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Le Maine-et-Loire, terre d'élevage

Pascal Gallard est éleveur à Saint-Florent-le-Vieil. Vice-président de la Chambre d'agriculture régionale, en charge de l'établissement de l'élevage et responsable de la ferme des Trinottières, il nous livre sa vision de l'élevage.

Pascal Gallard dans son élevage laitier.
Pascal Gallard dans son élevage laitier.
© AA

>> Le Maine-et-Loire a pour image celui d'un département rural et agricole. Qu’en est-il réellement ?
Pascal Gallard :  indéniablement, le Maine-et-Loire est un territoire agricole. Le chiffre d’affaires de l’agriculture représente 1,6 milliards d’euros. C’est deux fois plus qu’en Sarthe. Mais ce qui fait la spécificité du département, c’est sa grande diversité, tant en élevage qu’en productions végétales. L’élevage représente à lui seul plus de 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. On distingue une disparité territoriale, l’Ouest du département étant plus une terre d’élevage que l’Est. Si toutes les productions sont représentées, il existe des dynamiques différentes pour chacune d’elle. En terme commercial, le département présente une autonomie en produits issus de l'élevage supérieure à 200 %. La souveraineté alimentaire nationale passe par des départements productifs comme le Maine-et-Loire.

>> Vous parliez de dynamiques différentes selon les productions. Quelles sont-elles ?
D’une manière générale, le nombre d’animaux est en baisse. On notera cependant l’augmentation du cheptel caprin (de 17 000 en 2001 à 30 000 aujourd’hui) et celui des poulets. En revanche, les autres animaux d’élevage pâtissent de la conjoncture. On a une baisse de 10 % du cheptel en bovin lait, et de 15 % du cheptel bovin viande, le tout en 20 ans. Cela pose bien entendu de nombreuses questions. La question de l’élevage n’est pas qu’agricole, c’est un enjeu crucial de territoire. L’élevage permet de stocker du carbone, de maintenir le bocage, la biodiversité ou encore d’éviter les friches aux abords de nos nombreuses rivières et zones humides.

>> Le tableau dépeint est relativement sombre. Quels sont les motifs d’espoirs ?
Il ne faut pas tomber dans le pessimisme. Au regard des éléments précédents, l’élevage a toute sa place dans le futur. L’enjeu crucial, c’est le renouvellement. à l’heure actuelle, nous constatons une installation pour deux départs. En 2018, c'est 550 cessations d'activité pour 270 installations dans le Maine-et-Loire. Cependant, notre agriculture est de plus en plus labellisée, avec des signes de qualité. On peut vivre très correctement de l'agriculture, en ayant une maîtrise technique, économique et d'investissement. Agriculteur, c'est un très beau métier, comme la période traversée vient de nous le rappeler.

>> Quelles sont les actions mises en place par la Chambre d'agriculture ?
Nous souhaitons avoir pour l'élevage la même stratégie que sur l'eau. Nous débutons une phase d'état des lieux devant se conclure en janvier 2021, avec une restitution prévue lors de notre session régionale. Cet état des lieux sera décliné au niveau départemental, mais également territorial. Il sera important de travailler sur le terrain, avec les nouvelles équipes d'élus. C'est en intégrant l'élevage, notamment dans les PAT, PCAET ou autres développements locaux, que l'on arrivera à insuffler une dynamique positive. Une fois l'état des lieux effectué, nous définirons des objectifs à court, moyen et long terme. Personnellement, j'estime qu'il faut être ambitieux pour l'élevage et arriver à 2 installations, toute confondue, pour 3 départs.

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