L'Anjou Agricole 18 février 2020 à 08h00 | Par AA

Maire-agriculteur, pour renforcer le dialogue

Traditionnellement, les agriculteurs ont une implication très forte dans les communes rurales. Si cette tendance décline, les élus agriculteurs permettent de faciliter le dialogue entre des concitoyens qui, parfois, ne se comprennent plus.

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Jean-Pierre Beaudoin dans son exploitation, conduite en agriculture de conservation. Il est adjoint à la mairie de Jarzé-Villages, avec Elisabeth Marquet en tant que maire.
Jean-Pierre Beaudoin dans son exploitation, conduite en agriculture de conservation. Il est adjoint à la mairie de Jarzé-Villages, avec Elisabeth Marquet en tant que maire. - © AA

Au fil du temps, le lien entre les agriculteurs et les Français s’est distendu. La communication, les échanges entre les agriculteurs et leurs concitoyens sont devenus un facteur clé du vivre ensemble pour comprendre les besoins des uns et les attentes des autres.


Un rôle de messager
« Le poids en tant qu’élu, on l’a dans le message qu’on porte », confirme Jean-Pierre Beaudoin, maire-agriculteur de la petite commune de Chaumont d’Anjou, et adjoint à la mairie de Jarzé-Villages. élu depuis 1983, installé depuis 1978, il tente de défendre l’agriculture « chaque fois que l’occasion se présente ». Si les maires n’ont pas vocation à favoriser l’agriculture sur le territoire, certaines actions peuvent être réalisées. « Au cours d’un mandat, il n’y a pas énormément de dossiers agricoles à gérer, confie élisabeth Marquet, maire de Jarzé-Villages et conjointe d’agriculteur, mais s’il y a un moment où on peut avoir un rôle à jouer, c’est lors de l’élaboration du Plu (Plan local d’urbanisme) ».
Le message qu’un maire porte est souvent entendu, les maires étant les élus les plus appréciés des Français. « Quand on a entendu parler des ZNT, des phytos et autres, je ne suis pas resté sans voix. Je suis allé voir les non agriculteurs, les nouveaux ruraux, pour leur témoigner de la réalité du terrain », explique Jean-Pierre Beaudoin. De la pédagogie, en somme, nécessaire dans un climat bien souvent délétère.


Un désengagement
« L’agriculteur en politique devient une espèce rare. Il y a beaucoup plus de travail qu’avant sur l’exploitation, les gens n’ont plus le temps », témoigne Elisabeth Marquet. Jean-Pierre Beaudoin estime, de son côté, que « l’engagement de manière générale décline ». Pour lui, qui est en agriculture de conservation sur 200 ha, « l’emploi du temps n’est pas toujours évident à concilier. Il faut savoir déléguer et bien s’entourer. Avant, j’avais de l’élevage, c’était du sport de concilier les deux ». Même son de cloche pour Elisabeth Marquet, qui peut cependant s’appuyer sur son mari, son fils et son gendre sur l’exploitation. Elle regrette la faible implication des agriculteurs, mais également des femmes. « Etre une femme agricultrice c’est pas toujours évident, et être une femme élue non plus. Quand j’ai été élue maire à Echemiré, à 28 ans, j’entendais beaucoup de gens qui considéraient que je devrais plutôt m’occuper de mes 3 enfants ». Et pourtant, 31 ans plus tard, élisabeth Marquet se représente à Jarzé-Villages, avec Jean-Pierre Beaudoin en tant qu’adjoint. L’élection ne devrait pas poser de problèmes, puisqu’aucune liste concurrente n’a, à ce jour, été enregistrée. « La démocratie y perd », déplorent les élus.

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