L'Anjou Agricole 17 septembre 2020 à 09h00 | Par AA

Plus de confort et de revenu

Au Gaec du Bois Méry, les chèvres ont définitivement remplacé les vaches depuis mars 2019. La conversion a demandé du temps, de l’accompagnement et des investissements.

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Les premières chevrettes du troupeau sont issus de Chevrettes de France. Un investissement élevé au départ mais que les éleveurs ne regrettent pas. Maintenant que le troupeau a atteint son objectif de taille, le Gaec vend 300 chevrettes de 30 jours à la société spécialisée en génétique caprine. Le prix : 85 € par chevrette.
Les premières chevrettes du troupeau sont issus de Chevrettes de France. Un investissement élevé au départ mais que les éleveurs ne regrettent pas. Maintenant que le troupeau a atteint son objectif de taille, le Gaec vend 300 chevrettes de 30 jours à la société spécialisée en génétique caprine. Le prix : 85 € par chevrette. - © AA

Aucun regret. Un sentiment partagé par Bernadette, Jean-Luc, Marjorie et Matthieu Girard du Gaec du Bois Méry qui ont changé de production. Depuis 2019, les 90 jersiaises croisées hostein ont laissé place à 750  chèvres alpines. « Notre revenu  a augmenté », constate Jean-Luc Girard. « Cela a permis d’embaucher de la main-d’œuvre supplémentaire. »
Aujourd’hui, l’exploitation de Dénezé-sous-Doué produit 680 000  litres de lait de chèvre. Mais pour en arriver là, les 2 couples n’ont pas chômé...
En 2013, avec un CS caprin en poche, Mathieu Girard a rejoint l’exploitation de ses parents, Bernadette et Jean-Luc. « A l’époque, la filière laitière caprine sortait à peine de la crise », explique Matthieu Girard. Impossible de créer un atelier caprin sur l’exploitation. En 2015,  l’idée refait surface quand sa femme, Marjorie Girard, souhaite rejoindre l’exploitation.  
« Je ne me voyais pas élever des vaches, confie la jeune femme travaillant avant dans le domaine du végétal. La chèvre est plus facile à manipuler. J’apprécie son caractère. »

Une prime à l’installation
Pour mener à bien cette conversion, le Gaec a rejoint la coopérative Agrial. « Elle nous a accompagnés dans la construction de tout notre projet  », souligne Jean-Luc Girard. L’entreprise a bénéficié d’une aide financière pendant les 3 premières années.
« La première année, le lait était payé 20 euros de plus pour 1 000 l produits. La 2e année,
10 euros de plus et la 3e, 5 euros de plus. Cette prime est plafonnée à 400 000 l. », précise Matthieu Girard. La coopérative continue son soutien : « un technicien passe sur l’exploitation régulièrement », note Jean-Luc Girard.
Les premières chevrettes sont arrivées en 2016 et la première traite a eu lieu en septembre 2017. Jusqu’en mars 2019, les éleveurs du Gaec ont dû assurer les 2 traites : vaches et chèvres.
La première année, les chevrettes, achetées auprès de Chevrettes de France, étaient en “pépinière Agrial” sur l’exploitation. C’est-à-dire ? « Elles appartenaient à Chevrettes de France. » Les 2 premiers mois, un technicien venait toutes les semaines pour le suivi du jeune troupeau. « C’est seulement au bout d’un an qu’on a acheté les animaux. »
Pour l’alimentation des chèvres, « nous nous sommes appuyés sur l’existant : le potentiel de nos terres. » Sur les 100 hectares, 40 sont consacrés à l’alimentation du troupeau. « Pour nos vaches, nous produisions du maïs ensilage et du ray grass d’Italie en enrubannage. Nous souhaitions garder le même système pour les chèvres. »
Autre particularité : l’élevage est conduit de manière désaisonnée. Grâce à un travail sur la lumière (16 h de lumière dans le bâtiment pendant 3 mois), les chèvres sont mises à la reproduction en avril : 50 % en IA - 50 % en saillies naturelles. La mise bas se déroule en septembre. En plus de la plus-value sur le prix du lait, les éleveurs apprécient le désaisonnement pour les conditions de travail. « Début juillet, toutes les chèvres sont taries. » Résultat : pas de traite de l’été. L’élevage caprin a changé le rythme de vie des associés. Le temps de travail est le même mais s’organise de manière différente. « Avec les vaches, mise en repro, vêlages... on fait de tout toute l’année. » Avec les chèvres, les tâches sont davantage regroupées. Même si les manipulations sont démultipliées par le nombre d’animaux : « quand on fait quelque chose, on ne fait que ça. On est concentré sur notre tâche », estime Jean-Luc Girard.

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