L'Anjou Agricole 03 novembre 2020 à 10h00 | Par AA

Produire de la viande et soulager l’environnement

Sur l’exploitation de Benoît Huntzinger, l’environnement est au cœur de toutes les démarches. Ainsi, l’éleveur de Chemillé-en-Anjou fait partie des 170 fermes innovantes du projet européen Life Beef Carbon.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © AA

Life Beef Carbon est un projet, piloté par l’Idele, visant à développer une stratégie bas carbone pour la filière viande bovine. « L’idée, c’est d’effectuer des bilans sur nos fermes innovantes, puis de cibler des actions qui peuvent être mises en place pour améliorer leur bilan carbone. Enfin, nous mesurons l’efficacité de ces mesures. Cela est fait en utilisant le diagnostic Cap’2ER », détaille Christophe Grosbois, chargé de mission viande bovine à la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Pour rappel, la consommation de viande bovine représente 5 % de l’empreinte carbone d’un Français. Après application de plans carbone sur les exploitations, celles-ci ont vu leur empreinte diminuer de 12 %.


Autonomie
La Ferme des Blottières, menée par Benoît et Marine Huntzinger depuis 2018, s’étend dans un cadre bocager verdoyant et dense. 75 ha, dont 65 en prairies, permettent de nourrir en autonomie les 70 moutons de Belle-île et les 50 limousines. Ferme bio, 95 % de la production est vendue en direct. Avec trois obsessions : l’autonomie, la viabilité et la préservation de l’environnement. « J’étais banquier avant de m’installer. Et ce que j’ai observé sur le terrain, c’est que les fermes les plus rentables étaient également les plus autonomes », détaille Benoît Huntzinger. « Et les fermes autonomes ont souvent un meilleur bilan environnemental », complète Christophe Grosbois. Ainsi, participer au projet Life Beef Carbon paraissait évident pour l’éleveur. « Il y a le savoir-faire, et le faire savoir. Aujourd’hui, il faut clamer haut et fort que non, l’élevage bovin allaitant n’est pas polluant, en extensif, et qu’il permet énormément de bénéfices ». Une prairie stocke 0,6 téqCO2/an/ha, et 1 km de haie stocke 1,25 téqCO2/an.


Changer de systèmes
Sur la Ferme des Blottières, ce ne sont pas moins de 15 km de haies qui délimitent les parcelles. Et bientôt, ce seront 7 mares que va creuser Benoît Huntzinger qui s’ajouteront aux nombreux refuges pour la biodiversité. « Nous souhaitions aller plus loin que la bio, sur la biodiversité, la qualité de l’eau, de l’air... », énumère l’éleveur, qui espère que la prochaine Pac permettra d’aller encore plus loin dans la protection de l’environnement. « Il faut faire évoluer les anciens systèmes, et aller vers un élevage plus vertueux. La nature est bien faite, il faut lui laisser la possibilité de s’exprimer », résume Benoît Huntzinger. « Ce qui est intéressant sur cette exploitation, et sur Life Beef Carbon en général, c’est qu’on montre qu’ambition environnementale et santé économique vont de pair », conclut Christophe Grosbois.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Anjou Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

la phrase de la semaine

Tout doit être mis en oeuvre pour éviter une crise dans la filière lait bio. Si elle survenait, le lait bio non valorisé serait déclassé et viendrait, par effet domino, déstabilisé le marché du lait conventionnel.

avertit Jacques Mousseau, président de la section agriculture biologique de la FRSEA Pays de la Loire, dans un communiqué du 26 novembre.

Le chiffre de la semaine
6 millions
de sapins de Noël sont vendus chaque année en France, dont 80 % sont issus de la production française.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 19 unes régionales aujourd'hui