Levez le pied

Marc Delacroix est vétérinaire praticien dans la Loire. Le pied, en pathologie bovine, a longtemps été le parent pauvre dans les écoles vétérinaires, alors qu’il constitue un organe majeur de la santé de la vache, déplore le praticien. Disciple du vétérinaire Hollandais Egbert Toussaint-Raven, dont les travaux de recherche sont à l’origine de la mise au point du parage fonctionnel, il consacre un tiers de son temps de travail à la formation des pareurs professionnels et à la sensibilisation des éleveurs à la détection précoce des boiteries.
Quelle est l’importance de la boiterie ?
La fréquence des troubles locomoteurs chez les vaches laitières est en augmentation ces dernières
années : en moyenne 10,9 cas pour 100 vaches présentes 365 jours et 25-30 cas pour 100 vaches à un instant donné. Cette cause de réforme prématurée représente une perte économique importante sur les exploitations.

« Il y a longtemps que j’attendais une formation de ce type, car parfois les savoir-faire transmis de génération en génération ont leurs limites... Je me sens à présent armé pour détecter les causes de boiteries dans mon troupeau grâce à cet enseignement pratique, inspiré des dernières recherches. Nous sommes un groupe limité à dix stagiaires et la formation se déroule en quatre jours non-consécutifs. Cela permet de ne pas être complètement absent de l’exploitation et surtout de commencer à met - © Estelle Dauphin
Quelles sont les causes de l’augmentation des boiteries en élevage laitier ?
Il s’agit d’une pathologie multi-factorielle liée à l’intensification de la production laitière et à l’évolution des modes de logement (en particulier le développement des logements en logettes et en aire paillée non accumulée), aux systèmes d’alimentation, à la charge de travail des exploitants. Cette dernière induit une baisse de la qualité des soins aux animaux boiteux. Enfin les regroupements de troupeaux favorisent l’introduction puis la dissémination des maladies à composante infectieuse.
Quel est le seuil d’alerte ?
Au-delà de 15 % de boiteries dans un élevage, il importe de faire intervenir un pareur pour « lire » les lésions des sabots, car ils en disent long sur la santé de la vache au cours des derniers mois. Il faut aussi réaliser une investigation globale sur l’alimentation, la posture des vaches et l’aménagement global du bâtiment. Les maladies infectieuses réglementées telles que l’IBR et la BVD peuvent également avoir une incidence sur les pattes.
Quel est l’objectif de la formation des éleveurs ?
L’objectif est d’abord d’aiguiser l’œil de l’éleveur afin qu’il détecte les signaux précurseurs à la boiterie : dos rond, jarrets serrés, qui peuvent se manifester plusieurs semaines avant. A l’issue de la formation, il doit être affranchi sur le levage du pied et capable d’analyser ce qui se passe sous le sabot, afin d’y remédier de façon adaptée ; on ne traite pas une fourbure, un fourchet ou une maladie de Mortellaro de la même manière. Enfin, les stagiaires apprennent les gestes de base du parage fonctionnel de façon à intervenir en cas d’urgence.
L’antibiotique est-il le remède miracle en matière de boiterie ?
Les antibiotiques sont efficaces en cas de panaris, encore faut-il poser le bon diagnostic. D’une manière générale, le traitement antibiotique reste une solution marginale dans les cas de boiterie. Il faut arrêter les excès et regarder ce qui se passe sous le pied.
A savoir :
La vache, contrairement à d’autres espèces, est tolérante plusieurs mois face à des conditions d’élevage inadaptées, c’est pourquoi il est plus difficile de détecter les causes directes et d’y remédier.
La boiterie est rarement due à un corps étranger. La vache crée sa propre maladie entre les onglons (limace, cerise..) en raison d’un stress, de l’alimentation ou du bâtiment, et l’environnement extérieur amplifie la lésion qui devient un terrain d’accueil pour les bactéries infectieuses.
Pareur, un métier rude mais passionnant
Marc Delacroix est également formateur au CFPPA Le Rheu, à Rennes. Il anime une formation pour adulte d’une durée d’un an avec en moyenne une semaine de théorie par mois et se bat pour rendre ce parcours diplômant. La profession commence timidement à se féminiser, car bien que les conditions de travail soient pénibles, ce qui compte n’est pas la force mais la précision du geste ainsi que des outils aiguisés et une bonne ergonomie de travail (cage de contention automatisée).
On a longtemps négligé le pied des bovins et il y a un travail de sensibilisation énorme à faire sur le terrain, ce qui rend le métier passionnant.
Vos réactions
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bonjour et tous mes remeciments pour ses informations.
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bonjour. j'ai une vache qui boite la jambe de dérière,quelle traitement dois-je faire? Recevez tous mes sincères remerciements.
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bonsoir , fait apel a un pedicure bovin ou ton veterinaire
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