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LAIT
Interview : Christophe Baron, président de Biolait

Plus de 300 administrateurs sont venus à l’assemblée générale de Biolait, la semaine dernière, en Maine-et-Loire.

Christophe Baron, président de 
Biolait.
Christophe Baron, président de
Biolait.
© AA

À une écrasante majorité(1), l'assemblée générale de Biolait a validé la demande de reconnaissance de Biolait comme organisation de producteurs. Quel commentaire vous inspire cette décision ?
Christophe Baron : Cette validation par l'assemblée générale va permettre au groupement d'être reconnu officiellement par les Pouvoirs publics, une fois le dossier validé au Ministère de l'agriculture, ce qui ne devrait pas poser de problème majeur dans la mesure où Biolait est déjà, dans les faits, une OP commerciale. Cette reconnaissance va nous donner un atout majeur : disposer des outils pour gérer les volumes à partir du 1er avril 2015, date de disparition des quotas.

Quel développement envisager pour Biolait ?
Biolait compte aujourd'hui près de 600 adhérents et n'a pas pour vocation de s'arrêter, notamment d'un point de vue logistique. Mais aussi il faut associer le développement de Biolait avec les débouchés. L'année 2012 a été marqué par une baisse de la consommation sur une courte période. La demande de produire du lait bio est là, mais elle est supérieure à la demande de consommation. C'est pourquoi les nouveaux dossiers d'adhésion à Biolait sont en pause, au moins jusqu'à l'automne.

Il a été évoqué la piste de l'export au cours de l'assemblée générale. Est ce un débouché possible ?
L'export peut être une solution d'ajustement. L'export intra-communautaire notamment. La demande est forte sur les pays du nord de l'Europe, les Pays Bas, l'Allemagne.

La question du prix fait débat en lait conventionnel. Est-ce le même problème en lait bio ?
Le prix moyen annuel, hors saisonnalité, est de 400 euros. C'est trop peu. Notre objectif, depuis 5 ans, c'est 430 euros/1000 l. Cela n'a pas été possible en 2012 suite à la baisse conjoncturelle de la consommation face à une augmentation des volumes.
Ne craigniez-vous pas que les producteurs de lait bio se tournent, eux aussi, vers la production de céréales ?
Le risque existe, mais il est moindre qu'en production laitière conventionnelle. D'une part parce que les 600 producteurs sont engagés par contrat. Ensuite parce qu'il faut des animaux pour que la polyculture/élevage fonctionne bien. Le vrai risque, ce serait celui de l'effondrement du prix.

Propos recueillis par M. L.-R.

(1) 334 bulletins oui, 9 non, 3 nuls et
5 blancs

Collecte

Biolait en Maine-et-Loire

En 2013, la collecte de Biolait en Maine-et-Loire représente 9 millions de litres, auprès de 32 producteurs. Ce qui place le Maine-et-Loire dans le peloton de tête du groupement de collecte. La production en région Pays de la Loire est d'environ 30 millions de litres avec 115 producteurs.
En 2015, il devrait y avoir une quarantaine de producteurs en Maine-et-Loire, du fait des conversions en cours, estime Jean-Luc Denis producteur au Plessis Macé et trésorier de Biolait. Des demandes d'adhésion arrivent régulièrement, mais Biolait se donne du temps pour assurer les débouchés (voir ci-dessus, l'interview de Christophe Baron). Un relais de collecte est situé à La Jumellière, qui assure la collecte du Maine-et-Loire, une partie des Deux Sèvres et de la Vendée.

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