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Les producteurs de viande bovine font plier Carrefour

Après le lait, la viande... La FNB a réussi mercredi à obtenir un accord avec Carrefour qui devrait conduire à une meilleure rémunération des producteurs, après une série d’actions organisées devant des magasins de l’enseigne.

Jérémy Decerle président des JA (au micro) est venu apporter son soutien à l’action de la FNB.
Jérémy Decerle président des JA (au micro) est venu apporter son soutien à l’action de la FNB.
© ACTUAGRI

Après Lactalis, Carrefour a été ces derniers jours dans le viseur des producteurs de viande bovine. Pour dénoncer des prix inférieurs à leurs coûts de production, les éleveurs allaitants, à travers la Fédération nationale bovine (FNB), ont mené depuis le début de semaine plusieurs opérations coup de poing chez le distributeur à l’enseigne fléchée, leader sur le marché viande au niveau national.
« Cette action s’inscrit dans une action globale. On est au bout d’un système qui veut du toujours moins cher au détriment de la qualité », dénonce Pierre Vaugarny, secrétaire général de la FNB, notamment présent dans un magasin Carrefour de Paris ce mercredi 7 septembre. À l’issue d’une réunion de trois heures avec des représentants de Carrefour, dont le PDG Georges Plassat, la FNB a annoncé avoir conclu un accord avec le distributeur, ouvrant ainsi une "nouvelle ère" pour les éleveurs. « L’intégralité des demandes de la FNB a été acceptée par le groupe Carrefour », a déclaré son président Jean-Pierre Fleury.

Victoire historique
« Aujourd’hui, pour nos produits cœur de gamme, Carrefour nous paie aux alentours de 3,60-
3,70 euros le kilo alors que nos coûts de production équivalent à 4,50 euros », précisait un manifestant. « L’exemple de Système U nous prouve que c’est possible, en augmentant de quelques centimes seulement le prix au consommateur », fait remarquer un autre producteur. Pour rappel, Système U s’est engagé, en accord avec la FNB, à revaloriser les races à viande de l’ordre d’un euro par kilo, en tenant compte de l’évolution des coûts de production. « On est en train de parler d’une revalorisation équivalente à 400-500 euros par animal. Ce n’est pas une plaisanterie », souligne Pierre Vaugarny. Venu apporter son soutien au mouvement, Jérémy Decerle, le nouveau président des Jeunes agriculteurs (JA) fait le même constat : « ça nous semblait important que JA et la FNSEA soutiennent cette action, dans la lignée de Lactalis. Ils ne jouent pas le jeu car ils ne prennent pas en compte la problématique des éleveurs ». Mercredi, Carrefour a donc plié. L’enseigne s’est engagée à présenter dans les rayons de tous ses magasins au moins 50 % de “cœur de gamme ”, autrement dit de la viande provenant de bovins spécifiquement élevés pour leur viande et pas des vaches « de réforme », a expliqué Jean-Pierre Fleury. Carrefour a aussi accepté de définir la rémunération des éleveurs en fonction de leurs coûts de production. Le prix de la viande, qui n’est pas divulgué, sera révisé trimestriellement sur la base de ces coûts. Des réunions de suivi des volumes engagés seront tenues mensuellement. « Ça, c’est historique, cela ne s’était jamais fait jusqu’à ce jour avec une enseigne », s’est réjoui Jean-Pierre Fleury, qui espère « une application dès la semaine prochaine ».

 

 

Plus d'informations dans l'Anjou agricole du 9 septembre 2016.

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