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Eau, géomyza, méthanisation : les agriculteurs interpellent le préfet

Le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, s'est rendu au Gaec de l'Envol, lundi 15 juin, à l'invitation de la FDSEA et de Jeunes agriculteurs, pour échanger sur plusieurs dossiers.

Dans la petite région du Segréen, la plus touchée de Maine-et-Loire par la géomyza, il y aurait 50 % de re-semis sur un emblavement de 15 000 à 20 000 ha de maïs, selon les estimations de la Chambre d'agriculture et de la FDSEA 49. Avec 52 ha de maïs re-semés sur 104, et 40 ha non re-semés mais attaqués à 20 %, le Gaec de l'Envol (Erdre en Anjou - Vern d'Anjou) n'est pas épargné par les attaques de cette petite mouche, qui fait des ravages dans le département voisin de la Mayenne (plus de 30 000 ha re-semés). C'est sur ce sujet d'actualité qu'a débuté la visite organisée par la FDSEA et JA lundi, à l'attention du préfet de Maine-et-Loire. Emmanuel Lachaize, président de la FDSEA, a demandé à François Pesneau de "faire remonter ce dossier au ministère". Car pour l'heure, aucun outil assurantiel et aucun dispositif étatique ne peut intervenir et il est urgent "de réfléchir à un système d'indemnisation".

Les sujets de la hausse des charges, du déroulement des moissons dans un contexte météo caniculaire annoncé, de l'installation ou encore des contrôles Pac ont aussi été évoqués.

Inquiétudes sur la gestion de l'eau

Devant la réserve d'eau du Gaec de l'Envol, un focus particulier a été fait sur la gestion de l'eau. L'exploitation possède une réserve depuis 2003, de 13 300 m3, destinée à irriguer 15 à 20 ha de cultures. Connectée au milieu, elle est soumise aux restrictions assez tôt dans la saison, le bassin versant de l'Oudon étant un des premiers à décrocher en période d'étiage. "L'an dernier, on n'avait consommé que 10 000 m3 quand la restriction est tombée", a expliqué Maxime Merlet, un des associés. Aujourd'hui le Gaec cherche une solution technique pour pouvoir se garantir un volume suffisant d'irrigation et voudrait pouvoir pomper le volume contenu dans la réserve, même en période d'étiage..."Votre raisonnement se tient", a commenté le préfet François Pesneau, qui a plaidé pour une "agriculture départementale logique et prospère" et a assuré de "reprendre le dossier à zéro".

Au-delà de ce cas, et alors que la Loire approche déjà du seuil de vigilance, Emmanuel Lachaize a réitéré la position de la FDSEA sur l'irrigation : "avec les excès d'eau qu'il y a eu cet hiver, c'est irresponsable de nous dire d'arrêter d'arroser", a-t-il affirmé, n'excluant pas mobiliser à nouveau les agriculteurs sur non pas un pont, mais 7 ponts de la Loire.

Retard sur la méthanisation

Le Gaec de l'Envol est impliqué dans un projet de méthanisation de 120 Nm3/h, regroupant 7 fermes apporteuses (70 % d'effluents et 30 % de végétaux), une méthanisation "qui a du sens, qui est la continuité de nos exploitations", a expliqué Paul Merlet, président de la SAS Erdre Biogaz. Devant le chantier du futur site, l'agriculteur a exprimé sa "frustration" face à l'accumulation d'écueils techniques et administratifs qui n'ont fait que repousser la mise en route. Alors que le projet est né en 2019, les premières injections de gaz dans le réseau ne devraient avoir lieu qu'en juin 2027. La construction des cuves de digestat a pris du retard puisque la SAS a dû interrompre le chantier suite à une divergence d'interprétation entre le cabinet d'études et les services instructeurs sur la présence d'eau dans la parcelle. La situation s'est à présent débloquée et ce chantier va se poursuivre. 

Mais, outre ces écueils techniques, l'allongement des procédures entraîne des "coûts non négligeables, et il faut améliorer les process pour gagner en efficacité", a souligné Emmanuel Lachaize. "Cinq mois de retard dans le chantier, c'est très pénible, et c'est près de 500 000 euros de perdus", a calculé Paul Merlet. L'investissement dans l'unité de méthanisation représente 6 M d'euros, avec une participation au financement du raccordement au réseau (1,2M d'euros) par ERDF, la Communauté de communes des vallées du Haut Anjou, le Sieml et Elivia,

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