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Eau
Gestion de l'eau : la FDSEA et les JA 49 passent à l'action ce mardi à Mûrs-Erigné

Face à ce qu’ils qualifient d’« immobilisme administratif », la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Maine-et-Loire organisent une mobilisation d’envergure ce mardi 3 mars. Le mot d’ordre est clair : occuper le pont de l’A87 pour interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence du stockage de l’eau.

blocage de l'A11, janvier 2024
© A.Fruchet

« L’eau, c’est la vie de nos fermes. » Le slogan, martelé par les syndicats majoritaires du Maine-et-Loire, va résonner avec force demain sur les bords de la Loire. Excédés par des discussions qui piétinent dans les instances de l’eau et des contraintes administratives qui ne se lèvent pas pour les porteurs de projets, les agriculteurs ont décidé de passer à la vitesse supérieure. « Les discours et les bonnes intentions, ça suffit ! », lancent la FDSEA 49 et les JA 49, réclamant une véritable politique de stockage pour assurer la résilience des exploitations face au changement climatique.

L’équation des « 3 heures et 45 minutes »

Pour marquer les esprits, les responsables syndicaux s’appuient sur un calcul frappant lié aux récentes inondations. Alors que le débit de la Loire a atteint 5 000 m³ par seconde à la station de Montjean-sur-Loire, les agriculteurs ont fait le compte : les besoins annuels du département s’élèvent à 54 millions de m³ pour l’irrigation et 11 millions de m³ pour l’abreuvement des animaux.

« Si on stockait cette eau pendant seulement trois heures et quarante-cinq minutes, cela couvrirait nos besoins pour une année entière ! », souligne le communiqué de presse. Un paradoxe insupportable pour la profession : alors que les nappes se rechargent et que le fleuve déborde, le spectre d’une sécheresse estivale et de restrictions d’usage reste bien réel pour l’été prochain. Pour les syndicats, stocker l’eau l’hiver pour l’utiliser en été relève simplement du « bon sens ».

« Ne regardez pas seulement l’eau qui coule »

Au-delà de l'enjeu technique, c'est un plaidoyer pour la souveraineté alimentaire que portent les manifestants. « Ne regardez pas seulement l’eau qui coule, regardez ce qu’elle produit », exhortent-ils. Derrière chaque mètre cube prélevé, la FDSEA et les JA rappellent que se cachent des emplois et la survie de filières entières : élevage, maraîchage, horticulture, arboriculture ou encore semences. Sans accès sécurisé à l'eau, c'est toute la capacité du territoire à ne pas dépendre des importations qui est menacée.

Le rendez-vous de la mobilisation

L'action débutera ce mardi 3 mars dès 10 heures. Le convoi de tracteurs a rendez-vous au rond-point situé à proximité de l’aire de covoiturage de Haute-Perche, à hauteur de Mûrs-Erigné. De là, les agriculteurs se rendront sur le pont de l’A87 qui surplombe la Loire. La durée de l’occupation du pont sera hautement symbolique : elle correspondra au volume nécessaire à l’irrigation de l’ensemble du département.

En « bloquant les ponts pour débloquer les dossiers », le monde agricole entend bien forcer la main de l'administration pour que le « cap clair » promis par le Premier ministre en janvier dernier se traduise enfin par des actes concrets sur le terrain.

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