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Matériel
Maîtrise des charges de mécanisation : et si on changeait de techniques culturales ?

Pour Bertrand Paumier, de la Cuma de Maure-de-Bretagne (35), il y a tout à gagner à passer en semis direct.

Notre premier outil de travail, ce sont les plantes et les racines », a lancé Bertrand Paumier, agriculteur breton à l’assemblée générale des Cuma de Maine-et-Loire. Sur son exploitation de 135 hectares, il applique depuis 1995 le semis simplifié et il affirme avoir « divisé par deux » ses coûts de mécanisation. Pour aller plus loin dans la démarche, il a implanté chez lui, en 2002, dans le cadre de sa Cuma Les Ajoncs, une parcelle de comparaison entre pratiques culturales : labour, techniques culturales simplifiées, semis direct. Les cultures choisies sont, en alternance, le maïs et le blé. Sont comparés le rendement, le temps de travail, le coût de mécanisation, la consommation de gazole. Il faut bien préciser que l’implantation s’est faite sur une prairie de sept ans :  « C’est le meilleur précédent que l’on puisse trouver, estime Bertrand Paumier. Si l’on avait appliqué un semis direct sur un sol labouré régulièrement, nous n’aurions pas obtenu les mêmes résultats. Il faut donner le temps au sol de se structurer ». Sur la plate-forme de comparaison, la Cuma des Ajoncs a fait venir des élèves de l’Ésa d’Angers pour réaliser le comptage des vers de terre. Le résultat : 3,2 tonnes/hectare sur les terres non labourées ;
650 kg par hectare sur terres labourées.

508 euros par hectare d’économie
À quels résultats aboutit-on ? Sur cinq ans, le rendement en labour par hectare est inférieur (indice 100) au rendement en TCS (indice 112) et au semis direct (indice 114). En coût de mécanisation, le labour est 57 % plus cher que le semis direct. Logiquement, le temps passé par hectare est de 69 % de plus en labour qu’en semis direct. Quant à la consommation de carburant, elle est de 154 % plus importante en labour. L’économie totale réalisée sur cinq ans est au final de 508 euros/hectare.
En Maine-et-Loire aussi, des Cuma réfléchissent et agissent pour diminuer les charges de mécanisation. L’exemple de celle du Plessis (Andard et six autres communes) qui réalise des semis sans labour, a été présenté par Jean-Pierre Leroyer, agriculteur au Plessis-Grammoire. Ces semis étaient au départ effectués avec le matériel disponible, un Semavator et un combiné (herse rotative et semoir). Un semoir polyvalent Vaderstad Carrier Drill (3 mètres portés) a été acquis : il fait à la fois le semis de couverts, de céréales, le déchaumage et la destruction de couverts. La Cuma a calculé le prix de différents itinéraires culturaux, sur une implantation de céréales après maïs : on obtient 127 euros par hectare pour un labour suivi d’un semis combiné, 68 euros/ha pour le Semavator, et 70 euros par hectare pour un déchaumage (disques indépendants) puis un semis (Vaderstad).
La nouvelle organisation des Cuma, instaurée depuis un an, invite les cumas d’un même secteur géographique à se rencontrer, lors de “réunions de zones”, pour échanger sur les expérimentations des unes et des autres. « Pour nous, le bon choix, c’est le travail en commun », résume ainsi Yann Le Pleux, directeur de l’Union des Cuma.

S.H.

Repère

L’assemblée générale se déroulait cette année à  Andard.  La région du Baugeois-Vallée rassemble 47 Cuma, sur les 271 Cuma du département. Deux salariés sont employés en CDI, sur les 48 salariés que comptent les Cuma. Le chiffre d’affaires agricole du Baugeois-Vallée se répartit comme suit : 72 % en productions végétales, 28 % en productions animales.

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