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ENVIRONNEMENT
Énergie et Gaz à effet de serre : le réseau Farre s’engage

L’assemblée générale du réseau régional s’est déroulée le 10 novembre dernier sur une exploitation de Mayenne. Des exemples concrets ont été présentés.

Panneau Dia’Terre de l’EARL du Gâts à Saint-Laurent-de-la-Plaine.
Panneau Dia’Terre de l’EARL du Gâts à Saint-Laurent-de-la-Plaine.
© AA

Ivan, Sylvia Leclerc et Joël Giffard (Gaec des Marronniers), éleveurs à Mézangers (nord Mayenne) et membres du réseau Farre, ont accueilli l’assemblée générale du réseau régional. Différents témoignages ont permis de mesurer les avancées et actions menées par le réseau sur l’énergie et les GES. Une thématique bien présente à l’esprit des membres du Gaec à travers la conduite et les investissements sur les ateliers d’élevage (vaches laitières et porcs naisseurs engraisseurs) : fabrication d’aliments à la ferme, valorisation des haies (bois déchiquetés pour le chauffage de l’habitation et l’eau chaude de la salle de traite), pompe à chaleur pour les bâtiments porcs, panneaux photovoltaïques, projet de méthanisation…

Performances énergétiques et émissions de GES
Le réseau “Énergie et GES” de Farre, lancé en 2010, n’est pas une simple vitrine des pratiques. “Le travail conduit avec nos partenaires techniques se situe dans une démarche de progrès : identifier des solutions, faire des préconisations, mettre en évidence les dé-marches innovantes et utiliser la capacité de communication du réseau pour sensibiliser les agriculteurs et le grand public aux enjeux de l’énergie”, précise Gilles Maréchal, directeur de Farre national.
Première étape : réaliser un diagnostic énergétique Dia’Terre auprès de douze exploitations volontaires dont trois dans la région. Un panneau synthétique par exploitation reprend les  principales conclusions de ce diagnostic en termes de consommations d’énergie directe et indirecte et d’émissions de GES. Chacun des trois agriculteurs diagnostiqués a pu ainsi témoigner au cours de cette journée des apports et des suites envisagées suite à ce diagnostic (encadré).

La méthanisation à l’échelle d’un territoire
Autre dimension pour ce projet complexe porté par une association de 113 agriculteurs (AB2M) et l’entreprise Méthanéo. “D’une ré-flexion individuelle sur mon exploitation, le projet est devenu collectif à l’échelle d’un territoire”, précise Laurent Taupin, agriculteur en Mayenne, initiateur et coordinateur du projet de méthanisation en nord Mayenne. “Parmi les facteurs de réussite de la méthanisation, la valorisation de la chaleur produite par la cogénération est un élément clé. Ce qui est difficilement réalisable à l’échelle d’une exploitation agricole”. Les besoins en chaleur de la laiterie de Charchigné ont permis de lancer et dimensionner le projet. L’unité de méthanisation fonctionnera toute l’année avec les effluents d’élevage des exploitations adhérentes et avec des co-produits de l’industrie et déchets végétaux (en été). Ce projet fera économiser 1 200 t de fioul (laiterie), et produire 20 000 Mwh d’électricité (5 000 foyers) ; pour les exploitations adhérentes, une économie de 700 tonnes d’engrais chimiques, un bilan énergétique nul et 15 000 tonnes d’équivalent CO2 en moins. Le permis de construire et le dossier ICPE (Installation classée pour la protection de l'environnement) devraient être déposés début 2012 pour une entrée en service début 2014. Coût estimé à 15 millions d'euros, financés par l'emprunt (10 millions), les agriculteurs (1,5 million), Méthaneo (1,5 million), et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Le retour sur investissement est attendu sept ou huit ans après la mise en service.

La certification environnementale
Après une année de “stand by”, le ministère a relancé le dossier de la certification environnementale. Christiane Lambert a ainsi apporté un éclairage national sur le nouveau dispositif qui comprend trois niveaux, dont le niveau 3 “Haute Valeur Environnementale”. Le dossier HVE devrait donc retrouver un nouveau souffle en 2012.

Isabelle TRAINEAU
FRSEA Pays de la Loire
1. Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement.
2. Gaz à effet de serre.
3. Ademe, In vivo, ferme de Grignon, Unifa, Total, Institut de l’élevage.

 

Nouveau bureau Farre

Président : Jean-Marc Lézé (49),
Trésorier : Paul Campas (53),
Secrétaire général : Georges Plessis (53).

TÉMOIGNAGE

Guy Caillault, éleveur à Saint-Laurent-de-la-Plaine

Guy Caillault a présenté le résultat du diagnostic détaillé de son exploitation de Saint-Laurent-de-la-Plaine, qui fait partie du réseau  “Énergie et GES” de Farre. Déjà intéressés par le sujet, ils avaient bénéficié avec son épouse Sylvie, d’un premier conseil par la Chambre d’agriculture. Celui-ci a abouti à l’isolation du bâtiment d’élevage des volailles, au changement des radians pour un système plus économe, et à l’installation d’un chauffe-eau thermodynamique pour l’atelier lait. “Avec Dia’Terre, nous avons pu aller plus loin dans le diagnostic, et prendre conscience de l’importance des consommations d’énergie indirectes. Chez nous, le poste le plus important est celui des aliments du bétail : matières premières, fabrication et transport des aliments. Nous travaillons progressivement à réduire nos consommations de carburant en labourant de moins en moins, notamment sur les cultures d’automne”, explique Guy Caillault. Concernant les gaz à effet de serre, un tiers environ des émissions provient de la fermentation entérique des vaches laitières. Un tiers des émissions sont indirectes : fabrication et transport des matériels et intrants. Et le reste se répartit entre émissions par les effluents et par les sols. La partie liée aux consommations d’énergie sur l’exploitation est finalement minime, comme on le constate fréquemment dans les élevages. Sur ce volet GES, les marges de progrès sont moins connues. Les émissions par le sol et par les effluents sont complexes. Du côté des bovins, la production de GES est difficilement maîtrisable, à moins de modifier en profondeur l’alimentation au détriment des prairies… Mais l’originalité de la démarche, c’est surtout la mise en évidence du potentiel nourricier de l’exploitation. “Notre production répond aux besoins en protéines de 2 387 personnes. Un chiffre parlant pour le grand public, et qui nous permettra de communiquer positivement, en mettant en valeur la production au regard des consommations d’intrants”.

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