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Viticulture
Dans un contexte perturbé, les Caves de la Loire résistent

La coopérative Caves de la Loire, du groupe Loire Propriétés, tenait son assemblée générale jeudi 12 février au Cinéville des Ponts de Cé. 

Olivier Brault, président des caves de la Loire et Etienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire de l'IFV, qui a présenté le travail de l'institut sur l'encépagement de demain. 
Olivier Brault, président des caves de la Loire et Etienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire de l'IFV, qui a présenté le travail de l'institut sur l'encépagement de demain. 

Marché dégradé, baisse de la consommation, tensions sur les volumes et les équilibres économiques. Le contexte est tendu pour la viticulture et le Val de Loire n'échappe plus à la tendance. "Comme partout dans la filière, nos marges ont été affectées", a expliqué en ouverture d'assemblée générale Olivier Brault, le président de la coopérative. Mais dans la tourmente, "la coopérative a tenu, parce que des décisions rapides et structurantes ont été prises, a-t-il ensuite indiqué. Nous avons renforcé la maîtrise des coûts, ajusté notre organisation et engagé la cession d'actifs non stratégiques afin de réduire notre exposition financière, tout en maintenant un service aux adhérents". 

"Si nous tenons aujourd'hui, c'est grâce à la discipline collective, à l'engagement des équipes, des vignerons et à la confiance de nos partenaires", a encore souligné le viticulteur de Brissac-Loire Aubance, qui a pris les rênes de la cave coopérative au printemps dernier. 

Les vins de Loire ont sous-performé

L'assemblée générale était l'occasion de revenir sur l'exercice 2024-2025 clos au 31 août. Un exercice qui s'inscrit dans un contexte ligérien dégradé : "La Loire, à fin août 2025, est à -3,1 %, quand le total AOP est à -2,2%, c'est inédit, c'est la première fois que la Loire sous-performe par rapport au reste des vignobles français", a présenté Bruno Prevost, directeur de Loire Propriétés. Une contre-performance expliquée en grande partie par l'impact de la baisse des ventes de Muscadet (-10%).

Le chiffre d'affaires des ventes de vin de la coopérative est en baisse de 5 %, passant de 72,2 M€ à 69,2 M€. En volume, la chute est de -10 %, avec 237 700 hl contre 264 600 hl sur l'exercice précédent. La baisse s'est surtout concentrée sur des marchés vrac. "Nous avons fait le choix de ne pas aller sur certains circuits car ils manquaient de rentabilité", précise Bruno Prevost. Le vrac export est en baisse significative, mais les exportations de produits finis progressent, représentant 19 % du CA. Chine, Asie du Sud Est et Océanie, États-Unis et Canada : la coopérative veut faire mieux sur l'export. "Notre ambition, c'est d'être entre 25 et 30 %". À noter que l'export de vins liquoreux vers les États-Unis a subi une chute brutale des ventes liée à l'annonce de taxes par le président Trump. Parmi tous les vins commercialisés, les grands gagnants sont les bulles (principalement le crémant de Loire), seule catégorie en hausse cette année.

Le million de bouteilles Dumnacus visé

Malgré ce contexte tendu, la marque Dumnacus Vignerons, lancée en 2021 par le groupe Loire Propriétés, réalise une belle croissance. 850 000 cols ont été vendus dans l'année et le million de bouteilles est visé pour 2026.

Les Caves de la Loire, qui fêteront leurs 75 ans en mai prochain, sont en démarche RSE Vignerons engagés depuis une douzaine d'années et viennent d'obtenir le niveau "exemplaire" de ce label. Deux références ligériennes (le cabernet d'Anjou et le Chinon) vont rejoindre la gamme collective "Engagés", lancée au dernier salon Wine Paris par une quarantaine de caves coopératives en France. Les bouteilles éco-conçues afficheront le pourcentage de chiffre d'affaires reversé aux vignerons : il est de 48 % pour les Caves de la Loire.

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