L'Anjou Agricole 29 septembre 2011 à 14h13 | Par L'Anjou Agricole

Magazine - L’oie d’Anjou labellisée

L’oie d’Anjou a obtenu l’Indication géographique protégée. Cette reconnaissance de la qualité du produit et d’un savoir-faire historique fait la fierté des éleveurs.

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Jérôme Babin, producteur à Saint-Hilaire-du-Bois, élève chaque année 2 000 oies à rôtir.  Elles se nourrissent d’herbe au printemps et de maïs sur pied à la fin de l’été, ainsi que de blé produit sur l’exploitation.
Jérôme Babin, producteur à Saint-Hilaire-du-Bois, élève chaque année 2 000 oies à rôtir. Elles se nourrissent d’herbe au printemps et de maïs sur pied à la fin de l’été, ainsi que de blé produit sur l’exploitation. - © AA

Après neuf années de démarches, l’oie d’Anjou, issue d’un savoir-faire local ancestral, a obtenu l’Indication géographique protégée, en février 2011. La production locale, destinée  aux fêtes de fin d’année, est assurée par une trentaine d’éleveurs, affiliés au groupement des Fermiers  du Val de Loire de Terrena. À Saint-Hilaire-du-Bois, dans le Vihiersois, Jérôme Babin fait partie de ces éleveurs qui se réjouissent de cette reconnaissance de la qualité de leur produit. Éleveur de vaches allaitantes, il a choisi l’oie, depuis son installation il y a trois ans, “pour valoriser les bâtiments l’été”, quand les ruminants sont au champ. “C’est une production assez simple à gérer, en termes de temps de travail”, résume l’éleveur. Simple, et attachante. Accueillies à un jour sur l’exploitation, les oies sont d’abord apprivoisées dans le bâtiment chauffé à 28° : “On leur parle, on les rassure, c’est très important pour elles”. À quinze jours, parfois même avant, le troupeau de 2 000 jeunes oies est conduit dans les prairies. À la fin de l’été, leur menu se composera de maïs, qu’elles consomment sur pied, laissant des parcelles parfaitement nettoyées. Chaque soir, retour au bâtiment : elles sont placées à l’abri des renards. “C’est le principal inconvénient de la production”, souligne Daniel Frappereau, un autre éleveur du Vihiersois.

Un élevage en douceur

Le climat doux de l’Anjou, qui favorise la pousse précoce de l’herbe, permet de sortir les oies dès le mois de mars-avril, et d’obtenir une durée d’élevage inégalée, même en label Rouge. “L’IGP impose au moins 175 jours d’élevage, contre 140 jours pour le label rouge. En réalité, les élevages angevins se situent à 220 jours en moyenne”, explique James Monnier, responsable technique du groupement. Cette longue durée d’élevage, qui se termine par une phased’engraissement en bâtiment, confère à l’oie d’Anjou une tendreté particulière. Pour estimer le bon état d’engraissement, les éleveurs palpent la noix de graisse très ferme qui se forme sous l’aile du volatile. Les carcasses, développées “en douceur”, pèsent à l’achat entre 5,6 et 6 kilos. Élevée plus longtemps, l’oie d’Anjou est chère à produire. Pour la rémunération des éleveurs, Terrena a mis en place un système d’indexation du prix payé au producteur sur le cours des céréales, qui permet de prendre en compte l’évolution des coûts de production.

Soizick Héloury
- © AA

Histoire

L’oie blanche fait partie du patrimoine historique et agricole de l’Anjou. L’aire géographique de l’IGP, identique d’ailleurs à celle de l’AOC Maine-Anjou, épouse les contours de l’ancienne province d’Anjou, comprenant le Maine-et-Loire, le sud de la Mayenne, le sud-ouest de la Sarthe, et le nord de l’Indre-et-Loire. Les marchés de Château-Gontier et de Brissac-Quincé, où la foire de la Saint-Maurice remonte à 1450, mais aussi de Longué et de Vihiers, rassemblaient des milliers d’oies. De nombreux négociants s’étaient spécialisés dans l’achat et la revente du duvet et de la plume. La peau, une fois tannée, servait pour confectionner des houppes à poudre, des gants et des vêtements d’enfants.

Commercialisation

Viande festive, l’oie est commercialisée à 70 % dans le circuit traditionnel, la vente étant souvent accompagnée de conseils de cuisine, nécessaires pour un produit si singulier. La zone de diffusion s’étend à l’Ouest et à la région parisienne. Après l’obtention de l’IGP, la priorité est à la communication sur le label, les qualités du produit, l’art et la  manière de le mettre en valeur.  “Le Conseil général réfléchit à un partenariat avec un  chef étoilé angevin, pour valoriser le produit”, a glissé le président Christophe Béchu, lors d’une visite en élevage début juillet.

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