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Esa : victime de son succès, le DA Agrecina fait peau neuve

Axée sur l’agroécologie, la spécialité d’ingénieur Agrecina est en restructuration. Le partenariat avec l’Isara est arrêté pour créer une formation complète à l’Esa d’Angers.

Alexandre Ploteau va être diplômé en septembre prochain après avoir suivi le DA Agrecina.
Alexandre Ploteau va être diplômé en septembre prochain après avoir suivi le DA Agrecina.
© AA

« La perception de l’agroécologie a changé, tout comme le contexte global », indique
Mathieu Lorin, responsable de formation du DA Agrecina à l’Esa. Ce DA (domaine d’approfondissement), orienté vers l’agroécologie et l’innovation agronomique, était jusqu’à présent en partenariat avec l’Isara, école d’ingénieurs lyonnaise. La hausse des effectifs souhaitant s’orienter vers l’agroécologie contraint les deux écoles à modifier leurs offres de formations. Ainsi, la formation sera « plus adaptée au contexte actuel », précise Mathieu Lorin.
Le DA Agrecina était suivi par  une quarantaine d’étudiants angevins et lyonnais, qui tirait profit de l’expertise des deux écoles. Si certaines compétences étaient plus propres à l’Isara de Lyon, comme le sol, Mathieu Lorin affirme que « ces compétences se retrouvent également à l’Esa. En s’appuyant sur nos laboratoires de recherche et notre expertise, on intégrera tous ces concepts ».


Restructuration
Créée il y a une quinzaine d’années, cette formation s’étalait sur 13 semaines lors de la dernière année, le master 2, des futurs ingénieurs de l’Esa. Dorénavant, le DA s’étalera sur 17 semaines, permettant de dédensifier le contenu, et de mieux valoriser les travaux de groupes. De plus, la diminution des effectifs, consécutive à l’arrêt du partenariat avec l’Isara, permettra d’allouer plus de temps au terrain.
Sur le fond, pas d’énormes bouleversements, mais une approche différente. « L’évolution du contexte général nécessite de prendre de la hauteur », constate Mathieu Lorin. Il est donc question d’avoir une approche « intégrative, pluri-disciplinaire et moins cloisonnée ». Une nécessité pour l’enseignant : « on ne recherche plus uniquement des ingénieurs techniques, mais aussi des ingénieurs qui accompagnent, qui sont acteurs de la transition ». De manière sous-jacente, le lien avec les agriculteurs sera au centre de la formation.


Cependant, pas question de supprimer les nombreux points positifs du DA. Alexandre Ploteau est étudiant en dernière année à l’Esa. Après un Erasmus à Vienne en agroforesterie, il a choisi Agrecina pour « l’innovation agronomique, et l’agroécologie ». Pour lui, « ce qu’on nous apprend dans la spécialité est prégnant dans beaucoup de problématiques actuelles, comme la biodiversité, l’environnement, la transition ... ». Des thèmes qui seront toujours centraux dans la nouvelle formation, dont le nom n’est pas encore dévoilé. Alexandre Ploteau s’oriente vers la recherche, mais envisage de s’installer, à terme, en agriculture : « pas directement après mes études, je n’ai pas assez d’expérience ».

M.M.

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