L'Anjou Agricole 05 août 2020 à 15h00 | Par AA

Un exosquelette pour soulager la traite

Au Gaec de l’Espérance, à Saint-Germain-des-Prés, Norbert Brun a fait l’acquisition d’un exosquelette afin de l’assister lors de sa traite quotidienne.

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Les griffes représentent un poids non négligeable pour l’éleveur, et la répétition de cette tâche peut s’avérer usante.
Les griffes représentent un poids non négligeable pour l’éleveur, et la répétition de cette tâche peut s’avérer usante. - © AA

75 000, c’est le nombre de fois  par an que Norbert Brun effectue le même mouvement pour la traite de ses vaches laitières. Résultat, à 43 ans, il a commencé à ressentir des douleurs dans les épaules. « Il me reste encore 20 ans, je ne voulais pas terminer en vrac », constate l’agriculteur. Ainsi, il a fait le choix d’investir dans un exosquelette.

Soulager ses épaules
Au Gaec de l’Espérance, ce sont 110 prim’holstein qui sont à la traite, produisant 1 100 000 litres de lait. Installé en 1999 avec Philippe Belliard, à la suite de ses parents, Norbert Brun est un passionné d’élevage et de génétique. En témoignent les nombreuses récompenses reçues lors des différents concours de la région. Cependant, pas question pour lui de « s’abîmer la santé ». La salle de traite, achetée en 2014, est en 2x10 de type Johanna. Pour soulager les épaules de Norbert Brun, c’était soit un robot, soit l’exosquelette.
« J’aime la traite, cela ne me dérange pas du tout. Le coût d’un robot étant ce qu’il est, on a décidé d’investir dans l’exosquelette », détaille l’éleveur. Cet exosquelette lui a été fourni par Godin Frères. Et il est le premier à l’avoir acheté dans le département. « En général, on fait essayer des griffes légères et l’exosquelette. Si l’agriculteur ne veut pas modifier sa salle de traite, cela peut être une bonne solution d’aide, surtout après une opération », développe Ludovic Bellanger, responsable élevage chez Godin Frères. D’un poids de 2,7 kg, la charge utile est de 4 kg par bras. « Ce n’est pas un produit miracle, mais cela permet de soulager les agriculteurs ». Composée de lames en carbone et de câbles en Inox, le SkelEx350 (c’est son petit nom) a une grande durée de vie. « Tout est mécanique, les pièces se changent facilement ! », témoigne Norbert Brun.

Un temps d’adaptation au départ
Pour l’éleveur, l’appareil ne permet pas de gagner du temps, mais du confort. « Je mets environ 1 h 20 par traite. L’exosquelette accompagne tous mes mouvements, et cela m’évite de fatiguer ». La première fois que Norbert Brun a entendu parler de ce dispositif, c’était dans un reportage sur les usines de construction d’automobiles. D’un coût de 5 500 € (formation incluse), cet outil est particulièrement utile lorsqu’il s’agit de « répéter de nombreuses fois le même geste. Cependant, cela ne peut servir que pour la traite, une autre utilisation serait contre-productive », détaille l’éleveur. « On essaie de développer d’autres modèles qui pourraient être utilisés dans d’autres domaines », complète Ludovic Bellanger. « Cet outil est très utilisé dans l’industrie, avec plusieurs milliers d’exemplaires vendus. Dans le monde agricole, on doit en avoir une dizaine en France », poursuit-il. L’exosquelette, commercialisé par Gobio Technologies, demande beaucoup de temps au réglage, afin de trouver la disposition adéquate. Du côté du Gaec de l’espérance, cela fait 2 mois qu’il est utilisé et qu’il apporte entière satisfaction.

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