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La Grande Boucle des fermes

Futurs ingénieurs agronomes, Léo Bouvet, Romane Guillot et Sixtine Mazin ont décidé de s’échapper en retraçant les trajets de nos aliments.

De gauche à droite : Léo Bouvet, Sixtine Mazin et Romane Guillot. Les vidéos du projet sont accessibles sur les pages Facebook et Youtube “Sur la route de nos assiettes”.
De gauche à droite : Léo Bouvet, Sixtine Mazin et Romane Guillot. Les vidéos du projet sont accessibles sur les pages Facebook et Youtube “Sur la route de nos assiettes”.
© AA

Si la jeunesse est une fraction de folie, ce sont les voyages qui la forment. Ces deux adages peuvent résumer l’idée, un peu folle, de trois jeunes étudiants de l’école d’agronomie Montpellier Supagro. Ainsi, Léo Bouvet, Romane Guillot et Sixtine Mazin ont décidé de mettre à profit leur année sabbatique pour parcourir la France à vélo, afin de découvrir l’agriculture, par eux-mêmes, lestés du filtre théorique des écoles d’ingénieurs.


Découvrir le trajet des aliments
Parmi les trois comparses, aucun n’est issu du milieu agricole. Ainsi, partir à la rencontre des agriculteurs, pour ces futurs ingénieurs agronomes, apparaissait essentiel. « Avant de partir, j’avais plein de préjugés sur l’agriculture. Ce voyage m’a ouvert l’esprit », confie Sixtine Mazin. Spécificité du projet, les étudiants ont souhaité rencontrer tous types d’élevages.
« L’identité de notre projet, c’est de donner la parole à tous, de réaliser une photographie de l’agriculture et du système alimentaire, le plus objectivement possible », témoigne Romane Guillot. En effet, cette expérience, si elle est d’abord personnelle, a également pour vocation d’être participative. Au travers de leur page Facebook et de leur chaine Youtube, intitulées “Sur la route de nos assiettes”, les jeunes cyclistes partagent vidéos, photos et anecdotes. « On souhaite procéder par filière, avec à chaque fois des acteurs en amont et en aval », détaille Romane Guillot. Au total, 10 filières ont été identifiées. à chaque fois, le trajet de l’aliment est retracé, dans un but de « vulgarisation ». Pour le moment, 2 000 km ont été parcourus (certains en train, ont confessé les étudiants), et une quarantaine d’acteurs rencontrés. Si le confinement a modifié les plans initiaux, la motivation reste inchangée.



Halte en terres ligériennes
Les trois étudiants, originaires de Bordeaux et du Sud-Est de la France, ont pu découvrir le Maine-et-Loire, et apprécier « la beauté et la diversité de ses paysages, et le plaisir de parcourir ses routes à vélo ». Ils se sont rendus chez Nathalie Maussion, éleveuse de chèvres à Loiré, et ont été hebergés chez les parents de cette dernière. Patricia Maussion a ainsi pu faire part de son engagement en tant qu’agricultrice dans la vie politique, marquant les étudiants. Ces derniers, se déplaçant avec leurs tentes et matériel à vélo, se sont également rendus chez Pom’Anjou, et au Gaec LG Bio. Au travers de leurs rencontres, ils ont pu remarquer « la passion qui anime chaque agriculteur. On vit pendant un temps avec eux, et on dépasse nos idéologies. On se rend compte qu’ils font tous au mieux, en cohérence avec leurs choix de vie », témoigne Sixtine Mazin, la bordelaise du groupe.

La transition est en route
Ainsi, chaque rencontre est une remise en question, et un apprentissage constant. « Nous sommes beaucoup plus mature sur l’agriculture française et sa qualité, qu’il est important de défendre », remarque Romane Guillot. « On s’est rendu compte que la transition est en train de s’opérer dans les campagnes, que les agriculteurs travaillent dur pour modifier leur système, mais que cela demande du temps », poursuit son amie. Les étudiants ont été particulièrement frappés par l’impact que l’agribashing pouvait avoir sur les paysans.  C’est toute la légitimité de leur projet, basé sur la vulgarisation de ce qu’est l’agriculture, qui est renforcée au fil de leur aventure. En ce moment, les étudiants ne peuvent reprendre la route. Ils en profitent donc pour monter des vidéos et alimenter les réseaux sociaux. « On souhaite organiser des projections débats, et pourquoi pas aller dans des lycées l’année prochaine pour expliquer ce que l’on a vécu, vu et compris », prévoit Sixtine Mazin. Le projet de vulgarisation de “Sur la route de nos assiettes” se veut volontairement accessible à un néophyte, pour toucher des cercles de non initiés au monde agricole. Ainsi, l’aventure n’est pas finie, et l’association n’est pas prête de tomber dans l’oubli. Les étudiants comptent réaliser des web-séries par filière sur Youtube, et pourquoi pas transmettre cette association, afin de poursuivre la démarche entamée, et faire découvrir de nouvelles régions, de nouvelles agricultures grâce à d’autres étudiants.


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