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“Espérance et progrès”

Xavier Beulin, président de la FNSEA, a écrit une lettre ouverte, en date du 9 janvier, à destination des candidats à l’élection présidentielle.

“La campagne présidentielle est déjà ouverte avec son lot de petites phrases et autres critiques. On sent les débats s’animer et les positions, comme les postures, se figer. La liberté d’expression permet tout cela et les joutes politiques vont se développer. La démocratie en est le cadre et nous pouvons en être fiers. Dans cette campagne politique, nous voulons que l’agriculture prenne toute sa place, non par réflexe, non par tradition mais par envie, par nécessité et par volonté. Entre hasardeuses promesses et faux espoirs, il y a une place pour d’autres réflexions, plus originales, sans être pour autant impossibles. La crise économique et financière peut nous aider dans cette démarche. La folie des marchés et d’une partie de ceux qui les animent doit nous faire penser, de nouveau, à la place de l’Homme dans la société et plus spécifiquement à la place du paysan au sein de la Nation. Rien de plus. Rien de moins... Nous avons une place à retrouver. Notre manque de compétitivité nous a fait perdre beaucoup d’énergies vives, celles-là même qui peuvent stimuler l’économie agricole et agroalimentaire. En effet, comment continuer à se battre à armes égales, avec, notamment des écarts de coûts sociaux et de normes aussi importants à l’intérieur de l’Europe, comme à l’extérieur ?
D’ailleurs, face à ce constat, la TVA sociale, idée défendue depuis dix ans par la FNSEA, peut nous aider dans notre volonté farouche de retrouver une meilleure compétitivité.
Il ne s’agit pas d’être les premiers pour être les premiers. Il s’agit de revenir à nos fondamentaux.
Nous produisons pour qui ? Pour quoi ? Quels sont nos objectifs ? Quelle rémunération pour quel travail ? Ces questions peuvent sembler banales mais elles ne le sont pas à l’aune de ce que l’on souhaite pour une agriculture dynamique et conquérante. Il s’agit probablement d’avoir un nouveau contrat entre agriculture et société, agriculteurs et citoyens. L’objectif est bien de satisfaire des besoins croissants et diversifiés. L’éclatement des modèles familiaux et sociaux rend les choses d’ailleurs plus complexes. Pourtant, nous avons conscience que l’agriculture doit encore s’adapter pour faire face aux nouvelles attentes des populations. De l’alimentation de la planète à la chimie verte, du conventionnel au bio, des signes de qualité à la production
d’énergie, de la santé à la protection des ressources naturelles, nous avons de multiples opportunités à saisir. La chance de la France est d’avoir tous les climats et toutes les agricultures. Notre chance est aussi de pouvoir répondre, à la fois à une demande de proximité, et grâce à nos entreprises agroalimentaires, à des marchés de grande consommation. Notre avenir c’est une agriculture adaptée et adaptable. Ceci ne peut se faire que dans une stabilité et une lisibilité impératives pour pouvoir se développer et produire plus et mieux. Le progrès ne peut se faire sans espérance, et l’espérance d’un vrai revenu pour les producteurs. Mais arrêtons-nous sur l’espérance, base de tout si ce n’est de beaucoup. Parler d’avenir sans mentir, voilà la quadrature du cercle. Plus qu’une philosophie, il s’agit d’actes de vie : la vérité, l’humain, le projet, le concret, des concepts en apparence communs mais au fond qui révèlent la fierté d’être français, la fierté d’être agriculteur, la fierté d’être paysan en France. Sortons du débat stérile sur la décroissance et affirmons qu’une croissance durable liant performance économique et environnementale est une voie de progrès.
Les agriculteurs et agricultrices de notre pays doivent se replacer dans une société qui est passée des valeurs aux moyens. La rigueur et Internet, la solidarité et Twitter, la volonté et la TNT, l’esprit d’équipe et Facebook. Ne les opposons pas, mixons les plutôt pour le meilleur et pour…. pour le meilleur. L’agriculture a su garder des principes et des valeurs qui peuvent servir à notre pays mais pour cela il faut que la République garde… des agriculteurs, des agriculteurs bien dans leur peau et dont elle doit être fière.
En participant à la construction de la France, nous avons construit de l’espérance et donc des chances. Maltraités parfois et montrés du doigt souvent, les paysans veulent une juste reconnaissance de ce qu’ils sont et de ce qu’ils apportent. L’heure est à la réconciliation, au rassemblement, au collectif et à l’harmonie. (vivre ensemble dans un nouveau respect ). Ce que le progrès scientifique et technique peut apporter en positif aux productions, nous devons l’accompagner de nouvelles règles en matière de relations humaines dans une société marquée par la défiance et la peur. La confiance se gagne et se construit. Simple à dire ou à écrire, compliqué à mettre en œuvre.
C’est la voie possible pour un nouveau contrat social raisonnable et raisonné.
Au moment où la mondialisation financière conduit à tous les excès et où la proposition de démondialisation, occasionne les risques du repli sur soi, l’excès de raison ne peut nuire. Replacer l’Homme au centre des dispositifs, voilà un projet qui doit trouver des aboutissements concrets. Une voie médiane n’est pas forcément une voie moyenne. La France agricole et la France tout court ont un destin lié dans ce projet.
La campagne présidentielle sera l’occasion non pas de dire ou redire tout cela mais plutôt de l’exploiter et d’en parler différemment. Il faut redonner du sens à nos missions et à nos actions. La recherche de compétitivité n’empêche pas l’humanité. La volonté de résultats ne bloque pas le collectif et les causes. La nécessité de l’efficience n’est en rien un frein au durable et à l’écologiquement compatible. La performance doit être économique mais aussi environnementale com-me sociale. Dans quelques semaines, nous produirons une plateforme, document de base de toute discussion avec les candidats à la Présidence de la France. Le monde agricole mérite ces débats. Nous ne sommes ni d’un camp, ni d’un  “champ” partisan. C’en est fini d’un électorat paysan qu’on caressait dans le sens du poil pour s’attirer ses bonnes faveurs. Moins nombreux, mieux formés, plus modernes, les agriculteurs veulent la vérité. Cette même vérité qui permet de se regarder dans le miroir du pays avec fierté, avec espérance. Le progrès peut nous y conduire, la confiance aussi. Nous faisons un beau métier mais pour demain nous avons besoin de progrès économiques, sociaux, environnementaux, techniques et scientifiques. Tout cela se tient et, dans l’urne, nous nous y tiendrons.”

Xavier Beulin
Président de la FNSEA
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