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Multiplicateurs
Face aux prix des céréales, les semenciers s’interrogent

Pour la Fnams, des solutions doivent être trouvées en interprofession pour assurer une meilleure lisibilité.

Jean-Louis Mainguy, Armelle Robert (producteurs), Olivier Chaillou (producteur et président du pôle Végétal spécialisé de Terrena), Dominique Martineau (président du Sams potagères 49), Joëlle Épis (Barenbrug France), Jean-Baptiste çaldumbide (Vilmorin).
Jean-Louis Mainguy, Armelle Robert (producteurs), Olivier Chaillou (producteur et président du pôle Végétal spécialisé de Terrena), Dominique Martineau (président du Sams potagères 49), Joëlle Épis (Barenbrug France), Jean-Baptiste çaldumbide (Vilmorin).
© AA

“Nous maintenons les semences fourragères, parce que c’est une niche et que nous avons le savoir-faire. Mais si demain, les semences ne dégagent pas de marge, on laissera tomber”, prévient Jean-Louis Mainguy, agriculteur en Loire-Atlantique. Cette réflexion reflète des inquiétudes partagées par beaucoup de semenciers, face aux variations de prix des grandes cultures et des intrants. Mercredi 16 mars, à Angers, la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences Pays de la Loire-Bretagne avait invité les acteurs de la filière à débattre. L’avenir des productions semencières dans l’Ouest est en jeu : “On ne peut pas continuer à travailler avec un prix idem ou moindre que le prix conso”, a résumé Armelle Robert, productrice de se-mences de céréales. Les producteurs souhaiteraient donc voir évoluer les relations contractuelles entre les agriculteurs et les établissements. Objectif : obtenir des prix plus stables et une plus grande lisibilité dans le temps.

Des mécanismes à trouver

“L’interprofession doit trouver des solutions, à travers des indicateurs, afin de maintenir la production et de convaincre la nouvelle génération. Car celle-ci n’aura peut-être pas la patience de faire le dos rond en attendant de meilleures années”, a souligné Michel Bareault, président de la Fnams Pays de la Loire-Bretagne.  Les filières semences pourraient s’inspirer du modèle d’indexation des prix mis en place il y a trois ans pour le maïs semence. Pour sécuriser la production semencière, “il faudrait aller vers une contractualisation à plusieurs années”, a même suggéré Jean-Noël Dhennin, président de la Fnams.

Les prix et la technique

Les établissements de la région, présents à la réunion, soulignent, eux, la difficulté de prévoir, dans un contexte de cours fluctuant : “Oui pour un indicateur comme base de discussion, mais on ne peut pas établir un prix définitif sur plusieurs années”, a expliqué Joëlle Épis, directrice technique de Barenbrug-France (semences fourragères). “Nos variétés sont implantées pour deux à trois ans, dans un marché qui change rapidement. Nous mettons deux ans à nous remettre des changements”. Dans le domaine des potagères, Jean-Baptiste çaldumbide, de Vilmorin, suggère de raisonner sur plusieurs années en terme de rémunération.  Et de ne pas se focaliser sur le prix mais aussi d’examiner les résultats techniques : rendement, qualité. “On observe une grande hétérogénéité des rendements. Dans une même année et une même production, des gens peuvent gagner beaucoup d’argent, d’autres en perdre”.
Producteur et président du pôle Végétal spécialisé de Terrena, Olivier Chaillou se veut “optimiste” : “Nous avons un grand potentiel à produire pour l’agriculture de demain. Nous bénéficions d’un  réseau de producteurs compétitifs, d’un savoir-faire. En ce qui concerne Terrena et Jouffray Drillaud, nous investissons beaucoup dans la recherche pour améliorer le rendement et la résistance ”.

S.H.

Semences potagères

Une réunion sur l’entretien des espaces publics

Le 1er avril à Brain-sur-l’Authion, la Fnams organise, avec l’Association des maires, une réunion à l’attention des maires les plus concernés par la production de semences potagères. L’objectif est d’établir un calendrier d’entretien des communes.
La question a été évoquée lors du débat du 16 mars. La nouvelle gestion des espaces publics (bords de routes non fauchées, espaces verts non
désherbés…) augmente les risques de pollution. “Au nom de la biodiversité, on laisse les bas-côtés être envahis par la végétation. Cette
politique ne fait pas bon voisinage avec les cultures de semences. Il faut une concertation avec les pouvoirs publics et les
collectivités territoriales, sans quoi l’espace public se dégradera”, s’alarme Michel Bareault. La mode des sachets de gazons fleuris vendus en jardineries interpelle aussi les professionnels. 
De 17 h à 19 h, salle des fêtes de Brain-sur-l’Authion.

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