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Inondations
L'Anjou en vigilance rouge crues

La concomitance d'une crue de l'amont de la Loire, de la Vienne et des affluents du bassin de la Maine génère une crue majeure dans les secteurs des basses vallées angevines et la Loire saumuroise cette semaine.

Les 123 mm de précipitations enregistrés à la station MétéoFrance de Beaucouzé entre le 1er et le 18 février dépassent bien la moyenne (+127 % de la pluviométrie normale) mais ne constituent pas un record, comparé à la pluviométrie de janvier 2025 (154 mm). En revanche, les crues simultanées de la Loire et de la Maine sont rares et peuvent s'avérer catastrophiques pour le département : le fleuve empêchant les eaux de son affluent de s'écouler à Bouchemaine. Le débit de la Maine est alors ralenti, affectant les basses vallées angevines et ses confluents (la Mayenne, la Sarthe, l'Oudon et le Loir), et contribuant, par la propagation des ondes de crues, à la hausse des niveaux.  C'est ce scénario qui est en cours cette semaine dans le Maine-et-Loire. Avec en plus des coefficients de marée en hausse, "générant des niveaux importants sur la Loire Estuaire au moment des pics de pleine mer".

Une des cinq crues les plus importantes

Conséquences : l'Anjou subit une crue majeure et dommageable. Les basses vallées angevines sont inondées, la Loire déborde dans les secteurs de Montjean-sur-Loire, des Ponts-de-Cé et de Saumur.  Vigicrues prévoyait "une hauteur de 6,15 m à la station Angers Basse Chaine et de 6,5 m à la station de Cheffes atteintes ce vendredi" et "un plateau, aux alentours de 5 m, à Saumur mercredi, ainsi qu'une hauteur de 5,3 à la station des Ponts-de-Cé dans la nuit de mercredi à jeudi". Même s'il ne s'agit pas de la crue du siècle - pour rappel, la côte de la Maine était de 6,69 m au pont de Verdun, à Angers, le 29 janvier 1995-, elle s'inscrit dans le top 5, avec des seuils qui ont déclenché la mise en place de nombreux dispositifs par le préfet de Maine-et-Loire. Les plans de sauvegarde sont activés par 17 communes. Les équipes du SDIS 49 sont mobilisés ainsi que des effectifs spécialisés en sauvetage aquatique en renfort. À Angers, les voies sur berges ont été fermées à la circulation afin d'inonder les trémies volontairement mercredi matin : une intervention qui n'avait pas eu lieu depuis 1995.

Logistique perturbée

Pour les producteurs installés dans ces zones, cet événement climatique a des conséquences sur la planification et la logistique. Au sein des établissements Beaujean, à Sainte-Gemmes-sur-Loire, la plantation des choux et des salades a par exemple pris une semaine de retard. "Nos surfaces sous abris sont déjà toutes plantées et nous ne pouvons intervenir sur les surfaces en plein champ dont les sols sont saturés, décrit Thibaut Chesneau. Dans un de nos champs, situés dans les bas, les poireaux sont sous l'eau". À ce stade, le maraîcher craint surtout "un creux de production fin avril, début mai".  Pour son voisin horticulteur, Guillaume Froger, ce sont des difficultés logistiques qui apparaissent. Ce début de semaine, la plateforme de commercialisation de Floriloire, aux Ponts-de-Cé, a les pieds dans l'eau. Le parking est inondé et la hauteur d'eau atteint 80 cm au niveau des quais d'embarquement. "Nous pouvons toujours être livré par la grand halle mais c'est plus difficile d'expédier nos fleurs à nos clients", explique-t-il. Une situation que le producteur "n'a jamais vécu depuis 1993" mais qui serait due à un défaut d'entretien des pompes qui rejettent l'eau du ruisseau le Frotte Pénil dans l'Authion.

Évacuation des animaux

Pour les éleveurs, la situation est préoccupante lorsqu'il s'agit d'évacuer des animaux. Jacques Durand, exploitant à Cheffes, pensait devoir le faire en fin de semaine. "Mais je n'en ai pas envie, confie-t-il. J'ai 150 bovins". Mardi, à Montreuil-Juigné, Bruno Terrien était en train d'évacuer les bidons, sacs d'engrais et le fourrage des bâtiments qui commençaient à prendre l'eau. "C'est une crue de la Loire, cela va continuer à monter", assure-t-il, craignant pour ses animaux déjà rentrés. Du côté de Rochefort-sur-Loire, Éric Chalin avait mis à l'abri ses vaches laitières dans ses bâtiments surélevés dès jeudi dernier, "avant que le route d'accès ne soit coupée". Pour la livraison du lait, il s'organise, avec l'aide de ses voisins, pour transporter 2200 l en bateau tous les trois jours. Le Gaec Juret, sur l'île de Chalonnes,  est par contre obligé de jeter sa production. "La collecte n'est pas possible, témoigne Virginie Juret. Nos 450 bovins - nous avons deux troupeaux, laitiers et allaitants- sont sur un site hors d'eau depuis mardi. Nous avons attendus la dernière minute pour rentrer les vaches allaitantes des champs."

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