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Fertilité, longévité, taux : les multiples atouts de la jersiaise

Installé en 2006, Antoine Burot, du Gaec le Grand Plessis, élève un troupeau de jersiaises au May-sur-Evre, en Maine-et-Loire. La race a été introduite sur l’élevage il y a dix ans. Sans regret.

L'été, Antoine Burot fait pâturer ses jersiaises sur un mélange de chicorée, plantain et trèfle, afin de pallier le manque d’herbe.
L'été, Antoine Burot fait pâturer ses jersiaises sur un mélange de chicorée, plantain et trèfle, afin de pallier le manque d’herbe.
© AA

« Les 4 premières jersiaises, nous les avons achetées au Gaec du Pâtis Candé en 2009, se souvient Antoine Burot, 35 ans, éleveur en Maine-et-Loire. On voulait essayer, afin d’améliorer les taux. On nous avait dit que l’essayer, c’est l’adopter. Et cela s’est confirmé ! ». Le cheptel a été peu à peu converti, par achats et par renouvellement interne. Aujourd’hui, sur 100 vaches laitières, l’élevage  n’a plus que 8 prim’holstein et 2 vaches kiwis (croisées prim’holstein/jersiaises). Pour une production de 600 000 litres (sur 2018), il fallait auparavant 60 à 70 prim’holstein, il lui faudra désormais entre 100 et 110 jersiaises.

«  Elles remplissent bien »

La fertilité de la race a surpris Antoine Burot et lui permet de réaliser des économies. «  J’utilise une dose sexée pour deux vaches, lorsque c’est possible », explique-t-il. Le coût d’insémination est quasiment divisé par deux. Et même en coupant les doses, le coefficient de paillette est de 1,6, égal à la moyenne de la coopérative d’insémination. «  Ce sont des vaches qui remplissent bien ».

La longévité est un autre atout : sur les 4 premières vaches acquises en 2009, 3 sont toujours en production. « L’une d’elle est en cours de 9ème lactation, précise l’éleveur. Cette vache a produit, lors de sa 8ème lactation, 5 124 litres de lait sur 305 jours, avec un TB de 61,9 et un TP de 43,1 ». Non seulement les vaches tiennent sur la longueur, mais en plus les taux ont tendance à se bonifier, puisque c’est «  à partir de la 3ème lactation qu’elles commencent à bien exprimer leur potentiel ».

Sur la campagne 2017-2018, le prix moyen payé a été de 419 euros/1 000 litres.  «  Nous avons une plus-value de 100 euros/1 000 litres par rapport au prix de base », a calculé Antoine Burot. Une rémunération qui devrait encore progresser, puisqu’il a «  un troupeau jeune avec des taux qui vont s’améliorer et avec encore une dizaine de prim’holstein ou croisées. En bref, j’ai encore une belle marge possible ». L’éleveur suit de très près son prix de revient au sein d’un groupe de progrès lait jersiais de la Chambre d’agriculture des Pays-de-la-Loire.

 

Une race en pleine expansion

L’éleveur a joué sur d’autres tableaux pour limiter le coût de la conversion en jersiaise. Ainsi, il a acheté des petits veaux en lots, dont, il y a 3 ans, un lot de 45 veaux à un éleveur angevin. «  La race est en croissance annuelle de plus de 10 % en France. Le marché ne suffit pas, les éleveurs doivent souvent importer des animaux du Danemark. Tout ceci renchérit les coûts », explique le jeune agriculteur. Il n’a donc pas hésité à faire entrer des femelles de 5 à 8 jours sur son élevage, même si l’élevage de si petits animaux s’avère délicat : « un veau jersiais pèse entre 15 et 30 kg, c’est du verre ! », résume-t-il. Les génisses sont inséminées dès 12 mois lorsque c’est possible, de manière à obtenir des premiers vêlages avant 2 ans.

L’élevage a lui-même commencé à commercialiser des veaux femelles : sur 100 vêlages cette année, il en conserve 40 pour le renouvellement et vend le surplus, dans un contexte très favorable : «  ça se vend comme des petits pains ».

S.H.

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