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Aviculture
L’amont et l’aval de Noréa déstabilisés par la grippe aviaire

Depuis l’épidémie d’influenza aviaire, le groupement Noréa nourrit 2 millions de poules pondeuses en moins sur les 4,5 millions qu’il compte en temps normal.

© CM Studio - Cecile Muzard photographe

« L’influenza aviaire a eu de lourdes conséquences sur notre groupement. Chez Noréa, cela représente 1 million de poules pondeuses  mortes et 1 000 000 de poulettes mortes », souligne Pierre-André Cherbonnier, aviculteur et président de groupement œuf Terrena. L’épizootie a déstabilisé toute la filière de poules pondeuses. Et Noréa, filiale de Terrena n’échappe pas à la règle.

Un repeuplement au compte goutte
Alors si le repeuplement en volailles a débuté la semaine dernière en Maine-et-Loire, bon nombre d’éleveurs de poules pondeuses devront encore attendre avant de remplir à nouveau leur bâtiment... « Heureusement, les équipes du groupement font preuve de dévouement et continuent de nous accompagner au quotidien », note l’agriculteur. Le temps que l’amont de la filière œufs se remette en production, les éleveurs de poules pondeuses devront s’armer de patience.  « C’est une filière longue et particulière. Avant de pouvoir mettre en place des poules pondeuses, faudrait-il avoir des poulettes...», souligne Régis Onillon, responsable de l’activité œuf Terrena. Les volailles, futures pondeuses, sont élevées 17 semaines en poussinière. « Quand elles rejoignent leur élevage, il faut encore attendre un mois avant qu’elles ne pondent », précise Pierre-André Cherbonnier. Aujourd’hui, très peu de poulettes sont  disponibles sur le territoire français. Impossible pour Noréa de faire venir des poulettes d’autres régions. « Toutes les poulettes en production sont déjà planifiées pour d’autres élevages. »
Par exemple, à Maulévrier, Gallin’œufs a une poussinière de 130 000 poulettes qui a été touchée par la grippe aviaire à la mi-avril. « Les volailles ont été euthanasiées et nous désinfectons le bâtiment selon le protocole mis en place par la DDPP », explique Alain Leroux, l’un des associés. L’exploitation se situe dans une zone particulièrement touchée par l’épizootie. « à priori, le repeuplement devrait se dérouler à la mi-juillet. » Dans le meilleur des scénarios, Gallin’œufs ne pourra donc remettre en production qu’à la mi-août. Résultat : des poulettes ne seront disponibles qu’à la fin de l’année 2022. « Le pire, c’est qu’on a été obligé d’euthanasier des poulettes saines à un moment de la crise parce que Noréa ne pouvait les placer nulle part. Tout transfert d’animaux vivants était interdit », souligne Pierre-André Cherbonnier.


L’usine d’alimentation au ralenti  
Ces difficultés en aval de la filière vont engendrer « une production d’œufs en dent de scie. Alors que nos partenaires ont besoin d’œufs toute l’année ». Elles ont aussi des conséquences sur d’autres maillons de la chaîne. « Aujourd’hui, notre usine d’alimentation pour les poules pondeuses ne tourne qu’à 30 %. »
Le président du groupement estime que Noréa ne retrouvera un rythme de croisière que d’ici un an. « Seulement si la grippe aviaire ne revient pas à l’automne prochain. »

 

  H.R.

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