Aller au contenu principal

Loup
Les éleveurs ovins s'interrogent

Une quarantaine d'éleveurs ont participé lundi à Chemillé à une réunion organisée par la FDSEA et les JA sur le thème du loup, en présence de Claude Font, le secrétaire général de la Fédération nationale ovine (FNO), en charge du dossier prédation.

Claude Font, de la Fédération nationale ovine, (à gauche de l'image) aux côtés de Sylvain Piet et des responsables FDSEA-JA 49 à Chemillé, le 27 janvier.
Claude Font, de la Fédération nationale ovine, (à gauche de l'image) aux côtés de Sylvain Piet et des responsables FDSEA-JA 49 à Chemillé, le 27 janvier.
© Arnaud Fruchet

L'éleveur de Haute-Loire était invité à venir partager son expérience et ses conseils, alors que la Préfecture de Maine-et-Loire vient tout juste de confirmer le 7 janvier dernier le retour du loup sur notre territoire (cas de La Séguinière), et que 5 constats concernant 4 élevages différents sont en cours d'instruction en ce mois de janvier 2025 : "Le loup est là. Il ne faut pas s'affoler non plus, mais il faut prendre le taureau par les cornes pour ne pas favoriser son développement", introduit Claude Font. Le Maine-et-Loire se trouve déjà classé depuis le 1er janvier 2025 dans le cercle 3 du plan national loup, ce qui permet aux éleveurs ovins et caprins d'accéder à du financement pour l'acquisition et la formation de chiens de troupeaux. "Au vu de la situation, vous pourriez d'ailleurs demander à passer certaines communes (dont les communes limitrophes à la Séguinière, NDLR) en cercle 2", affirme le responsable de la FNO. Ce classement ouvrirait de nouveaux droits en matière d'aides à l'acquisition de filets de protection et de parcs électrifiés. "Nous allons le faire", promet Sylvain Piet, responsable du dossier chasse à la FDSEA.

Les mesures de protection sont en effet "la condition sine qua non à l'obtention éventuelle par l'éleveur de tirs de défense à proximité des troupeaux sur un loup en position d'attaque", à l'exception des bovins, considérés comme "non protégeables".  Au total, 192 loups pourront être prélevés en 2025 sur le territoire national, pas un de plus. "C'est un plafond qui correspond à 19% de la population estimée", explique Claude Font.

Se former aux chiens

Le secrétaire général de la FNO insiste par ailleurs sur la nécessité de former les éleveurs à la gestion des chiens de protection "car nous avons affaire à de plus en plus de plaintes". Cela dit, dans la salle, tous les éleveurs ne semblent pas convaincus par l'utilité et la bonne adaptation de ces chiens dans notre contexte d'élevage de plaine. "On a beaucoup de petits lots d'animaux éparpillés contrairement à la montagne. On ne peut pas mettre un chien par lot. Et puis on a une densité de population incompatible. C'est ingérable !" s'agace l'un d'entre eux. "Il est possible d' échapper à cette obligation de protection. Pour cela, il faut en passer par une étude de vulnérabilité individuelle pour définir les critères de non protégeabilité de l'exploitation", lui répond le responsable syndical.

L'OFB accusée de trainer les pieds

Si l'administration n'a reconnu que très récemment la présence du loup dans le Maine-et-Loire, pour la plupart des éleveurs présents dans la salle, celle-ci ne fait guère de doutes depuis 3 ans. "Sur le terrain, on se demande plutôt sur qui ça va tomber le prochain coup !" témoigne l'un d'entre eux, n'hésitant pas à dénoncer le positionnement jugé très timoré de certains agents de l'OFB, accusés d'intervenir sur le terrain dans des délais beaucoup trop longs et d'ignorer carrément des indices flagrants de présence du grand prédateur. Certains éleveurs avouent même hésiter à solliciter l'OFB, échaudés par une première expérience non concluante. Plusieurs témoignages en ce sens ont émaillé la réunion, venant notamment d'éleveurs du Segréen, étonnés de constater qu'aucun dossier n'était en instruction sur leur territoire, alors que la prédation y est, selon eux, une réalité équivalente à celle des Mauges, notamment depuis 3 ans. "L'État n'a peut-être pas envie de voir les indemnisations se multiplier", lance un éleveur dans la salle.

En tout état de cause, tous ont convenu de l'intérêt de faire remonter collectivement, avec le plus de précisions possibles, les exemples qui concernent les éleveurs. "Si sur un cas précis, un agent de l'OFB n'a pas jugé utile de prélever des indices aussi probants que des fèces ou des poils, il faut absolument qu'on fasse remonter le cas" exhorte le secrétaire général de la FDSEA, Anthony Ménard. Tous sont également tombés d'accord sur la nécessité que des éleveurs référents se forment à la détection d'indices, non pas pour remplacer l'OFB, mais pour pouvoir être crédibles face aux agents, et ne rien laisser passer.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

François Becquet conduit un double troupeau de cervidés (35 mères) et de bovins à l'engraissement (110 animaux à l'herbe ) sur une SAU de 90 ha. Il emploie six salariés pour la transformation au labo et la commercialisation de la viande sur l'exploitation et les marchés de producteurs de Verrières-en-Anjou et la ferme angevine. 
Il s'est formé pour repérer les signes
D'un système engraisseur pur, François Becquet fait naître aujourd'hui une vingtaine de veaux sur son exploitation, à Baugé-en-…
Jean Luc Mary apprécie aussi bien la production que la vinification ou le commerce du vin. Au 22 mai, la vigne commence à fleurir à Saumur.
"Je m'arrête sans connaître 
le montant de ma retraite"
Viticulteur à Saumur, Jean-Luc Mary prendra sa retraite le 1er août. Il  bénéficiera de la revalorisation liée à la prise en…
La récolte du colza à La Fosse de Tigné, lundi 15 juin. 
Un mois d'avance pour le colza
La récolte des céréales a débuté dans le Maine-et-Loire, avec un mois d'avance pour le colza.
Éleveur
et footballeur
Entre gestion de l'exploitation agricole, engagements collectifs, vie de famille, pas toujours facile de trouver du temps pour la…
Joël Roncin, président du syndicat de bassin de l'Oudon, Samuel Legrais, de l'association Sylvagraire, et Aurélien Gernigon.
Aurélien Gernigon a planté 1 150 m de haies 
Éleveur allaitant à Challain-la- Potherie, Aurélien Gernigon a bénéficié du soutien du syndicat de bassin de l'Oudon pour planter…
Jean-Charles et Bertrand Martineau devant leur presse. Les huiles et les tourteaux sont commercialisés en local.
Les huiles maison
des frères Martineau
Bertrand et Jean-Charles Martineau se sont lancés dans le pressage du tournesol et du colza, sur la ferme familiale de Chambourg…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois