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PORC
Embellie du prix du porc fin 2011 mais qui doit se poursuivre en 2012

Conjoncture et nouveau marché à terme. Interview de Gérard Bourcier, président de la section FRSEA.

© Sources : CRP et MPB

L’année 2011 s’est achevée sur un prix moyen payé à l’éleveur de 1,45 €/kg. Il faut remonter au début des années 2000 pour retrouver un tel prix. Cette embellie signifie-t-elle la fin de crise ?
Gérard Bourcier : Certes, le prix du porc payé aux producteurs a augmenté sur le dernier trimestre 2011 et il était temps. Cependant, le coût de production reste lui aussi élevé et surtout supérieur d’environ 7 cts /kg en moyenne sur l’année 2011.
Par conséquent, la crise n’est pas terminée. La situation économique des élevages se dégrade depuis pratiquement cinq ans. Pour redonner de la rentabilité, le cours doit se maintenir sur une période beaucoup plus longue voire continuer à augmenter.

Comment expliquer cette tendance à la hausse du cours du porc, particulièrement à des périodes sur lesquelles il est généralement à la baisse ?
2011 a été une année atypique avec des hausses de prix à l’automne et des cours bas en été. Les explications sont diverses. Tout d’abord la période estivale correspond à celle de la réintroduction sur le marché des 143 000 tonnes de stockage privé principalement allemand. Cela a impacté le cours du porc plutôt à la baisse. Par contre, depuis septembre 2011, une demande  soutenue des pays tiers comme la Chine, le Japon ou la Corée du Sud, a engendré une tendance haussière du cours. Les prévisions laisseraient penser que cette demande va se poursuivre en 2012 et les années suivantes, notamment avec une croissance importante de la population. Il est donc impératif que les opérateurs français s’organisent pour obtenir une partie de ces marchés et permettre ainsi un maintien du prix payé à l’éleveur au niveau actuel.
En parallèle, les fabricants d’aliments du bétail doivent être plus réactifs, surtout lorsqu’il y a une détente sur le marché des matières premières. Ce n’est pas aux éleveurs de fournir de la trésorerie aux fabricants d’aliments, surtout si ces structures appartiennent à nos outils coopératifs.

Le MPB a ouvert un marché physique à livraison différée. Quelle analyse faites-vous de ce nouvel outil ?
Je reste très prudent. Le nouvel outil proposé par le MPB est une piste intéressante pour les éleveurs puisque le prix de vente annoncé intègre le coût de production et oblige les abattoirs à se positionner à l’avance. Cependant, cet outil doit être approfondi afin d’aller jusqu’à un marché de pièces. Une proposition est actuellement à l’étude. L’idéal serait de compiler les deux dispositifs afin d’avoir une réelle lisibilité du prix, du départ de l’élevage à la sortie abattoir voire à la grande distribution pour certaines pièces. Il nous faut valider un système qui permette d’intégrer le coût de production dans le prix de vente, qu’il soit à la hausse ou à la baisse.
J’encourage les éleveurs à aborder ce sujet lors des assemblées de section des groupements, sujet qui sera également débattu au sein de la prochaine section porcine FRSEA Pays de la Loire en présence de Jean-Michel Serres, président de la FNP.

RECUEILLI PAR CÉLINE JOLY

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