L'Anjou Agricole 17 septembre 2020 à 11h00 | Par AA

Si l’histoire de la chaux m’était contée...

Ce week-end, lors des journées européennes du patrimoine, partez en Anjou bleu à la découverte des fours à chaux de la Veurière, classés monument historique depuis 1980.

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Le saviez-vous ? En 1860, le préfet du Maine-et-Loire recensait 15 fours à chaux dans la région de Vern-d’Anjou, à Angrie. 400 ouvriers y travaillaient à pied d’œuvre ! à Angrie, les fours à chaux de la Veurière sont les témoins de cette époque. à son apogée, la Veurière produisait entre 8 000 et 32 000 barriques par an.
Construit au début du XIXe siècle, l’édifice est colossal. Les fours comptent trois grosses unités. Chaque unité mesure 12 mètres de haut pour un diamètre de plus de 5 mètres. L’ensemble du bâti s’élève à 15 mètres du sol et s’étend avec sa rampe d’accès sur plus de 150 mètres de longueur.
« C’est à partir de 1830, que l’industrie chaufournière connaît son essor », explique Jean-Yves Rondeau, propriétaire des lieux. La chaux est utilisée dans la construction mais aussi en agriculture. « Dans le Maine-et-Loire, c’est à cette époque que la chaux commence à être utilisé comme amendement  calcaire. » Elle améliore les sols pauvres de la région. La clientèle était essentiellement locale. Situés au carrefour de 2 axes importants (l’axe reliant Candé au Lion-d’Angers et celui reliant Segré au Louroux Béconnais), « les fours étaient faciles d’accès. »

La vie se construit autour des fours
Au XIXe siècle, les moyens de locomotion demeurent réduits et la centaine d’employés vivent sur place. « Casser les pierres, les déverser, alimenter, allumer le four de 250 m3... Il fallait du monde », raconte Jean-Yves Rondeau. L’industrie chaufournière ne fonctionne qu’à l’aide des chevaux. Forgeron, palefrenier, maréchal-ferrant... Un véritable petit village se construit aux alentours des fours.
« Une chapelle a même été édifiée. Elle peut accueillir 80 personnes. On y faisait l’office. »
Et puis, à la fin du XIXe siècle, l’activité des fours de la Veurière décline. « Un coût de l’énergie trop élevé, un procédé industriel obsolète avec un coût du personnel trop onéreux... On ne connaît pas exactement les raisons de l’arrêt des fours de la Veurière. » Est-ce lié à la mise en liquidation des Mines de Montrelais, en 1911, unique fournisseur de charbon de cuisson pour le calcaire ? Une certitude : les fours ne repartiront pas après la première guerre mondiale...

 

Pratique
Lors des journées du patrimoine, ouverture des lieux samedi 19 et dimanche 20 septembre 2020, de 15 h à 19 h. Découverte des grands fours Sainte-Anne dans leurs parties basses et hautes, visite des bâtiments annexes dont le logis du régisseur ainsi que de la carrière de calcaire-marbre.
Projection d’une vidéo à mi-parcours présentant une activité chaufournière artisanale contemporaine. Possibilité de visite libre de la chapelle Saint-Joseph (non restaurée) et des fours Saint-Pierre distants de 800 m par le chemin de randonnée longeant les 3 grandes carrières inondées.
Tarif : 2 € par visiteur adulte (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans) au profit de l’Association ‘’Les Amis de La Veurière’’. Contact : 06 72 92 20 63

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