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Budget
La réduction des crédits européens menace les aides directes

Le président du Conseil européen propose une réduction du budget pour la période 2014-2020 et donc des crédits de la Pac.

Xavier Beulin, président de la FNSEA : “J’ai pris acte de la position française de tout mettre en œuvre pour garder un budget à peu près égal à ce qu'il est aujourd'hui...”.
Xavier Beulin, président de la FNSEA : “J’ai pris acte de la position française de tout mettre en œuvre pour garder un budget à peu près égal à ce qu'il est aujourd'hui...”.
© AA

Nouveau coup dur pour la Pac. Après la présidence chypriote, c’est au tour du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, de préconiser une réduction du budget européen et donc des crédits de la politique agricole commune pour la période 2014-2020. À la veille du Sommet des chefs d’État et de gouvernement des 22 et 23 novembre, Herman  Van Rompuy n’a pas hésité à proposer une coupe de 75 milliards d’euros, soit une baisse de 7,2 % sur les quelque 1 033 milliards prévus par le président de la Commission José Manuel Barroso. Il espère ainsi convaincre David Cameron, le Britannique qui campe sur des positions extrêmement dures et a même menacé d’un veto si les chefs d’État et de gouvernement ne procèdent pas à des coupes drastiques.

- 6,6 % sur 2014-2020
Sont particulièrement visées, la Pac qui se verrait amputée de 25,5 milliards d’euros (- 6,6 %) sur la période et la politique de cohésion pour 29,5 milliards d’euros. Le gouvernement français a aussitôt réagi. “Ce projet ne constitue en aucun cas une base de négociation acceptable par la France sur les plafonds de dépenses proposés pour la Pac dans ses différentes dimensions”, a déclaré le Premier ministre dans un communiqué. “Cette politique devra être préservée afin de répondre aux besoins d’un secteur économique indispensable qui, à travers les industries alimentaires, contribue de façon déterminante à la croissance, à l’emploi et au solde commercial extérieur en France et en Europe”, poursuit-il. Le ministre de l’Agriculture, qui s’est dit “en désaccord profond” avec la proposition mise sur la table. La Pac et la politique d’aide aux régions “sont les deux grandes politiques qui s’adressent directement aux citoyens européens”, a-t-il insisté.

Stéphane Le Foll : la Pac doit sortir de sa “logique très libérale”
“Il faut faire évoluer la logique très libérale de la Pac pour y intégrer de nouveaux objectifs sur l'emploi, l'environnement et une répartition plus juste des aides”, estime le ministre de l'Agriculture. Les chefs d'État et de gouvernement des 27 États-membres doivent s'accorder les 22 et 23 novembre à Bruxelles sur les finances de l'Union européenne pour la période 2014-2020, dont celles dévolues à la Pac qui pèsent environ 29 % du total (290 milliards d'euros sur les 1 047 envisagés par la Commission européenne).

Les inquiétudes de la profession
“J'ai pris acte de la position française de tout mettre en œuvre pour garder un budget à peu près égal à ce qu'il est aujourd'hui (...) mais on n'en est pas là”, remarque le président de la FNSEA, Xavier Beulin, qui avait adressé un courrier sur ce sujet au Président de la République, le 8 novembre (voir Anjou agricole du 16 no-vembre pages 2 et12). Il ne croit pas que le conseil puisse aboutir ce 23 novembre, “parce que les conditions ne seront pas réunies”. “Beaucoup d'États-membres demandent une baisse substantielle des budgets de la Pac mais si on devait descendre (la part des contributions) on n'aurait plus de quoi financer la Pac”.
Les Chambres d'agriculture en appellent également à la “détermination” du chef de l'État pour obtenir “le maintien en termes réels du budget de la Pac”.

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