Syndical
La souveraineté alimentaire face à la flambée des coûts de production
La FDSEA tenait son conseil d'administration le 10 avril. Si la première partie du conseil était dédiée à l'actualité syndicale, la seconde a permis de présenter l'ambition des conférences de la souveraineté alimentaire. Christiane Lambert, référente nationale pour le groupe viandes blanches, était présente.
La FDSEA tenait son conseil d'administration le 10 avril. Si la première partie du conseil était dédiée à l'actualité syndicale, la seconde a permis de présenter l'ambition des conférences de la souveraineté alimentaire. Christiane Lambert, référente nationale pour le groupe viandes blanches, était présente.
Sans surprise, le conseil de la FDSEA aura débuté par un point sur le prix du GNR. Depuis le début du conflit en Iran, son prix a augmenté en moyenne de 60 centimes par litre entre fin février et avril. Des demandes ont été faites à l'État pour essayer de réduire la facture auprès des agriculteurs, mais les mesures proposées ne sont pas au rendez-vous pour le président Emmanuel Lachaize. « La solution proposée aujourd'hui par l'État, celle d'un prêt pour financer ces coûts supplémentaires, n'est pas ce que l'on attendait. Nous avons besoin d'une baisse réelle du prix, d'au moins 30 cts dès la sortie de la pompe, et non pas d'un énième emprunt dont les agriculteurs supportent difficilement la charge aujourd'hui ».
Un modèle de production et de consommation en pleine transition
La seconde partie du conseil d'administration était consacrée à un enjeu important pour la France : celui de sa souveraineté alimentaire. Le 8 décembre à Rungis, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a appelé au « grand réveil alimentaire des Français » suite à un constat alarmant : notre autonomie alimentaire se dégrade. Les Conférences de la souveraineté alimentaire, organisées au niveau national, ont pour objectif de poser un diagnostic et de tracer, filière par filière, une trajectoire de reconquête.
Après une première étape nationale reposant sur 7 groupes sectoriels (viandes blanches, grandes cultures, ruminants, viticulture, productions végétales spécialisées, aquaculture et pêche, fruits et légumes), la démarche entre désormais dans sa phase territoriale, cruciale pour ancrer les objectifs nationaux dans les réalités de chaque région.
Des ambitions fortes pour les filières « viandes blanches »
En Pays de le Loire, le travail a déjà démarré avec la tenue du groupe viandes blanches le 7 avril. Le constat est plutôt clair : la volaille et le porc sont les viandes les plus consommées en France (31,6 kg/hab/an) et la consommation d'œufs n'a fait qu'augmenter ces dernières années (239 œufs/hab/an). Pourtant, ces filières restent vulnérables : dépendance aux importations à hauteur de 50 % pour le poulet de chair, faible renouvellement des éleveurs ainsi qu'une concurrence internationale (Brésil, Thaïlande, Ukraine) accentuée par certains accords. Pour ce faire et réaffirmer la souveraineté alimentaire de la France dans ces filières, chacune d'elle a exprimé des ambitions pour les 10 prochaines années, au plan national et régional (tableau ci-dessus).
Au niveau national, trois projets prioritaires ont été identifiés pour répondre aux objectifs des filières :
Construire des élevages modernes, innovants et résilients face au changement climatique et moderniser les outils industriels de l'aval ;
Accélérer la dématérialisation des outils et la régionalisation des certifications pour l'export ;
Développer une communication factuelle et pédagogique pour communiquer sur le modèle « Élevage Durable ».
Si ces mesures semblent être une bonne chose pour les filières, il n'aura pas échappé aux élus FDSEA que pour pouvoir les mettre en place, les réglementations, notamment la directive IED et les seuils ICPE, doivent évoluer. Suite à ces interrogations, Christiane Lambert répond : « Pendant des années, au nom du principe de non-régression environnementale, on nous a demandé de produire de moins en moins. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée et il faut que nous nous remettions à produire plus, sans pour autant que la réglementation ne soit dans notre sens. Pour la faire bouger, c'est comme faire changer un paquebot de direction : ça prend du temps, rien ne se fait en 5 minutes, mais nous nous y attelons ».