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à brion, le geves évalue
les semences

L'unité expérimentale du Geves (Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences), aux Bois d'Anjou (Brion) est principalement chargée des études variétales des espèces légumières.

Créé en 1971, et installé depuis 2009 à Beaucouzé (49), le Geves mène plusieurs missions pour la filière semences. Outre la station nationale d'essais et le laboratoire de biologie moléculaire,  le Secteur d'étude des variétés (SEV) étudie chaque année jusqu'à 3 500 nouvelles variétés végétales couvrant 60 espèces de grandes cultures, 60 espèces légumières et 300 espèces ornementales ainsi que les espèces fruitières et la vigne en collaboration avec l'Inrae. Parmi les 5 unités d'expérimentation du SEV, celle des Bois d'Anjou (Brion) se focalise sur les variétés "pot-au-feu", même si on y trouve également une collection de plus de 1 000 chrysanthèmes. Sur les 39 ha du site, répartis en 4 îlots, 9 ha sont donc consacrés aux essais de semences légumières, avec principalement la laitue, le haricot, la carotte et le chou.

En liaison avec la station de Cavaillon (84), chargée des mêmes études dans la zone sud, cette station procède aux études de DHS, acronyme pour le contrôle de distinction, d'homogénéité et de stabilité. « Ce sont les résultats de ces études qui permettent ensuite d'inscrire les variétés au catalogue français puis européen, indique Dominique Rousseau, responsable des essais légumes sur le site. Ces études servent également pour les délivrances de titre de propriété ». En moyenne, 200 à 250 nouvelles variétés de légumes sont créées par les semenciers en France.

Collection de semences

Afin de pouvoir distinguer les nouvelles variétés de celles existantes, le Geves possède une collection, la plus exhaustive possible, des variétés légumières. Le site possède notamment plus de 5 000 des 6 600 variétés de laitues référencées.  Chaque année, en fonction du nombre de nouvelles variétés à tester, Dominique Rousseau recherche dans sa collection de semences les variétés les plus proches afin de pouvoir les comparer. « Par exemple pour 16 candidates de variétés de laitue, je viens de sortir une centaine de témoins de ma collection, dit-il. C'est une petite année, d'habitude, c'est plutôt 150 ». Une fois le plan de production établi, en lien avec le site de Cavaillon, les chercheurs lancent les cycles. « Généralement nous en réalisons deux afin de pouvoir identifier tous les critères : en laitue il y en a 50 à observer, dont 13 concernent des pathogènes », précise-t-il. Dans ses observations, Dominique Rousseau est épaulé par une commission de contrôle constituée d'experts pour chaque espèce.

Matériel de référence

Le Geves effectue également des contrôles de semences tout au long de la filière et des contrôles de maintenance. « Cela permet de vérifier la stabilité de la semence au bout de trois et cinq ans, explique le responsable. Et je peux aussi renouveler le stock de semences dans mes collections ».  Afin de lever le biais matériel auquel les chercheurs étaient confrontés, le réseau MATREF a été récemment créé pour les semences légumières. Dominique Rousseau en est le coordinateur national. « L'idée est de travailler sur la même souche lorsque l'on réalise nos études et de réduire les écarts entre nos résultats, souligne-t-il. Dans ce réseau sont mises à disposition les souches officielles et validées des variétés, ce qui permet ensuite aux laboratoires d'utiliser la bonne souche ». Des témoins de référence intègrent également ce réseau. « Nous maintenons leur production grâce à la collaboration de 11 partenaires semenciers, ajoute-t-il. Nous validons leur comportement, leur qualité germinative et sanitaire. Il ne s'agit pas de faire entrer des semences avec des pathogènes dans nos collections ». Actuellement, 220 variétés accessions sont maintenues dans ce réseau et une centaine de souches.

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