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Une meilleure valorisation en bio

A Daumeray, l’élevage de limousines de la famille Davy est en conversion bio depuis mai 2019. L’exploitation déjà basée sur un système herbager, a décidé d’arrêter la production de taurillons pour engraisser des bœufs.

Hugo Davy est associé avec ses parents à Daumeray. 
Le Gaec vient tout juste de ramener tous les animaux en bâtiment parce que l’élevage va rentrer en période de 
reproduction.
Hugo Davy est associé avec ses parents à Daumeray.
Le Gaec vient tout juste de ramener tous les animaux en bâtiment parce que l’élevage va rentrer en période de
reproduction.
© AA

Hugo Davy est installé depuis le 1er février 2019 à Daumeray. Après un BTS Acse, une licence banque et assurance et 3 ans de salariat au Ged 49, il a rejoint l’exploitation familiale. Avec ses parents, Dominique et Fabienne Davy, l’agriculteur élève des limousines sur 210 hectares. à partir du 21 novembre, les agriculteurs produiront aussi des œufs bio avec la coopérative des Fermiers de Loué.

Le Gaec est en conversion bio depuis mai 2019. Ce changement s’est fait « par conviction », note le jeune homme de 26 ans. Dans un marché de la viande très compliqué, « la qualification bio est aujourd’hui mieux perçue par les consommateurs », souligne l’éleveur qui espère tirer son épingle du jeu.

120 à 90 vêlages

La conversion entraîne un changement majeur sur le troupeau : l’arrêt de l’engraissement des JB. « A la place des 50 taurillons vendus par an, nous allons produire des bœufs. » A terme, le Gaec commercialisera 30 bœufs à l’année. « Les premiers bœufs ont été castrés en juillet pour être vendus à l’âge de 30 mois en bio. » Pour cela, le nombre de vêlages va baisser, passant de 120 à 90 avec 30 % de renouvellement. « C’est l’objectif que nous nous sommes fixé d’ici 2 ans. » Avec cette nouvelle organisation, le nombre d’animaux sur l’exploitation ne changera pas. Basé sur un système herbager, le troupeau avant la conversion était déjà en autonomie alimentaire. Exception faite pour la finition des taurillons. « On achetait du tourteau de soja. » Sur les 210 hectares, 100 hectares sont consacrés à l’herbe. Que ce soit pour du pâturage ou du foin. En général, tous les bovins sont au pâturage du 15 mars au 15 novembre. Les associés pratiquent le pâturage tournant. « Les animaux changent de paddock une fois par semaine. On prévoit 35 ares par couple de mère/veau », précise le père et associé d’Hugo, Dominique Davy. Les animaux sont engraissés en bâtiment « nourris à l’auge.Mais avec la conversion, nous avons mis en place des parcours extérieurs autour du bâtiment », précise Hugo Davy. Pour la finition des animaux, les associés produisent de la luzerne, du méteil ensilé ou en grain et du maïs ensilage. Le passage au bio a entraîné aussi du changement pour la reproduction des animaux. « Avant, nous utilisions des hormones pour déclencher les chaleurs. » Aujourd’hui, la détection des chaleurs passe par plus de surveillance. « On utilise des patchs Estrotect que l’on colle sur l’arrière-train de la vache. » Le patch est gris au départ. « Au fur et à mesure, la couleur grise est gommée lors des frictions provoquées par les chevauchements. » Ce qui permet de détecter les chaleurs de la vache. Les génisses sont toujours inséminées. « Mais pour déclencher leurs chaleurs, nous mettons un taureau à proximité. Et si l’IA n’a pas réussi, le taureau fait “du rattrapage” ». La ferme a 3 taureaux dont certains génotypés. Les accouplements sont orientés en fonction des points à améliorer sur chaque vache. La sélection génétique du troupeau limousin est basée sur 4 axes : les facilités de vêlage, le développement musculaire, les qualités maternelles et les aptitudes laitières. Le suivi et les conseils sont assurés par le contrôle de performance Seenovia. Une plus-value de 80 centimes Côté commercialisation, les éleveurs vont travailler avec Unebio pour la vente des vaches et des bœufs. Aujourd’hui, la viande bovine commercialisée en bio permet de bénéficier d’une plus-value de 80 centimes par kilo de carcasse. « Mais nous sommes dans l’incertitude du marché bio en viande bovine ». Alors pour diversifier ses débouchés, les éleveurs gardent une vente locale via un collectif d’une dizaine d’éleveurs qui travaille avec le Super U de Châteauneuf-sur-Sarthe. « Et les animaux en surplus en conventionnel seront vendus au plus offrant... »

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