Aller au contenu principal

Emploi
L’exonération des charges patronales concernant les salariés permanents

Interview de Claude Cochonneau sur la réduction du coût du travail des salariés permanents de l’agriculture.

Claude Cochonneau, président de la commission emploi de la Fnsea .
Claude Cochonneau, président de la commission emploi de la Fnsea .
© AA

Après avoir obtenu en 2010 une exonération des charges patronales sur les travailleurs occasionnels de l’agriculture, la FNSEA est en train d’obtenir une exonération des charges patronales pour les salariés permanents. Quelle est la stratégie de la FNSEA sur ce sujet ?
Claude Cochonneau : la FNSEA et ses associations spécialisées dénoncent depuis de nombreuses années les distorsions de concurrence qui existent, au sein de l’Europe. Certains grands pays agricoles ont un coût du travail beaucoup plus faible qu’en France : l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et les Pays Bas pour ne citer que nos voisins, et concurrents, directs. Nous disons donc aux pouvoirs publics français : “Il faut parvenir à une harmonisation sociale et fiscale au sein de l’Union européenne, ce qui va prendre du temps… Alors, en attendant, permettez à nos entreprises agricoles françaises de regagner de la compétitivité en baissant nos charges et ainsi nous rapprocher un peu de nos voisins”. En 2010, nous avons obtenu l’exonération quasi-totale des charges patronales pour les travailleurs saisonniers, ce qui représente 500 millions d’euros d’exonération pour les agriculteurs. Cette année, nous nous attaquons aux charges sur les travailleurs permanents. Un premier pas devrait permettre d’obtenir une exonération d’environ 1 €/ heure travaillée sur les cotisations patronales.

Pouvez-vous nous expliquer le mécanisme et le financement de cette exonération ?
Il faut d’abord rappeler que ce dispositif est en discussion actuellement au Parlement ; tant que la loi ne sera pas votée, je serai donc prudent. Le gouvernement est parti sur les bases suivantes : exonération d’une partie des charges patronales pour tous les salariés du régime agricole ayant des salaires inférieurs à 1,4 Smic, avec des exonérations plus fortes pour ceux qui ont des salaires de 1 à 1,1 Smic. Seraient pris en compte les 20 premiers salariés de chaque entreprise. Cela concerne donc les salariés de la production agricole – ce qui intéresse le plus les agriculteurs – mais aussi tous les ressortissants de la Msa, pour des questions de conformité européenne. La mesure, en l’état, représente 210 millions d’euros. Le gouvernement a prévu de financer cette mesure de deux manières : en augmentant la taxe sur les sodas – dont 120 millions d’euros seraient affectés à l’exonération qui nous inté-resse – et le solde par une augmentation de la fiscalité sur le GNR. Je rappelle à ce sujet que les agriculteurs bénéficient, depuis de nombreuses années, grâce au travail de la FNSEA, d’un remboursement de la taxe sur les produits pétroliers à hauteur de 5 cts d’€/litre. Il ne reste donc à la charge des agriculteurs que 0,66 cts d’€/litre de taxe. Il est question, à l’avenir, d’avoir une taxe supplémentaire de 1,54 cts d’€/litre de GNR. Et la FNSEA compte bien obtenir le renouvellement du remboursement des 5 cts d’€/litre.

À l’avenir, pensez-vous pouvoir aller plus loin dans les exonérations de charges ?
Ce que nous demandons, c’est un changement profond du financement de la protection sociale. Les exonérations de charges sont importantes, bien sûr, mais c’est en attendant une réforme plus ambitieuse. La réforme que nous souhaitons, est l’instauration d’une TVA sociale qui s’accompagnerait d’une baisse très forte de toutes les charges sociales patronales. L’intérêt pour l’économie en général serait énorme : baisse des charges, donc amélioration de la compétitivité des entreprises, ce qui aura un effet sur l’emploi en général ; instau-ration d’une TVA spécifique qui financera la protection sociale, cela voudrait dire que les produits importés y contribueraient aussi. Notre système de protection sociale est actuellement financé par les revenus du travail. On ne peut plus continuer ainsi. Nous voulons maintenir un haut niveau de protection sociale mais en modifier le mode de financement. De très nombreuses voix nous rejoignent actuellement ; c’est une proposition que nous ferons dans le cadre de l’élection présidentielle de 2012.

Propos recueillis
par Jean-Paul Goutines
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Cinq nouveaux membres intègrent le Bureau de la FDSEA pour cette nouvelle mandature.
Un nouveau Bureau à la FDSEA

Emmanuel Lachaize a été reconduit à la présidence pour un mandat de trois ans. Avec comme priorités affichées la proximité du…

Les Jeunes Agriculteurs ont présenté leur nouveau Conseil d'administration.
Une AG entre engagement syndical et enjeux d'avenir
Jeudi 5 février, les Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire se sont réunis en assemblée générale au campus de Pouillé. Un temps…
Sur le pont de la Loire, une centaine de tracteurs et 170 adhérents de la FDSEA et de JA49 ont bloqué la circulation pendant plusieurs heures, mardi 3 mars.
"Nous sommes capables de bloquer tous les ponts de la Loire"

Les syndicats FDSEA et JA 49 ont bloqué le pont de la Loire pendant plusieurs heures mardi 3 mars. Le temps nécessaire au…

Olivier Brault, président des caves de la Loire et Etienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire de l'IFV, qui a présenté le travail de l'institut sur l'encépagement de demain. 
Dans un contexte perturbé, les Caves de la Loire résistent
La coopérative Caves de la Loire, du groupe Loire Propriétés, tenait son assemblée générale jeudi 12 février au Cinéville des…
Sylvie Dieterlen, Denis Asseray, Florent Villepellé et Pierre Uzureau ont visité le local technique abritant la chaudière bois du réseau de chaleur de l'Ehpad.
À Saint-Georges-sur-Loire, du bois local pour chauffer l'Ehpad
Depuis juillet dernier, la société coopérative d'intérêt collectif Maine-et-Loire bois énergie alimente en plaquettes bois le…
En Rouge de l'Ouest, le Gaec Charbonnier (Montilliers) remporte le 1er prix de section en antenais.
En l'absence de bovins, le Maine-et-Loire expose ses autres atouts

Dans une édition privée de ses bovins, le salon de l'agriculture 2026 a fait la part belle aux autres espèces animales, et aux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois