Aller au contenu principal

Phytosanitaires
Interdire les épandages à proximité des lieux publics et habitations ?

Un projet de loi de la ministre de l'écologie dénoncé par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs.

© AA

à la suite d'une intoxication aux phytosanitaires recensée dans une école primaire, la ministre de l'Écologie a déclaré vouloir interdire les épandages phytosanitaires à moins de 200 mètres des écoles. Travaillant de leur côté sur le projet de loi d'Avenir pour l'agriculture, des sénateurs se sont appuyés sur ses propos, demandant à étendre la mesure aux lieux publics et habitations. Pour la FNSEA et les JA, il s'agit d'un cas de défaut de protection de santé publique certes sérieux mais isolé, qui ne peut être imputé à toute une activité professionnelle.

Un incident lié à de mauvaises pratiques

Mai dernier, dans le nord de la Gironde, 23 élèves et leur institutrice ont présenté des symptômes (toux, irritations de la gorge, malaise) correspondant aux effets collatéraux de traitements fongicides sur vigne. En effet, les exploitants traitaient leurs vignes contre l'oïdium et le mildiou, avec des produits autorisés en agriculture biologique. Cet épandage se serait déroulé dans des conditions inappropriées (vent fort) sans qu'aient été prises toutes les précautions vis-à-vis du voisinage.

La réglementation protège déjà les riverains

L'arrêté ministériel du 12 septembre 2006 impose déjà aux utilisateurs professionnels de phytosanitaires de mettre en place des mesures pour éviter leur entraînement hors des parcelles ou des zones traitées. Toute pulvérisation ou poudrage sont interdits en cas de vent supérieur à une vitesse de 3 sur l'échelle de Beaufort, soit 19 km/h au maximum.

De plus, bien que la mesure ne soit pas obligatoire en France, de très nombreux pulvérisateurs sont aujourd'hui équipés de buses anti-dérives. La plupart des traitements sont effectués tôt le matin ou tard le soir, à des heures où les riverains ne sont pas dehors, pour assurer une meilleure efficacité du traitement.

à noter enfin que, dans le cadre de la procédure de délivrance des autorisations préalables à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, l'évaluation des risques pour les personnes présentes dans les lieux publics et les riverains est prise en compte par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail).

Projets de restriction disproportionnés

"Le cas qui a déclenché la polémique, aussi grave soit-il, reste un cas isolé. Il ne doit pas servir de prétexte à de nouvelles règles disproportionnées", explique François Girard, responsable environnement à la FDSEA. "Dans le projet de loi actuel, tous les produits phytosanitaires seraient interdits à proximité des lieux publics et habitations, y compris les produits utilisables en agriculture biologique, les préparations peu préoccupantes telles que le purin d'ortie et les produits de biocontrôle. Dans un département comme le nôtre avec un habitat dispersé, cela signifie que des milliers d'hectares de cultures ne pourraient plus être protégés". La Chambre d'agriculture a estimé à 130 000 ha les surfaces concernées pour le département.

C'est pourquoi la FDSEA a décidé d'intervenir auprès des parlementaires la semaine prochaine. Emmanuel Lachaize, secrétaire général : "Nous voulons montrer aux parlementaires que cet article du projet de loi d'orientation est totalement inadapté. Par comparaison : si un chauffard provoque un accident sur une route, on punit le responsable, on s'assure que le Code de la route sera mieux respecté à l'avenir, mais on n'interdit pas la circulation. Pour nous, il n'est pas question de perdre des milliers d'hectares de production à cause d'annonces hâtives et d'un emballement médiatique. Il faut poursuivre la sensibilisation des agriculteurs aux bonnes pratiques pour éviter que ce type de situation se reproduise. Ajouter des règles à tous, parce qu'une minorité ne les a pas respectées, n'apportera aucune solution."

Marie Calmejane FDSEA 49, Romain Devaux FDSEA 72

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Ces femmes et ces hommes qui croient en l'avenir de l'agriculture
Difficile de positiver après l'été 2026 que nous venons de traverser, et dont les conséquences s'étaleront probablement encore…
La ministre de l'Agriculture a visité la serre Maine du lycée du Fresne qui abrite la production de poinsettia et l'aspirateur à ravageurs. Auparavant, elle avait rencontré les élèves, dont la première promotion de bachelor, guidée par Sylvie Richard, directrice du lycée.
La ministre fait sa rentrée en Anjou
Le lycée du Fresne est l'un des 25 établissements de formation agricole à proposer le nouveau bachelor agro. La ministre de l…
Frédéric Sérusier, du CNPH-Piverdière, devant une haie replantée en Végétal local. Des classes de CM1-CM2 de La Ménitré ont participé à la plantation. 
Le végétal local,facteur de résilience 

Le CNPH-Piverdière, basé à La Ménitré, qui ouvre ses portes ce samedi 12 septembre, vient d'obtenir le label Végétal local.…

La Rouge des prés, le "couteau suisse" de l'élevage allaitant

Race allaitante en vedette au SPACE 2026 avec son concours national programmé le mardi 15 septembre après-midi, la Rouge des…

Le président, Marc-Henri Doyon, lors de l'inauguration du salon, mardi matin.
Comment planter demain?
Organisé à Angers tous les deux ans, le Salon du Végétal réunit les professionnels autour des enjeux de la filière, notamment…
Les poires sont pré-calibrées dans l'eau. Dès que 300 kg d'un même calibre sont rassemblés, les poires sont dirigées vers la sortie.
La Blottière dimensionne sa station pour la poire
Les vergers de la Blottière ont investi 21 millions d'€ pour transformer la station fruitière de Chemillé-en-Anjou en outil…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois