Aller au contenu principal

Fourrages
Ensilages d’herbe : des rendements inférieurs d’un tiers à l’année passée

Les éleveurs risquent de se trouver confrontés à d’importants problèmes de stocks. Dans ces cas, Bovicap Conseils préconise d’ensiler des céréales immatures, début juin.

Mercredi 5 mai, à Beaucouzé. L’ensileuse de la Cuma de Saint-Martin-du-Fouilloux entame une parcelle de dactyle.
Mercredi 5 mai, à Beaucouzé. L’ensileuse de la Cuma de Saint-Martin-du-Fouilloux entame une parcelle de dactyle.
© AA

Ce ne sera pas une bonne année pour l’herbe. Le manque d’eau, le froid et le vent ont limité, jusqu’ici, la pousse de l’herbe. À ce jour, les chantiers sont peu avancés dans le Maine-et-Loire : à la Cuma des éleveurs au Tremblay, seuls 30 hectares étaient réalisés en début de semaine sur les 250 ensilés habituellement, et son président Fabien Bossé évoque des « rendements minables ». Pourtant, « il ne faut pas attendre pour couper, sans quoi on perdrait en qualité, car les stades végétatifs sont avancés », explique Pierrick Kernen, de Bovicap conseils. Globalement, sur l’ensemble du département, les rendements en herbe devraient se situer entre un quart et un tiers  en dessous de ceux de l’an dernier. La moyenne était de 4 tonnes/hectare en 2009 et serait inférieure d’une tonne et demie cette année.  En revanche, la qualité de ce qui est récolté aujourd’hui est très bonne. 
Résultat, les éleveurs vont être confrontés à des problèmes de stocks, comme le souligne le conseiller : « On va être juste en foin, court en maïs, et vu la météo, la période de pâturage devrait être écourtée ». Pour pallier le manque de fourrage sans trop recourir à des achats, que la trésorerie ne permet souvent pas, Pierrick Kernen conseille de se tourner vers la récolte de céréales immatures, à effectuer entre le 5 et le 10 juin.  «  Ce n’est pas un fourrage de grande valeur mais cela permettrait d’assurer la transition avant la récolte de maïs. Il est conseillé d’y réfléchir dès maintenant », souligne-t-il. Les céréales immatures sont à récolter entre 30 et 35 % de matière sèche et peuvent  être associées, dans la ration, à du maïs ensilage. En attendant, il est conseillé de faucher l’herbe, en espérant qu’un peu de pluie vienne favoriser la repousse…

Inquiétudes
Tous les agriculteurs sont en attente de conditions météo plus favorables. Dans les Mauges, Jean-Luc Dupé, éleveur à La Poitevinière, est inquiet : « Les rendements sont inférieurs d’un tiers. Le pâturage est déjà presque terminé dans certains secteurs, et notre grande préoccupation, c’est que les terres sont si sèches que l’on ne peut ni labourer ni semer le maïs… » La moitié des ensilages d’herbe étaient réalisés, en début de semaine dans son secteur. Plus au sud, à la Cuma de la Chaussée à Maulévrier, l’ensileuse n’était sortie que deux ou trois fois en début de semaine : « Il fait froid, il y a du vent, l’herbe ne pousse pas », constataient les responsables de la Cuma.

S.H.

“L’écho des pâtures” sur internet

Observatoire de la pousse de l’herbe : un nouvel outil pour gérer le pâturage

Questions à François Battais, conseiller à la Chambre d’agriculture de Maine-et-Loire.
Pourquoi avoir un mis en place un observatoire ?  Quel intérêt pour les éleveurs ?

L’herbe pâturée est compliquée à gérer, parce qu’il est très difficile d’appréhender la quantité disponible au quotidien. Le suivi hebdomadaire a pour objectif de donner aux éleveurs des repères dans la conduite du pâturage de printemps et d’automne.  En connaissant l’offre de matière sèche par jour et par hectare, il est plus facile d’ajuster les cycles de retour à l’herbe, mais aussi de savoir, à quel moment fermer les silos.

Comment fonctionne-t-il ?
Depuis la mi-mars, un réseau de suivi de la pousse de l’herbe a été mis en place. Sept fermes, à orientation lait (4) et viande (3), ont été choisies en fonction de leur  position géographique, leurs conditions pédoclimatiques et la pratique du pâturage tournant. Elles sont représentatives de la diversité du département.
Chaque début de semaine, des agents de pesées effectuent des relevés avec des herbomètres, dans 6 à 10 parcelles. Ces mesures de la pousse sont retraduites en quantités exprimées en kilos de matière sèche à l’hectare et par jour. Dans les relevés effectués en 2009 à titre d’essai, les quantités ont varié dans la saison de 20 kilos/ms/ha/jour jusqu’à 100 kg.
La surveillance hebdomadaire de la pousse de l’herbe cessera fin juin, pour reprendre entre mi-septembre et fin octobre, tous les quinze jours.

Comment les données sont transmises aux agriculteurs ?
Chaque semaine, une synthèse, accompagnée d’une carte des relevés et de préconisations, est rédigée par un conseiller. Elle porte le nom de l’Écho des pâtures. 800 à 900 exemplaires sont envoyés directement aux éleveurs, par fax. Mais tout le monde peut y accéder via le site internet www.synel49.fr, à la rubrique Pousse de l’herbe.

S. H.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Anthony Perrault est venu avec son semoir rapide implanter un couvert fourrager chez  Raphaël Orhon, agriculteur à La Cornuaille. 
Un mélange à base de moha
pour renflouer son stock fourrager 
Éleveur allaitant à Val d'Erdre Auxence (La Cornuaille), Raphaël Orhon a fait semer une parcelle en couvert estival pour tenter…
Moisson de blé en juin à Longuenée en Anjou.
Une moisson de blé déficitaire de 1 à 1,5 tonne/hectare
Débutée début juin, la moisson 2026 aura été marquée par une extrême précocité. Concentrée sur peu de jours, elle a dû aussi s…
Versailles du Gaec Maison Braud à Maulévrier, élue "meilleur animal du concours".
Parthenaise : le meilleur animal pour la Maison Braud
L'édition 2026 du Cima 53 s'est tenue du 17 au 19 juillet à Mayenne, avec un concours régional de la race Parthenaise dans…
Le triplement des cours mondiaux des protéines laitières en l'espace d'une année s'explique d'abord par l'appétit pour les produits alimentaires enrichis en protéines.
Le retour amer de la protéine laitière
Nutrition sportive, traitements anti-obésité... Les protéines laitières ont le vent en poupe et les cours mondiaux s'affolent.…
Autour du préfet François Pesneau et du directeur de la DDT, étaient réunis les responsables de la Chambre d'agriculture, de la MSA et les organisations syndicales du département.
Canicule : tous les dispositifs doivent être activés
Une réunion de crise était organisée le 21 juillet en préfecture pour établir un état des lieux de la situation et proposer des…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois