurs techniques de production dans le bon sens. »

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La réduction des produits phytosanitaires est un combat de tous les jours. Tout le monde doit travailler main dans la main, et il est primordial de penser et d’agir de manière systémique,

a dit Benoit Jeannequin, de l’Inrae, lors du colloque sur les cultures spécialisées économes en phytosanitaires, jeudi 16 janvier à Angers.

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